DIVISION DES CATHOLIQUES. LA POLITIQUE DE L UNIVERS
Les catholiques, nous venons de le voir, se sont divisés en 1852 au sujet de l'attitude à garder envers le nouveau pouvoir. Pendant les années suivantes, le mal grandit et devient |V irrémédiable. Depuis longtemps l'Église de France n'a subi pareille épreuve. Une persécution violente eût été moins funeste. L'historien qui entreprend de raconter ces temps difficiles sent encore, à un demi-siècle de distance, le sol lui brûler les pieds. Il voudrait passer en courant sur ces querelles déplorables, de peur de les réveiller. Sa tâche est ingrate et pénible. Il découvre tant de passion au fond des plus nobles âmes qu'il craint de se passionner lui-même. Quel que soit son amour de la paix et de la vérité, ne va-t-il pas, sans le vouloir, blesser de respectables sentiments? Puisse-t-il du moins inspirer à ses frères, si de nouveaux changements politiques bouleversent encore notre pays, la volonté de se maintenir toujours dans une indépendance pleine de dignité et de réserve.
C'est cette fière réserve que Montalembert reproche à certains évêques et à l'Univers de ne point conserver; il les accuse de pousser l'adhésion jusqu'à ses dernières conséquences rt- et de compromettre la religion en la solidarisant avec l'abso- Mutisme. A vrai dire, le prince agit avec une habileté con-