‹ Montaigne pamphlétaireChapitre 45 sur 108 · P. Bonnefon, Œuvres de La Boélic, pp · texte numérisé non relu

P. Bonnefon, Œuvres de La Boélic, pp

\lt»MVIGNK j;r I.E « CtOTR'UN » I 37

un argument auquel M. Bonnefon répond faiblement. J'ai dit que le Conlr'un, étant un écrit républicain et un manifeste révolutionnaire, n'a pu être ni inspiré ni approuvé par Anne Dubourg, recteur de l'Université d'Orléans; celui-ci, comme alors les protestants et comme leur chef Calvin, étant profondément respectueux du pouvoir royal, intangible pour eux, même quand il était tyrannique. Alléguer, comme le fait pour me réfuter M. Bonnefon, que Dubourg dans son interrogatoire et malgré sa fermeté, avait bien pu, au moment où sa vie était menacée, atténuer l'expression de ses vrais sentiments, c'est oublier qu'il a, au contraire, désavoué les atténuations que son avocat avait pris sur lui de présenter en son nom; c'est vouloir ignorer qu'il s'est énergiquement refusé aux quelques concessions que ses juges, pour le sauver, le pressaient de consentir. En vain M. Bonnefon pense-t-il détruire l'effet de cette remarque, en disant qu'il n'a « jamais pensé ni écrit que le Conlrun fût l'écho fidèle de l'enseignement des idées propres d'Anne Dubourg»; car s'il n'a pas prononcé textuellement ces paroles (et je ne les lui ai pas attribuées), il a dit (ce qui est la même chose) que le Conlr'un a pu être inspiré par Dubourg, et qu'il faut peut-être y voir «l'écho prolongé jusqu'à nous de son enseignement » ^.

Bien que M. Bonnefon se défende, dans tout le cours de son article, d'envisager l'hypothèse des rema-

Page 1