Plus lard, il a dit seize ans
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écuyer, le plus rapide coureur de son entourage. On ne pouvait dire de lui, ni qu'il fût lâche, ni qu'il fût efféminé, ni qu'il ne fût pas accoutumé à la poudre des batailles, encore moins qu'il fût « à grand 'peine accoutumé au sable des tournois », qui étaient sa distraction favorite. Enfin, est-il besoin d'ajouter que l'amant de Diane de Poitiers et de tant d'autres belles dames, le mari infidèle de Catherine de Médicis, père de dix enfants légitimes, et d'un plus grand nombre, peut-être, d'illégitimes, était tout le contraire d'un homme c( empesché de servir à la moindre femmelette », en quelque sens, d'ailleurs, que l'on prenne cette expression? L'opinion de de Thou et des auteurs qui l'ont suivi ne peut être soutenue.
Il est, par contre, un Valois à la physionomie duquel s'adapte en tous points le portrait; auquel s'en appliquent très exactement toutes les flétrissures : c'est Henri III, d'abord duc d'Anjou, roi de Pologne au moment où parait le premier fragment du Contr'un, roi de France depuis plus de deux ans au moment où l'on en publie le texte intégral. Je suis donc arrivé à la conclusion que ce portrait du tyran, s'il est, comme je le crois, un portrait individuel, est celui, non du Valois qui régnait quand La Boétie a composé — que ce soit en 1546 ou en 1548 — son discours, mais du Valois qui
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allait régner ou qui régnait en France, au moment où le Conir'un a été publié, c'està-dire en 1574 et en 1577.
Reprenons chacune des qualifications par lesquelles l'auteur caractérise son tyran, et comparons-les aux traits si connus du duc d'Anjou.
1° Souffrir les pilleries, les cruautés, etc., non pas d'un Hercule, ni (Vun Samson, mais d'un seul u hommeau »,
Cette qualification d'(( hommeau» sous la plume d'un pamphlétaire était toute naturelle, en tant qu'appliquée à un prince qui, avant d'être, à vingt-deux ans et à vingt-trois ans, le tyran de Pologne, puis le tyran de France, n'avait que dix-sept ans lorsqu'il fut élevé par sa mère au titre de lieutenant général du royaume, sous la tutelle de Tavannes.
Il était encore un « hommeau » à un autre point de vue. Quoique moins débile que ses frères, il était de faible complexion, avait les membres grêles, fut atteint, dès sa première jeunesse, d'infirmités variées, ophtalmies strumeuses, fistules à l'œil et au nez. Sujet à des alternances d'énergie factice et d'indolence, il était énervé et déprimé par des vices précoces. Atteint de scrofulo-tuberculose comme ses frères,
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des abcès de l'oreille, à deux reprises i, furent encore une des manifestations de cette tare héréditaire dont il faillit mourir comme François II. 2° » Du plus lasche et femelin de la nalion. » Il sera question, plus loin, de l'absence de vaillance à la guerre. Ici, l'épithète de lâche est prise dans le sens étymologique ^ : amolli, paresseux, sans énergie. Il méritait l'épithète dans tous les sens. Féminin, efféminé, personne ne l'a été plus que lui, personne n'en a été plus souvent raillé. L'ambassadeur vénitien le dépeint ainsi: «Sa façon de s'habiller et ses ajustements prétentieux le font paraître délicat et efféminé. Couvert de broderies d'or, de pierreries et de perles d'un grand prix, il met encore une extrême recherche dans son linge et dans. l'arrangement de sa chevelure.)) Le cou est entouré d'un collier d'ambre serti d'or, qui flotte sur sa poitrine et répand une suave odeur; à ses oreilles, percées comme celles des femmes, il ne se contente pas d'une seule boucle de chaque côté, il en porte deux avec pendants de pierreries et de perles^.
1. p. Matthieu, Hisi. de France, 1631, t. I, p. 417, pour la maladie de 1575. — Journal de VEsloile, septembre 1579, pour celle de 1579.