FE À 30 NÉ HP ME PAS ER
qu'ils menaient avait beaucoup contribué à développer chez eux ces deux qualités maîtresses que Montcalm devait employer à notre avantage, Ils possédaient un vaste territoire compris entre les lacs Ontario et Champlain, fertile, couvert de villages nombreux, et assez peuplé. Leurs mœurs indépendantes et libres formaient, dans cet immense pays, comme une grande république à la mode européenne, très curieuse au point de vue administratif et politique.
Cependant ces peuples, qui approchaient de la civilisation, possédaient encore à cette époque des instincts de férocité qui leur faisaient commettre des actes horribles sur les prisonniers de guerre. Pour s’aventurer chez eux, il fallait du courage. Ces natures féroces étaient souvent inabordables, toujours intraitables. Et cependant Montcalm ne craignit pas de parcourir tout leur territoire avant la prise de Choucgen. Ils furent émerveillés de voir ce bel officier prendre leurs habitudes, s'asseoir au milieu d’eux, les caresser, les flatter, revêtir leur costume, se barbouiller comme eux, se regarder dans leurs miroirs.
Montcalin les fascina du regard, les attira à lui,
au point de recevoir continuellement des députa-
tions, des visites de tloute sorte, des colliers et d’autres présents. Cet home ardent et facilement impressionnable se faisait violence chaque fois qu’il se trouvait sous un toit indien, La compagnie étrange de ces sauvages n’était pas faite pour un si grand chef, et cependant il la recherchait tout de même, parce qu'il y allait de l'intérêt de la colonie et de la France. Mc 1tcalm ne connaissait que son devoir et ne cherchait que les occasions de l’accomplir avec avantage et dignité, Aussi il pourra écrire un jour à la marquise de Saint-Véran, sa mère, « qu'il est un général estimé, respecté, aimé, jalousé, haï, haut, souple, difficile, liant, poli, dévot, galant ». Aimé, respecté, estimé, 1Vetait assurément par tous ses soldats et par la majeure partie des habitants du Canada. Jalousé, haï; que de fois 1l eut à constater les menées sourdes et odieuses ourdies contre lui! N’était-il pas haï par le gouverneur lui-même, par Bigot, par les complices de ces deux hommes, par tous les fripons et les aventuriers qui dirigeaient le groupe des malhonnêtes gens de la colonie. Liant, poli, il le fut assurément avec les sauvages, dont il sut conquérir la sympathie. « J'ai jusqu’à présent, écrit-il, le 20 juillet 1756, réussi chez le Canadien et le
mi:
de
Ilers et lement pis qu'il npagnie Jour un ait tout e la cosait que de l’ac- | pourra ran, Sa especté, >, liant, 2, illenajeure Lai; que uwdes et hai par es COMfripons upe des pli, 1 le sut conécrit-1l,
en et le
as rm her ndd.05 0 he she sbienr ANT
Re 9 a
sauvage ; ils m'adorent, et j'ai été obligé d'annoncer mon retour à Carillon pou: empêcher la désertion des sauvages qui m'avaient suivi; j'ai pris leurs facons, et je suis toute la journée à tenir des conseils de guerre ou bien à fumer; c'est cependant ennuyeux, excédant. » Quant aux Canadiens, il les jugeait à leur juste valeur lorsque, dans une lettre du 28 août 1796 au ministre de la guerre, il disait : « C't une troupe qui ne connaît ni discipline ni subordination ; j'en ferai dans six mois des grenadiers, et actuellement je me garderais bien d’y faire autant de fond que le malheureux M. de Dieskau y en a fait, pour avoir trop écouté les propos avantageux des Canadiens, qui se croient sur tous points la première nation du monde; et mon respectable gouverneur général est né dans le pays. Les Canadiens sont contents de moi; leurs officiers m’estiment, me narguent, et voudraient bien qu’on pût se passer des Français et de leur général, et moi aussi. » Montcalm connaissait, évidemment, l'esprit des Canadiens et ne se méprenait pas sur leurs sentiments à son égard; mais, en officier de valeur, en militaire consommé, il pouvait, mieux que tout autre, porter un jugement exact sur eux. Îl avait
souvent manifesté au gouverneur ses appréciations
sur les Canadiens ct s'était inquiété en sa présence
de leur dédain pour les soldats venus de France. Assurément le gouverneur, qui était leur chef et lear compatriote, prenait parti pour eux et épousait toutes les querelles qui survenaient entre les officicrs. Montcalm cherchait à les apaiser au contraire, et à concilier tout le monde; mais tout le zèle qu'il déployait, tout le patriotisme dont il faisait preuve dans ce but, se heurtait au mauvais vouloir de M. de Vaudreuil, entièrement gagné par les officiers canadiens. C’est pour cela que Montcalm était faussement calomnié par lui. C’est pour cela que le gouverneur écrivait au ministre que le lieutenant général Ctait dur. © al avec les Canadiens et les sauvages. Il aïk.. * qu’à dire que, doué d’un tempérament très vif, ntcalm se portait à l'extrémité de frapper les Canadiens. Mensonges et erreur profonde, mauvais vouloir, parti pris du gouverneur! Comment oser dire que Montcalm était brutal pour les Canadiens, lui qui en était aimé et respecté, qui avait su relever leur insuffisance militaire, les conduire à la victoire, les grandir dans l'estime publique et aux yeux des Anglais, nos pires ennemis, lui le héros du Canada qui donna tout pour le sauver; lui, dur pour les
Ne éhien TT ui e —
res)
| ji
qu au | Le COI hr | lon |
‘ tou ‘A
| les essE ! de HET
{sen
Arien lasa Ë par | Cou
résence france.
fet leur poustit les offiau contout le dont 1ül mauvais agné par ce Mont- ’est pour re que le »s Canaque, doué bortait à ensonges 1 pris du ontcalm en était ir insuf= oire, les des An- Canada
pour les
sauvages, lorsqu'il prenait leurs habitudes, leur costume, ct, s’armant de patience, restait des heures, des journées entières avec ces êtres grossiers, souvent difformes, sales et repoussants ? Allons donc, le gouverneur se faisait l'écho lamentable d’ennemis prévenus et fanfarons! C'était l’intendant Bigot qui lui dictait sans doute ses lettres, et lui infusait la haine profonde qu’il avait pour Montcalm, dont la présence au Canada gênait toutes ses combinaisons, en dévoilant ses fautes et en démasquant, devant l’armée, les vols et les brigandages auxquels lui et sa bande se livraient tous les jours. Les historiens canadiens ont poussé l'audace et la complaisance pour M. de Vaudreuil un peu trop loin, lorsqu'ils ont fait honneur au gouverneur de
toutes les entreprises glorieuses qui ont signalé
| les armées françaises. Cest vainement qu'ils ont
! essayé de faire accroire à la postérité que la prise
de Chouegen est son œuvre. Encore un peu plus
{ d'audace, et ils auraient affirmé que le gouverneur 4 s'empara de cette place. La postérité n’en croit 4 rien : elle a déjà admiré l’œuvre de Montcalm, elle
| a salué cette première victoire amenée à nos troupes
par son habileté, sa conception ingénieuse et son
Acourage. Il ne faut pas que l’on essaye de travestir
l'histoire et d’en faire un roman fantaisiste, Les faits sont encore vivants par leur véracité et leur éloquence, et personne n’a le droit ni le prétendu devoir de les changer ou de les parodier. C’est en vain que l’on essaye encore de rabaisser le mérite de Montcalm et de le faire dépendre du marquis de Vaudreuil, de cet incapable, de ce timide, qui se figurait que tout le monde lui ressemblait.
Montcalm avait tellement charmé les sauvages, qu'il les convia au siège de Chouegen. Ils y vinrent tous et s’y conduisirent de la facon gloricuse que nous connaissons. À part leur furie, ils aidèrent puissamment à nos troupes et montrèrent, en cette circonstance, que c'était bien agir que de placer notre confiance en eux. La victoire de Chouegen fut salutaire ; pour nous elle jeta un lustre nouveau
sur nos armées et contribua beaucoup à affermir *
nos relations avec les sauvages. Jusqu’à ce moment,
ils avaient incliné vers nous sans abandonner ce- M
pendant les Anglais, dont ils recevaient toujours
SA RE ns RE VE de te
des présents, et surtout de l’eau-de-vie. A partir M
de ce moment, ils vinrent à nous en foule, émer- M
veillés par notre victoire, séduits par notre bra- M
voure, nous voyant forts et courageux, capables M
k nu Lou
e. Les L non seulement de résister à nos ennemis, mais enetleur M core de les battre. | “étendu k Les colons anglo-américains étaient dans la cons- | C'est en ternation depuis cette victoire. Ils méprisaient en- | mérite À core davantage que par le passé les Indiens, ces | u mar- À chiens de guerre, comme ils les appelaient. Nous | e ce ti- 1 verrons, plus tard, de quelle utilité ils furent pour | r'essem- | nous, et comment ils se vengèrent du mépris et des | 1 mauvais traitements que les Anglais leur témoi- | auvages, gnaient sans cesse. |
, vinrent euse que aidèrent
en cette
le placer 14 :houegen 1 b NOUVEAU À affermir moment, | pnner Ce- 1 toujours 4 | À partir 1 | e, émer- : | otre bra- 4 | capables F
2 inner Pr TD een { rune Que tenue