Daniel, Histoire de France, Paris, 1756, t. XI, p
3. Histoire des (juerres civiles de France, par Davila, éd. de MD.CCLVII, t. Il, liv. VI, p. 80.
cèrent à paraître les réfutations de ses maximes et les anli-Machiavels :
Gentillet public en 1576 son Discours sur les moyens de bien gouverner contre Nicolas Machiavel; Duplessis- Mornay en 1577 (et non Languet, paraît-il, comme on l'a cru longtemps) dans ses Vindiciœ contra tijrannos, Jean Bodin en 1581 dans la Préface de sa République, continuent la réfutation du Prince.
Il est donc tout à fait invraisemblable que La Boétie ait pu avoir en 1546 ou en 1548 les pensées que lui prête M. Barrère ^. Qui croira que ce jeune écolier de Sarlat, sans contact avec le monde, sans expérience des hommes et de la vie, se soit avisé de signaler, pour la regretter et la blâmer, la présence du livre de Machiavel dans la bibliothèque de Catherine de Médicis, en « s'y prenant d'une façon adroite et tout en employant le passé »; que, « le premier de tous, il ait frémi en découvrant le danger de cet enseignement », qu'il ait ainsi devancé d'un si grand nombre d'années le mouvement de réaction et de répulsion contre le livre de Machiavel, mouvement qui ne s'explique que par des événements extraordinaires survenus lorsque depuis longtemps le Discours était composé, et que depuis plusieurs années son auteur était mort.
Au lendemain de la Saint-Barthélémy, quand les forfaits des Florentins qui occupent le trône de France soulèvent la réprobation de tous les cœurs honnêtes, quand chacun sait que Catherine et ses fds se nourrissent des maximes du Prince, rien — une fois admis