LE CARDINAL DE BONALD. (P
— Monsieur, répondit tranquillement le capitaine, en couvrant l'étourneau ■d'un regard froid, cette tête de jésuite est celle de mon frère, le comte de Montalembert. » L'illustre orateur sourit avec dédain.
Cependant Montalembert souffrait de ne pouvoir répondre à ce qui était véritablement sa vocation, de ne pouvoir remplir sa mission de défenseur de la cause catholique. Le corps législatif n'était plus alors qu'une sorte de conseil
228 jaantaïcmûErt
général ; le rôle des orateurs y devenait à peu près nul. C'est ce qui lui faisait écrire à un ami :
« Je vous demande instamment de vouloir bien m'éclairer sur les motifs du jugement que vous énoncez dans les dernières lignes de votre lettre, où vous m'engagez à ne pas quitter le Corps législatif. Je dois vous dire que je cherche en vain un argument qui puisse m'obliger à rester dans ce corps bâillonné, oarrotté et soudoyé. J'ai toujours eu pour devise : Noti reaiso laboreni ; mais j'ai une répugnance insurmontable pour tout ce qui ressemble à l'hypocrisie ou à la servilité. Or, il est démontré pour moi, depuis le dernier sénatus-consulte, que le maître auquel la France s'est donnée ne veut que des institutions dérisoires, et que surtout il n'entend laisser aucune place dans son organisation politique aux gens de cœur et de conscience. Il désire toutefois conserver un simulacre de gouvernement représentatif, à l'usage des dupes volontaires ou involontaires. Je ne me sens pas de vocation pour un rôle quelconque dans une pareille comédie. Cependant, l'avis de mes amis de Besançon exercera une très grande influence sur ma décision... »
L'ami déclara que Montalembert devait sans aucun doute rester à son poste, et il le fit; mais il en éprouva bientôt une sorte de regret; car il récrivit au même personnage :
« \''ous avez vu, Monsieur et ami, que je me suis conformé, en restant au Corps législatif, à l'avis que vous m'aviez donné, en même temps que plusieurs autres juges éclairés et compétents. Je dois vous avouer que je n'ai point jusqu'à présent à me féliciter du parti que j'ai pris. Le Corps législatif ne s'occupe que du bal qu'il va donner à l'impératrice ! Son tempérament me semble avoir considérablement perdu en force et en valeur depuis l'année dernière. Le salaire accordé par le dernier sénatus-consulte semble tenir lieu à tous de dignité et d'indépendance. A cette occasion, je désirerais beaucoup savoir de vous, et confidentiellement, à quelle œuvre à la fois charitable et municipale je pourrais le plus convenablement consacrer la portion de mon traitement que je destine à la ville de Besançon. Une prompte réponse à ce sujet m'obligerait infiniment. »
Le correspondant du généreux député, M. Edouard Clerc, indiqua l'œuvre des apprentis comme digne de tout intérêt, et M. Convers, maire de Besançon, reçut de Montalembert mille francs, accompagnés de la lettre suivante, qui n'était pas destinée à la publicité :
« Monsieur le Maire, — J'ai l'honneur de vous transmettre une somme de mille francs, que je vous prie d'employer dans l'intérêt de l'œuvre des apprentis de Besançon. Cette offrande est destinée à représenter ma part dans la contri-
CÔapittE JiEptièmc 229.
bution demandée à mes collègues pour subvenir aux frais du bal qui vient d'être offert à S. M. l'empereur au nom du Corps législatif. Je ne me suis pas associé à cette démonstration, dont les auteurs n'ont pas cru, du reste, devoir provoquer une décision officielle de l'Assemblée. Je ne pense pas qu'il entre dans les attributions des corps politiques, même salariés, de faire danser la cour et la ville. Je cherche en vain un précédent analogue dans la chronique des législatures antérieures, même sous le premier Empire. Nos travaux ne paraîtront, je le crains, ni assez importants ni assez pénibles, pour faire comprendre au public que nous ayons besoin de pareilles distractions. Je suis d'ailleurs bien sûr que les électeurs du Doubs n'ont jamais songé, en m'élisant, que la Chambre où ils m'envoyaient dût un jour substituer des fêtes législatives à l'intervention sérieuse du pays -dans ses affaires, et remplacer la tribune renversée par un orchestre de bal i>
Le comité de patronage dirigeant l'œuvre des apprentis se donna le tort et le ridicule de refuser cette aumône, sous prétexte qu'elle était accompagnée d'une démonstration politique ! On pouvait la pardonner au moins à un orateur ; on devait accepter d'un homme tel que Montalembert un subside que la charité accepte de toute main et à tout propos. L'opinion condamna le comité de patronage bien plus haut que ne le croyait Montalembert, qui s'attristait « de voir la FrancÂCrComté renoncer à son épithète historique et glorieuse,à ce qu'il semblait... »
Il écrivit encore à ce sujet les lignes suivantes à un ami moins timide que le comité :
« Votre lettre m'a procuré une vive satisfaction. J'avais besoin de compter sur votre sympathie et sur celle du petit nombre de gens de cœur qui n'ont pas renié les traditions d'honneur et d'indépendance dont nous étions autrefois si fiers. Dans ce qui vient de se passer à Besançon, j'éprouve une vive peine de voir l'esprit de cour envahir un comité de patronage sur cette terre naguère si indépendante de la Franche-Comté, au point de lui faire préférer le bal à l'aumône !
» En vous souhaitant de persévérer dans ces nobles convictions qui vous animent et qui vous honorent, au milieu de la défection trop générale, je me félicite d'être plus que jamais d'accord avec vous et vous offre de nouveau l'hommage de mon respectueux dévouement. î>
L'accueil qu'il reçut au mois d'août suivant dans la ville de Besançon lui fit oublier bien vite cette passagère disgrâce. 11 venait prendre séance pour la première fois à l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de cette ville, qui l'avait nommé membre honoraire dès le mois d'août 1840, sur la proposition de
iï^antnlcmûcrt
M. Weiss. Cet empressement l'avait beaucoup touché. Il aimait à rappeler que cette compagnie était la première qui lui eût ouvert ses rangs. Il en recherchait les recueils, il en aimait les entreprises, surtout la publication des Documents inédits, dont il louait la pensée et l'exécution. Deux fois il doubla la valeur du prix d'histoire, offrant ainsi l'occasion de faire aux concurrents un appel que son nom rendait plus flatteur. Les pensionnaires Suard furent accueillis chez lui avec une distinction marquée, et il leur témoigna la plus paternelle bienveillance toutes les fois qu'il put servir leurs intérêts et paraître agréable à l'Académie. M. Pérennès, secrétaire perpétuel, l'ayant invité à la fête séculaire que la compagnie célébra en mémoire de sa fondation, reçut la réponse suivante :
« Je regrette infiniment de n'avoir pas été informé plus tôt de la célébration de l'anniversaire séculaire de la fondation de l'Académie de Besançon. Je me serais certainement efforcé de faire entrer dans mes plans de cet été un voyage à Besançon, et j'aurais préparé quelque travail plus ou moins digne de lui être soumis. Mais à l'heure qu'il est, je me trouve absolument dans l'impossibilité de quitter certains travaux qui sont en train d'exécution ici, et je n'ai d'ailleurs absolument rien, en fait de manuscrits, qui puisse intéresser l'Académie. Soyez donc assez bon, Monsieur et cher confrère, pour lui faire agréer mon profond respect et mes respectueuses excuses. L'année prochaine, je me ferai un devoir, sauf obstacle toutefois imprévu, d'aller prendre séance au sein de cette honorable compagnie. La lecture de son histoire, résumée par vous avec tant de clarté et de sobriété, n'a fait qu'ajouter au prix que j'attachais déjà à mériter et à conserver la bienveillance de mes confrères de Besançon... »
La promesse que contenait cette lettre s'accomplit le ii août 1853. Montalembert lut en séance particulière une notice du plus vif intérêt sur Donoso Cortès, marquis de Valdegamas, ambassadeur d'Espagne en France, récemment enlevé à sa nation dont il était la gloire, et à l'Eglise catholique dont il plaidait la cause avec une éloquence souvent attristée par le spectacle du monde, mais ferme et indomptable comme il convient à la parole que l'Eglise inspire. Après la séance, l'Académie offrit un banquet à l'illustre écrivain. Elle put goûter ainsi presque en même temps tout le mérite de la plus savante lecture et tout le charme de la conversation la plus spirituelle.
Le collège de Saint- François Xavier, qu'il visitait pour la première fois, lui devait des félicitations et des remerciements. Après y avoir été complimenté •en prose et en vers, il accepta d'y présider une conférence de Saint- Vincent de Paul et adressa la parole aux élèves. Simple, familier, presque collégien jusque -dans la parfaite convenance et la supériorité merveilleuse de ce ton qui lui
dlfitipitrc 5»Eptîciiic
allait si bien, il insista sur la nécessité du devoir, mais du devoir austère et complet qui façonne l'esprit aux habitudes du travail, le cœur aux généreux sacrifices, et qui donne à l'homme la chose qui lui manque le plus de nos jours, le caractère. On se rappellera longtemps le mot final. « Demeurez fermes et inébranlables dans vos convictions, montrez votre drapeau. Il y a des jeunes gens qui sont chrétiens, mais avec une petite mesure et une indigne mollesse. Point de mollesse, gardez-vous de n'être que des poulets chrétiens. »
En quittant la Franche-Comté, Montalembert se rendit à la Roche-en- Breny, d'oîi il écrivit à M. Dupin une lettre tout intime, dans laquelle il s'exprimait assez librement sur le compte du gouvernement. Cette lettre, publiée sans son aveu, à son insu, dans un journal belge, devint l'occasion d'un procès
CIVITA-VECGHIA. (P. 193)
qui traîna en longueur et se termina par une ordonnance de non-lieu. C'est à cet incident, exemple fort triste des faiblesses humaines, mais fort instructif des changements de fortune, que se rapportent les deux lettres suivantes écrites par Montalembert. La première était adressée à l'abbé Besson, supérieur du collège Saint-François à Besançon.
« Parts, ij juin i8f,^. — Ne sachant pas encore s'il me sera possible daller en Franche-Comté cet été,je profite de l'occasion que m'offre M. Clément pour vous envoyer un exemplaire du portrait qui doit remplacer l'affreuse reproduction du daguerréotype dont le salon du collège Saint-François Xavier est encombré. Ce portrait a été fait quand j'étais plus jeune, à une époque où je n'avais pas encore l'honneur de représenter la Franche-Comté, mais où je lui
232 jiEantalcmûert
appartenais déjà par les liens du cœur et de la famille. Il vous rappellera un temps où tous les catholiques étaient d'accord pour chercher le triomphe de la vérité par la liberté seule, et où nul d'entre eux ne s'avisait de prêcher l'idolâtrie de la force et du succès, sous le nom d'autorité... Mais sera-t-il prudent de conserver la figure d'un aussi grand criminel que moi, sur les murs d'un établissement comme le vôtre ? C'est une question que vous apprécierez avec qui de droit. En attendant, je ne suis pas encore condajuné : on n'a pas pu découvrir l'ombre même d'une preuve du délit qu'on me reproche ; mais on ne se résigne pas à laisser rendre une ordonnance de non-lieu. On traîne donc l'affaire en longueur, au risque de désole}- ma patience. Mais elle est loin d'être à son terme.
» Je fais des vœux sincères pour que la nouvelle loi et le nouvel esprit qui vont désormais régir l'enseignement ne fassent aucun tort à votre collège. Agréez, avec l'expression de ces vœux, la nouvelle assurance de ma respectueuse considération. »
La seconde lettre était adressée à M. l'avocat Tripard.
« Paris, i" jîdn i8§4. — J'ai été profondément touché. Monsieur, de votre excellente lettre du 22 avril. Si je ne vous ai pas répondu plus tôt, c'est que j'espérais avoir à vous donner des nouvelles positives de la marche de mon procès. Mais j'ignore encore absolument l'issue que l'on compte donner à cette pitoyable persécution. J'ai été interrogé deux fois par le juge d'instruction ; on a entendu une multitude de témoins ; hier on a fait comparaître M. le comte Mole. Jusqu'à présent, on ne paraît pas être très riche en preuves du délit que l'on veut créer. Mais, dans l'absence totale de publicité où nous vivons, il est impossible de savoir si l'ordonnance de non-lieu, dont on a souvent parlé, sera rendue ou non. En attendant, je suis parfaitement préparé à toutes les conséquences que cette poursuite pourra entraîner pour moi. Je me tiens pour très satisfait d'avoir eu cette occasion solennelle d'expier ce que mon adhésion au 2 décembre a eu de trop confiant, et pour très honoré d'avoir pu dire tout haut ce que personne n'avait encore osé exprimer, sur la marche d'un pouvoir qui a eu plus qu'aucun autre le devoir et les moyens de fonder en France un bon Gouvernement, et qui a failli à cette noble mission.
» Il m'a été doux de trouver, dans cette épreuve, l'appui et la sympathie d'un certain nombre d'amis qui ont répondu à mon attente et qui se sont montrés fidèles à ma disgrâce, comme d'autres l'avaient été à mon crédit et à ma popularité. Votre généreuse adhésion me donne le droit de vous ranger parmi ces amis éprouvés ; elle m'a consolé du silence et de l'indifférence de ceux sur lesquels je comptais avec un peu trop de simplicité. Il m'a été pénible
Cônpftrc septième 235
de voir que la Franche-Comté elle-même se laissait ainsi envahir par l'aveugle servilité dont le reste de la France se montre entaché. J'ose croire cependant qu'un jour viendra où elle me saura bon gré d'avoir honoré le mandat qu'elle m'avait confié, en restant fidèle aux convictions et aux antécédents de ma vie entière.
» Si mon procès ne se termine pas par une condamnation, je compte bien retourner cet été dans nos montagnes. J'espère que je vous y retrouverai en bonne santé, et que je pourrai vous renouveler de vive voix l'expression de la gratitude et de l'affectueuse considération avec lesquelles je serai toujours votre très humble et dévoué serviteur. »
€ Soyez assez bon, écrivait-il encore vers cette époque à ce même avocat, pour me tenir de temps à autre au courant de ce que pensent nos amis, à Besançon, et s'ils supposent que je puis encore rester dans ce corps mutilé, bâillonné et soudoyé. Les rôles sont tellement changés depuis quelque temps, que j'ai de la peine à m'orienter dans la position relative des partis et des individus. — Je vois chaque jour, au premier rang des adulateurs du nouveau despotisme, lé/s et ie/s qui me reprochaient amèrement, il y a un an ou deux, de défendre contre les illusions ou les intrigues des partis l'autorité, légitime alors et modérée, d'un prince qui aurait pu fort bien rester le chef du parti de l'ordre et des honnêtes gens, si on avait bien voulu se borner à le maintenir et à le contenir...
» Vous apprendrez, j'en suis sûr, avec émotion le coup terrible qui vient de frapper mon beau- frère, Werner de Mérode. Son fils uniqite s'est brisé le crâne en tombant du haut d'un escalier, il y a huit jours. Il est mort à l'âge de neuf ans ; c'était un enfant charmant, doué des plus heureuses dispositions, sous le double rapport de la piété et de l'intelligence. Il promettait un digne rejeton à l'e.xcellente souche dont il était sorti. Il était la vie et l'espoir de toute notre famille.»
Quelque effacé qu'ait paru le rôle de Montalembert au Corps législatif, il faut reconnaître que là, comme dans l'Assemblée constituante, comme dans l'Assemblée législative, il a singulièrement honoré par sa parole le département qu'il représentait. Là aussi il donna de prophétiques avertissements qu'on ne voulut pas écouter, dont on comprit plus tard toute la portée et toute la justesse. En 1855, le gouvernement présenta la loi sur la dotation de l'armée, le rengagement et le remplacement. Montalembert prit la parole pour dénoncer ce vaste système de spéculation que l'on allait introduire dans nos institutions militaires, au risque d'en flétrir l'honneur et d'en altérer la discipline. Il supplia le pouvoir de ne pasoffrir l'appât du gain au jeune soldat pour le retenir sous le drapeau.
« Que disent, s'écriait-il dans son beau et fier langage, la loi, les mœurs, l'opinion générale, au soldat et à l'officier ? Oui, à l'officier comme au soldat,
2 34 jDlSantaïemïiErt
malgré la distinction mal fondée que le rapport a cherché à établir entre eux, elles disent : Vous allez servir votre pays sans profit, sans bénéfice, pour l'honneur ; vous allez lui donner votre temps, vos années de jeunesse, vos plus belles années. Vous, ofiîciers, surtout, vous nous donnerez votre liberté, l'engagement au célibat, votre santé, votre vie peut-être, tout cela pour rien ! car nous ne vous paierons pas, nous vous donnons de quoi manger, le sou de poche au soldat, et à l'officier cette solde insignifiante, qui fait que le sergent-major qui passe sous-lieutenant est plus mal à son aise que le sergent-major. Vous ne mourrez pas de faim sous les drapeaux, mais voilà tout ce que nous vous offrons. Ce n'est pas une rémunération assurément ; jamais on n'a prétendu rémunérer le service militaire en France, jamais. Et pourquoi? par une raison très simple : c'est que si on voulait payer le véritable prix de ce que le soldat donne à la patrie, tous les trésors de la France n'y suffiraient pas. On paie un employé des finances, on paie un agent de l'administration, on ne paie pas le soldat, parce que le soldat donne ce qui est au-dessus de tout prix, au-dessus de toute rémunération. L'argent ne paie pas de ces sacrifices ; ils ne peuvent être payés que par une seule monnaie, la conscience du devoir accompli et la noble fierté que cette conscience inspire.
» De là cette susceptibilité exquise qui existe dans les rangs de l'armée pour tout ce qui tient à la probité ; de là aussi cette réprobation implacable qui frappe et frappera toujours tous ceux qui, dans ses rangs, ne sont pas restés à la hauteur de cette probité souveraine !
» D'où venait donc ce préjugé antique qui faisait dire : le noble métier des armes ? D'où venait le préjugé qui avait fait de ce métier des armes l'apanage exclusif de la noblesse? D'où venait cette distinction, trop profonde et surtout trop prolongée, entre l'officier et le soldat, dans notre ancienne société? Ils venaient de ce que le soldat était racolé, embauché, de ce qu'il recevait un prix pour servir, tandis que l'officier donnait ce prix au lieu de le recevoir. Les officiers, dans l'ancienne société française, c'est-à-dire les gentilshommes, avaient le privilège de se ruiner au service du roi ; ils donnaient leur temps, leur santé, leur patrimoine, souvent leur vie, sans espérer d'autre récompense que la croix de Saint- Louis pour quelques-uns, et, pour tous, le sentiment d'un noble devoir accompli et d'une tradition de famille noblement continuée.
» Qu'a fait la loi Gouvion Saint-Cyr ? Elle a fait de ce désintéressement, qui n'était que le privilège d'une classe, le patrimoine de l'armée tout entière. C'est ainsi qu'elle a anobli la démocratie française en imposant pour mission à tous ce qui était autrefois le privilège de quelques-uns : donner sa vie pour rien, c'est-à-dire pour le seul honneur, qui est tout ! »