ADMETTRE CETTE INTERVENTION
M. Villey est d'accord avec moi pour penser que « si des additions importantes ont été faites au texte de La Boétie, de manière à en faire un pamphlet d'actualité, Montaigne en est l'auteur, ou tout au moins cela ne s'est pas fait sans sa complicité »^ Une seule raison lui suffit : « Si les premiers éditeurs avaient, sans l'assentiment de Montaigne, inséré dans le texte du Discours de la Servitude volontaire de longs passages séditieux, Montaigne aurait ^protesté, il aurait publié le véritable discours 2. »
Mais M. Villey s'efforce de montrer que nous n'avons pas de raison décisive de croire à des interpolations, et il pense pouvoir établir que le portrait n'est pas celui d'Henri III. Vous reconnaissez Henri III dans ce portrait, dit M. Villey, parce que vous appliquez à ce roi, peu vaillant auprès des femmes, l'expression : « tout empcsché de servir à la moindre femmelette»; mais cette expression signifie
1. L'article de M. Villey, auquel je réponds ici, a été publié dans la Bévue d'Hisloire lilléraire de la France, octobre-décembre 1906 (parue en février 1907), p. 727 et suiv. Librairie Armand Colin.