CHAPITRE XL
Voltaire et Mm0 de Pompadour. — Hiver rigoureux.
— La société de Québec et de Montréal. — Luxe et plaisirs effrénés. — Excès de Bigot et de ses amis.
— Conduite de Montcalm. — Ses souffrances morales. — Sa mésintelligence avec le gouverneur et les fonctionnaires. — Prise du fort "William-Henry.
Montcalm se préparait à la lutte en recherchant l'alliance des Indiens, qu'il avait su émerveiller par sa bravoure et ses premiers succès. Mais il fallait attendre la belle saison pour recommencer les hostilités. La paix que M. de Lé vis proposait avec empressement au gouvernement s'imposait à ce moment, et la colonie avait tout à gagner à ce qu'elle fût conclue. Pour continuer la guerre au printemps ou à l'été de 17^7, l'on avait besoin de vivres , de munitions , d'argent et d'hommes, et la cour de Versailles refusait, généralement, les demandes même minimes qui lui étaient adressées par les représentants de la colonie.
On s'inquiétait fort peu en France du Canada.
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On trouvait chimérique cette entreprise coloniale, et Voltaire, le plus spirituel des Français, riait des arpents déneige transformés, aujourd'hui, en bonnes et productives cultures. Tous les yeux étaient tournés vers l'Allemagne. L'intrigante courtisane, Mmo de Pompadour, qui régnait aussi bien sur le cœur du roi que sur la France, avait fait conclure une alliance avec l'Autriche contre la Prusse. De là, la guerre de Sept ans; de là, l'épuisement de nos ressources pécuniaires; de là aussi, l'abandon du Canada et les privations de nos soldats qui défendaient notre drapeau et notre influence en Amérique.
L'hiver était arrivé, froid, rigoureux, terrible. Pendant plusieurs mois les travaux furent interrompus , les préparatifs suspendus. La glace couvrait les rivières et les grands lacs. La neige, amoncelée dans la plaine, dans les villages et sur les montagnes, durcissait sur les routes et les rendait impraticables. Les communications entre les divers points du Canada étaient coupées , les relations entre les chefs militaires interrompues. Les récoltes manquaient, la disette commençait à sévir. La petite vérole faisait des ravages dans quelques peuplades alliées et jetait dans la misère des familles entières.
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Montcalm et de Lévis gémissaient à la vue de tous ces fléaux accumulés sur notre malheureuse colonie. Seuls les patriotes, les hommes de cœur, jugeaient avec tristesse la situation douloureuse à laquelle on était acculé.
Bigot et ses amis vivaient dans l'opulence et la bonne chère, pendant que le peuple se disputait chaque jour quelques onces de pain.
Un contraste étrange, révoltant, venait d'apparaître tout à coup. En parallèle avec les intempéries de la saison , avec les misères de nos malheureux colons, avec l'inertie de l'agriculture , avec les angoisses de nos chefs militaires, tous dévoués et patriotes, on doit constater le luxe effréné, les plaisirs, les fêtes qui régnaient à Québec et à Montréal principalement.
La société était gaie , parfumée , spirituelle même à Québec. Vraie copie de la cour de Versailles. Pendant odieux des mœurs libertines et quelquefois révoltantes qui s'y affichaient publiquement avec l'assentiment du roi et le concours des grands seigneurs du royaume.
A Montréal, outre la société frivole, légère et guindée, il y avait encore la tourbe des viveurs et des joueurs. Ils passaient leur temps dans les salons,
les cercles, et partageaient leur vie entre les plaisirs les plus futils et les parties de jeu les plus audacieuses et souvent ruineuses pour quelques-uns.
On dansait partout. On donnait, plusieurs fois par semaine, à l'hôtel du gouverneur, des soirées galantes, des dîners fins, des soupers de dames qui se prolongeaient bien avant dans la nuit , des concerts brillants, dignes de rivaliser avec ceux de la cour. Toutes ces soirées, tout cet apparat éclatant, coûtaient fort cher; mais qu'importait la dépense à ceux qui ruinaient la colonie?
Montcalm se voyait forcé d'assister à ces réjouissances, de se montrer dans ces fêtes; mais il n'oubliait pas, au milieu même des plaisirs de toute sorte, la mission importante qui lui était confiée. L'insouciance étrange de cette société frivole et coquette l'inquiétait beaucoup. La morgue des fonctionnaires, enrichis par des procédés souvent illicites, l'exaspérait sans cesse. Les viveurs et les débauchés, sous la présidence de l'intendant Bigot, lui causaient de cuisantes douleurs et de l'effroi pour l'avenir de la colonie. Il savait trop bien, lui le chef militaire de l'armée, que le soldat était pauvre, qu'il vivait misérablement ; aussi hésitait-il souvent à s'adonner de gaieté de cœur à ces soupers abon-
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dants où les convives gaspillaient les vivres et les mets les plus coûteux.
Montcalm écoutait distraitement la musique et le bruit des violons, il pensait surtout aux souffrances de ses braves soldats, au froid rigoureux et glacial qui sévissait dans la campagne. Chaque jour, il raffermissait le moral de ses troupes et leur faisait espérer des temps meilleurs. La victoire ne pouvait manquer d'arriver sur nos drapeaux; mais comment lutter, tant que la neige épaisse et durcie couvrait la terre? comment se préparer à la campagne de l'été | tant que les routes et les sentiers stratégiques n'avaient point repris leur aspect ordinaire? Malgré tous ces empêchements matériels qui nuisaient à la locomotion , aux mouvements des troupes, aux préparatifs de guerre, le fort William- Henry était l'objectif de Montcalm. De concert avec M. de Vaudreuil, il décida de s'emparer de cette place importante qui commandait le lac Saint- Sacrement (i). Évidemment, tant d'audace, tant d'initiative devait être récompensée !
L'entreprise cependant n'était pas facile. Pour arriver jusqu'au fort William-Henry, il fallait faire
(1) Les Français l'appelaient fort George.
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près de soixante lieues sur lu neige. Les soldats étaient dénués de tout. Les vivres manquaient. La neige tombait toujours et un froid intense, qui faisait descendre le thermomètre à 27 degrés, immobilisait souvent nos pauvres Canadiens. Les sauvages, accoutumés à ce climat glacial, résistaient plus facilement aux intempéries de la saison, et encourageaient les troupes régulières par leur belle conduite et leur dévouement a la France. Leurs brillants faits d'armes , leur amour profond pour Montcalm, plaident chaleureusement en faveur des écarts de conduite et d'insubordination auxquels ils se livrèrent quelquefois.
La colonne française, commandée par M. Rigaud de Vaudreuil et M. de Longueil, se mit en route le 23 février, et arriva, le 18 mars, devant le fort William-Henry, qu'elle trouva bien gardé par les Anglais. Malgré la tentative d'escalade ordonnée par les chefs à nos soldats, ils ne purent s'emparer de cette place forte. Les Anglais, étonnés de cette attaque à laquelle ils n'osaient croire, ripostèrent h notre feu de mousqueterie et défendirent l'accès du fort , mais furent impuissants à protéger les magasins et les chantiers qui l'entouraient. Leurs approvisionnements de bois de construction,
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leurs magasins d'armement et d'équipement furent détruits ou pillés. Les pertes qu'essuyèrent nos soldats furent insignifiantes.
Cette tentative contre le fort William-Henry avait eu pour but de réveiller la vigilance des Anglais. Presque tous nos soldats rétrogradèrent et se retirèrent pour mieux se préparer à la lutte en attendant la belle saison. Il fallait à tout prix s'emparer du fort William-Henry, car les Anglais, toujours maîtres de cette position, pouvaient à chaque instant nous débloquer des forts Saint-Frédéric et Carillon que nous occupions et qui formaient nos défenses sur la frontière. Ce danger, sans cesse imminent pour notre sécurité, devait disparaître coûte que coûte. Montcalm avec son génie puissant l'avait si bien compris, qu'il hâta les préparatifs de la campagne prochaine. Il rassembla à Carillon le plus de soldats qu'il put, afin de les diriger sur le fort William-Henry au moment du siège.
Il faut rappeler ici des tiraillements, des difficultés et des rivalités qui survinrent entre Montcalm et M. de Vaudreuil, le gouverneur du Canada. Nous les avons déjà esquissés, et nous avons cru devoir émettre notre opinion à ce sujet en la basant sur des faits historiques et sur les appréciations
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de ceux qui vivaient à cette époque au Canada. Nous n'avons pas l'intention d'y revenir et de prolonger ce douloureux débat. Cependant nous devons à la vérité de dire qu'au moment où Montcalm allait s'emparer d'un point stratégique très important, on lui créait de tous côtés des difficultés, on cherchait par tous les moyens possibles, dans l'entourage du gouverneur, à déprécier ses combinaisons et ses plans de guerre, on refusait même à ses compagnons d'armes leur part de gloire. Et cependant Montcalm, en convoquant dans une grande assemblée à Montréal toutes les peuplades sauvages, avait eu pour but de s'assurer de leur neutralité, de se concilier leurs sympathies et leur dévouement, d'enrôler dans les rangs de notre armée de fidèles et loyaux serviteurs. C'est à Montcalm que l'on doit d'avoir entrepris ces négociations avec les Iroquois et toutes les autres peuplades qui envoyèrent des délégués à Montréal. C'est encore lui qui usa de toute la prudence et du sang-froid nécessaires pour mener à bonne fin une œuvre si difficile, celle de la pacification des sauvages. Dans ses rapports fréquents avec eux, il savait se faire aimer et faisait aimer la France. Il ne craignait pas pour cela d'assister aux cérémonies grotesques des
Iroquois, et de prendre part à leurs repas dans leurs fêtes de famille.
Montcalm aurait tout fait, pourvu qu'il fût persuadé que ce qu'il faisait profitait à notre influence et servait nos intérêts. C'est pour ces raisons multiples que M. de Vaudreuil et les autres devaient éviter toute mésintelligence avec notre héros. Ils avaient pour devoir de le secourir dans ses entreprises militaires et dans ses relations avec les sauvages, ou tout au moins d'approuver ce qu'il faisait, puisque sa ligne de conduite fut toujours conforme au patriotisme, à l'honneur et à la grandeur de la France. Mais on jalousait notre héros, on voulait rabaisser sa valeur guerrière au profit de quelques incapables bien apparentés auprès du gouverneur. 9
C'est en présence de toutes ces machinations ourdies contre lui que Montcalm écrivit au ministre une longue lettre dans laquelle il lui faisait part de ses doléances. Il allait jusqu'à demander son rappel et suppliait le ministre de le remplacer parTofficier qu'il jugerait plus capable que lui. Sa correspondance avec sa mère relate les mauvais effets de la situation que lui créaient M. de Vaudreuil et ses amis. Tout autre que lui eût été découragé et n'aurait peut-être pas pu résister à toutes ces
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entraves, à cet envahissement constant de l'élément civil dans les opérations militaires , aux jalousies, aux attaques de tant d'ennemis. Mais Montcalm ne se plaignait au ministre que par acquit de conscience, pour justifier ses actes, pour déjouer les mensonges et les fausses communications de ses ennemis, qui faisaient tout pour le dénigrer et qui eussent été si heureux de son rappel. Il savait trop bien que la France le jugerait, que la postérité pèserait ses actes à leur juste valeur, et qu'un jour viendrait oii justice lui serait rendue, et où la fourberie, le mensonge, le vol, seraient dévoilés à la face du monde entier. Plus fort que les événements, Montcalm les dominait avec une sérénité d'esprit qui effrayait ses ennemis. Il était disposé à lutter au dedans de la colonie et au dehors, l'âme solidement trempée pour pouvoir résister à la fois aux attaques de ses ennemis, privés et des ennemis communs delà colonie. Anglais et faux Français, il les anéantira tous, pendant longtemps, et ce ne sera que lorsque la France abandonnera définitivement la colonie, la laissera à sa propre initiative, que les forces supérieures de l'ennemi engloutiront dans la défaite nos quelques poignées de braves et conduiront à la mort glorieuse le héros du Canada, l'invincible Montcalm.
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Vers la fin de juillet 1737, Bourlamaquc fut chargé par Montcalm d'ouvrir la tranchée devant le fort William-Henry. L'armée française comprenait environ 8, 000 hommes, et le colonel Moore, commandant du fort anglais, avait sous ses ordres 3,ooo hommes. Bien que construit en bois, ce fort était solide et bien défendu, et, quoique les historiens anglais aient insinué que la garnison était trop faible pour le défendre, l'entreprise n'en restait pas moins difficile et épineuse. Le siège dura plusieurs jours, les assiégés ripostèrent à notre artillerie par des bombes et des obus. Cependant les Anglais, qui s'attendaient à être secourus par les 6,000 hommes du général Web, se voyant dans l'impossibilité de soutenir plus longtemps l'attaque de nos troupes, capitulèrent le 9 août.
On prit près de trente-six mille livres de poudre et 43 bouches à feu, des projectiles, des bâtiments. 2,400 hommes de troupes furent faits prisonniers; mais, la colonie manquant de vivres pour nos propres soldats, Montcalm décida de les rendre à la liberté, à la condition expresse qu'ils ne serviraient pas de dix-huit mois (1).
(1) Lettre de Montcalm au ministre de la guerre. — Dussieux, le Canada. Pièces justificatives, 14.
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Près de /joo Anglais furent tues ou blessés durant le siège. 53 seulement eurent le même sort parmi nos soldats.
La prise du fort William-Henry était pour nos armes une plus grande victoire encore que celle remportée à Chouegen. Déloger les Anglais de leur position importante et les expulser des bords du Saint-Sacrement, c'était obtenir la possession d'une place stratégique et la tranquillité pour un certain temps pour les forts Saint-Frédéric et Carillon.
Tout le mode fit preuve dans ce siège de zèle et d'ardeur. Nos cliefs militaires, sous la conduite de Montcalm, furent dignes d'admiration et contribuèrent à l'élan de nos troupes. MM. de Lévis, de Rigaud de Vaudreuil et de Bourlamaque secondèrent le général en chef et rivalisèrent avec lui de dévouement et de patriotisme. Nos soldats furent admirables. Les sauvages, eux aussi, montrèrent leur intrépidité, leur patriotisme. On n'eut pas besoin de leur donner de l'eau-de-vie pour les exciter et les conduire à la victoire. Montcalm reçut pendant le siège, au plus fort de la mêlée, la nouvelle de sa nomination au grade de commandeur de Saint- Louis. Cette récompense si bien méritée fut saluée par l'approbation générale. Les sauvages compli-
méritèrent leur chef et lui dirent « qu'ils étaient charmés de la grâce dont le grand Onouthio (le roi) venait de le décorer, parce qu'ils savaient combien il y était sensible; que, pour eux, ils ne l'en aimaient ni ne l'estimaient pas davantage, attendu que c'était sa personne qu'ils aimaient et qu'ils estimaient, et non tout ce qu'on pouvait ajouter à son extérieur. » Et ils ajoutèrent « que Montcalm connaissait leurs usages et leurs manières, comme s'il avait été élevé au milieu de leurs cabanes » (i). Nous avons tenu à reproduire ce passage parce qu'il justifie hautement l'appréciation que nous avons "portée sur l'ascendant que Montcalm avait conquis sur l'esprit des sauvages qu'il commandait. M. de Bougainville, l'auteur de cette lettre, avait pu se rendre compte de ce prestige, et dans ses rapports fréquents avec les sauvages il avait dû connaître parfaitement leurs sentiments et leurs pensées; aussi ne peut-on révoquer en doute, à moins d'être de mauvaise foi, les termes de sa missive. Le 10 au matin, les Anglais n'attendirent pas l'escorte de nos troupes pour se retirer et violèrent la défense que
(1} Lettre de M. de Bougainville au ministre de la guerre sur la prise du fort ^Silliani-Henry. — Dus^eux, le Canada* Pièces justificatives, 15.
nos généraux leur avaient faite, celle de donner du rhum et des liqueurs aux Indiens. Les sauvages, excités, enivrés même, se ruèrent sur eux, en massacrèrent quelques-uns, et, voyant qu'ils fuyaient sans oser se défendre, ils leur donnèrent la chasse : « Et qui, dans le monde, pourrait contenir 2,000 sauvages de 32 nations différentes, quand ils ont bu? )> s'écrie M. de Bougainville dans la lettre que nous avons déjà citée. Nos officiers accoururent au bruit de ce désordre et firent les plus grands efforts pour l'arrêter. Quelques-uns de nos grenadiers furent blessés par les sauvages devenus furieux. Montcalm s'exposa beaucoup en cherchant à calmer leur fureur et en se jetant au milieu d'eux. MM, de Lé vis, de Bourlamaque et d'autres chefs l'imitèrent et coururent les mêmes risques pour leur vie (1).
Montcalm s'excusa auprès du général Web et de mylord London de ce désordre, involontaire de la part des Français. Il leur disait que ce n'était pas pour eux un prétexte pour rompre la capitulation et se confiait entièrement à leur bonne foi (2). Hélas! il vit bientôt de quelle valeur était la bonne
(1 et 2). Post-scriptum de la lettre écrite par M. de Bougainville au ministre de la guerre. Voir op. ci/.
foi du peuple britannique ! Le roi d'Angleterre annula la capitulation de William-Henry, et se décida à ne pas exécuter le traité stipulé et accepté par le colonel Moore.
On a grossi beaucoup le massacre d'Anglais par les sauvages. Il n'est pas jusqu'à l'imagination du romancier Fenimore Cooperqui n'ait cru voir un nombre incalculable de victimes. Quelques écrivains anglais ont prétendu également que nos officiers avaient donné l'ordre aux sauvages de massacrer les soldats anglais. De pareilles calomnies ne se relèvent pas et on ne leur fait même pas l'iionneur de les réfuter. Les deux lettres de Montcalm écrites à ce sujet, les témoignages des officiers anglais, qui rendirent justice, sur le lieu même où se passa l'affaire, à Montcalm et à nos officiers pour leur intervention, sont des preuves trop accablantes pour les appréciateurs aveuglés par le parti pris et dénués de bonne foi. Montcalm aurait vivement désiré continuer la lutte et s'emparer du fort Edouard, afin d'être maître de la frontière ; mais les besoins de l'agriculture se faisaient sentir, les moissons étaient pendantes, les sauvages manifestaient la ferme intention de retourner cliez eux, et d'ailleurs la petite vérole sévissait encore dans les rangs de notre armée. Toutes ces raisons
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plaidaient en faveur du ralentissement des opérations militaires si brillamment menées jusqu'à ce jour par le jeune héros.