Ce chapitre est intitulé i Des Armes des Parlhes
2. Les Essais, livre II, ch. IX, p. 338 de l'édition Dezeimeris et Barckhausen (texte de 1580). Dans l'édition de 1588 ce passage se retrouve encore; mais Montaigne l'a supprimé dans ses corrections manuscrites de 1588 à 1592 (exemplaire de Bordeaux), en sorte qu'on ne le retrouve plus dans l'édition de 1595 ni dans aucune des éditions courantes.
MOMAIGNF, ET LE « CONTk'uN » l65
l'œuvre de La Boétie quand il parle de ses propres ft brouillarts ». Montaigne a d'ailleurs parlé deux fois de ce larcin, et la seconde version de cette anecdote, version inaperçue par M. Strowski, est plus explicite encore.
C'est au chapitre XXXVII du livre II {De la Ressemblance des enfants aux pères) qu'elle se trouve : « Un valet qui me servait à les écrire {mes humeurs, mes Essais) sous moi, pensa faire un grand butin de m'en desrober plusieurs pièces choisies à sa poste. Cela me console qu'il n'y fera pas plus de guein que je n'y ai fait de perie^. » Si le manuscrit ou même une copie du Discours de son « inthime frère et inviolable ami » lui eût été dérobé, en même temps que quelques pièces des Essais, Montaigne n'eût certainement pas dit qu'il s'en consolait et qu'il n'y faisait aucune perte. Il n'eût pas dit non plus, au sujet d'un document si précieux pour ceux qui devaient le publier, et qui en ont obtenu un si grand effet, que le voleur ne pouvait en tirer aucun profit. Et l'on voit ici, une fois de plus, combien, quand on veut interpréter avec exactitude la pensée de Montaigne, il importe, sur chaque point, de compléter un chapitre par l'autre et de tenir un compte très soigné des modifications et corrections apportées par l'auteur des Essais soit à sa pensée, soit à ses récits, au cours des éditions successives.
1. Les Essais, t. II, p. 237; et édition Courbet, t. III, p. 198.