Discours de la ServiluUc, page 303 du présent \olume
266 MONTAIGNE ET LE « CONTR'iN »
c'estoit un commencement de ce personnage, digne de sa mort. »
Deux pages plus loin, l'auteur poursuit sa pensée. Il vient de dire comment on agit vis-à-vis du tyran, quand on regrette la liberté perdue; il veut maintenant arriver à faire comprendre ce que doivent faire, même au milieu d'un peuple qui n'a jamais connu que l'asservissement, « ceux qui, mieulx nés que les autres, comme il s'en trouve toujours quelques-uns », « qui sentent le pois du joug et ne se peuvent tenir de le secouer; qui ne s'apprivoisent jamais de la subjetion..., et aians la teste d'eus-mémes bien faite, l'ont ancore polie par l'estude et le sçavoir.»A ceux-là, quels conseils insinuc-t-il, quels exemples donne-t-il pour les exciter à agir? Les voici : « Et toutefois, qui (à qui) voudra discourir les faits du temps passé et les annales anciennes, il s'en trouvera peu ou point de ceus qui, voians leur pays malmené et en mauvaises mains, aient entrepris d'une bonne intention de l'en délivrer, qui n'en soient venus à bout, et que la liberté, pour se faire paroistre, ne se soit clle-mesmc fait espaule : Harmode, Aristogiton, Thrasybule, Brute, le viens, Valère et Dior, comme ils l'ont vertueusement pensé, l'exécutèrent heureusement; » car « quasi jamais à bon vouloir ne défaut la fortune ))^.
M. Barrèrc se refuse à trouver autre chose dans ces deux morceaux, ai e la seule intention, le simple plaisir de troubler la quiétude du tyran. Je crois que tout lecteur non prévenu y verra avec moi l'intention