‹ MontalembertChapitre 56 sur 71 · CHAPITRE NEUVIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIEME

ffiontalcmbert Dans rintimitc. — Ses relations amicales. — Sa corresponDance. — X)erniers tratiaur. — lia malaDie; la mort.

E moment semble venu d'interrompre le récit des événements auxquels se trouve liée l'existence de Montalembert pour le considérer un peu dans son intérieur, dans les détails de la vie privée. Beaucoup de grands hommes ne sont guère dignes d'être envisagés sous cet aspect et les témoins de leur vie intime n'ont souvent à raconter que des anecdotes assez peu édifiantes, des traits d'amour-propre, de mauvaise humeur, d'impatience Tout au moins n'échappent ils pas à cette vulgarité, à cette banalité

qui a fait dire : « 11 n'y a pas de grand homme pour son valet de chambre. » Bien différent nous apparaît Montalembert, soit à Paris dans son salon de réception, soit à la Maison de campagne où il passe l'été, soit en voyage, partout enfin où l'homme public s'efface pour faire place au simple citoyen, au père de famille.

Un caractère distinctif du célèbre orateur, dans la vie privée, c'était la passion du travail, la crainte de perdre le moindre moment de temps, l'horreur des futilités et des bagatelles qui absorbent les journées d'un si grand nombre de personnes.

« Dès le matin, à la première heure, écrit Lecanuet ['), il s'occupait de ses filles, leur donnant, tout en faisant sa barbe, une leçon de langue vivante ou d'histoire. Elles apportaient leur page d'anglais, d'allemand, voire même de latin; et chaque phrase, chaque mot, étaient examinés et discutés avec le plus grand soin. Le professeur savait répandre sur toutes choses une vie, un intérêt extraordinaires. S'agissait-il d'histoire, il fallait juger les événements, apprécier

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