chapitre ^cuiicnic
guise de cierges. J'entendis le prêtre annoncer en irlandais que tel jour, il irait, pour abréger le chemin de ses paroissiens, dans telle cabane, qui deviendrait pendant ce temps-là la maison de Dieu, qu'il y distribuerait les sacrements et qu'il y recevrait le pain dont le nourrissent ses enfants.
» Bientôt le saint sacrifice fut terminé ; le prêtre monta à cheval et partit ; puis chacun se leva et se mit lentement en route pour ses foyers ; les uns, laboureurs portant avec eux leurs faux de moissonneurs, se dirigèrent vers la chaumière la plus voisine, pour y demander une hospitalité qui est un^droit ; les autres, prenant leurs femmes en croupe, regagnèrent leurs lointaines demeures. Plusieurs restèrent pour prier plus longtemps le Seigneur, prosternés dans la boue, dans cette silencieuse enceinte, choisie par le peuple pauvre^et fidèle au temps des anciennes persécutions.
» L'étranger qui vit ces choses s'était, lui aussi, agenouillé avec ces pauvres chrétiens et il s'était relevé le cœur plein de fierté et de bonheur, en songeant que lui aussi était de cette religion qui ne meurt point, et qui, au moment où l'incrédulité se hâte de lui creuser un tombeau, se retrouve dans les déserts de l'Irlande et de l'Amérique, libre et pauvre comme à son berceau. »
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