Pages 159-162 du présent volume
MONTAIGNE ET LE « CONTR'uN » 2O9
Je poursuis avec M. Villey la critique des actes du tyran. Mon contradicteur remarque que les méfaits des despotes de tous les temps se ressemblent : « Violer les propriétés et violenter les personnes ont toujours été les attributs les plus constants des tyrans. Il n'est donc pas surprenant, il était même inévitable que, dans une dissertation quelconque contre la tyrannie, à quelque époque qu'elle ait été écrite, nous trouvions cette idée exprimée sous une forme ou r^ous une autre; M. Armaingaud, pourtant, y voit une preuve qu'une partie du Conir'un a été écrite au plus tôt en 1573. C'est que, persuadé que le portrait d'Henri III était dans les premières pages du Discours, M. Armaingaud était porté naturellement à rattacher toutes les idées à des événements contemporains et à les expliquer par eux ^. »
M. Villey ne suit pas ici fidèlement mon argumentation. Il est bien vrai qu'une fois convaincu par l'examen des faits que le portrait est d'Henri III, j'ai dû tenir compte de cette première donnée. Mais bien d'autres motifs m'ont amené à reconnaître dans les actes reprochés au tyran du Discours et dans les invectives lancées contre lui, des allusions aux exactions d'Henri III et à certains événements des deux ou trois premières années de son règne et des deux dernières de celui de Charles IX,
Ici encore, les actes et les événements n'ont pas tous, assurément, un tel caractère, qu'ils ne puissent se rencontrer à d'autres époques et sous le règne de certains tyrans anciens. Mais si on retrouve ailleurs