chapitre premier
très saint Sacrement de l'autel. Figure-toi une chapelle creusée dans le roc vif, où les premiers apôtres de la foi en France célébrèrent les saints mystères, il y a quinze cents ans, éclairée par trois cents lumières et magnifiquement ornée ; l'harmonie d'un orgue italien délicieux, la foule des prêtres et des acolytes, le beau chant romain dans le Miserere et le Parce nobis, et par-dessus tout la voix si belle et si touchante du duc de Rohan, lisant l'amende honorable de M. Legris-Duval, sa figure si jeune et si intéressante, le recueillement de la foule des fidèles, l'apparence mystérieuse de cette voûte, dans tel endroit éblouissante de lumières, dans d'autres entièrement sombre :je t'assure qu'avec tout cela il y avait de quoi émouvoir même des incrédules. Pour moi, croyant, je n'ai jamais vu de cérémonie religieuse qui m'ait plus touché... »
Les vacances finies, Charles de IMontalembert rentra à Sainte-Barbe. La vie lui fut moins dure au collège que précédemment ; puis de nouveaux amis s'ajoutèrent aux premiers, notamment Gustave Lemarcis, pieux jeune homme avec lequel il se lia très étroitement. Charles obtint en rhétorique le second prix d'honneur au concours général et passa un brillant examen pour le baccalauréat devant MM. Villemain et Guizot. Avant de quitter Sainte- Barbe, il se jeta une dernière fois à genoux dans sa cellule, pour remercier Dieu des grâces qui lui avaient été prodiguées durant ses études, implorer son secours et lui promettre une fidélité inviolable.
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