RELIGIEUX DÉSINTÉRESSEMENT
Mais ces sortes de sacrifices ne s'accomplissent pas sans de grandes souffrances. Montalembert souffrait cruellement de se voir, à 42 ans, abandonné par les catholiques, plongé dans le néant « où vont désormais se confondre toutes les grandeurs de la France constitutionnelle et parlementaire... J'y tombe plus bas que les autres, ajoutait-il, plus basque tous mes rivaux, adversaires ou supérieurs : ils y gisent à titre de témoins, j'y suis à titre de dupe.
« Je ne crois ni ne tiens guère à la justice de la postérité ; j'ai vu trop d'exemples de l'incroyable injustice des hommes envers leurs contemporains, pour me figurer qu'ils puissent devenir d'une équité parfaite envers leurs ancêtres.
« Je crois heureusement à la souveraine et infaillible justice de Dieu... Je sais qu'il faut souffrir, surtout quand on a autant à expier que moi ; je sais qu'il vaut mieux souffrir icibas que dans l'autre monde. Je vois et je veux croire que les humiliations auxquelles Dieu me condamne sont précisément le genre d'épreuves qui me convient le mieux. Ainsi donc