‹ Montcalm devant la postérité [microforme]Chapitre 24 sur 62 · ESS LS · texte numérisé non relu

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Montcalm aurait tout fait, pourvu qu'il fût persuadé que ce qu'il faisait profitait à notre influence et servait nos intérêts. C’est pour ces raisons mulüiples que M. de Vaudreuil et les autres devaient éviter toute imésintelligence avec notre héros. Ils avaient pour devoir de le secourir dans ses entreprises militaires et dans ses relations avec les sauvages, ou tout au moins d'approuver ce qu'il faisait, puisque sa ligne de conduite fut toujours conforme au patriotisme, à honneur et à la grandeur de la France. Mais on jalousait notre héros, on voulait rabaisser sa valeur guerrière au profit de quelques incapables bien apparentés auprès du gouverneur.

C’est en présence de toutes ces machinations

| ourdies contre lui que Montcalm écrivit au ministre

une longue lettre dans laquelle il lui faisait part de ses doléances. Il allait jusqu’à demander son l'ap-

| pel et suppliait le ministre de le remplacer par l'of-

" ficier qu'il jugerait plus capable que lui. Sa cor- ‘4 Î JUS |

| respondance avec sa mère relate les mauvais effets

de la situation que lui créaient M. de Vaudreuil

| et ses amis. Tout autre que lui eüt été découragé

et n'aurait peut-être pes pu résister à toutes ces

entraves, à cet envahissement constant de l’élément civil dans les opérations militaires, aux jalousies, aux attaques de tant d’ennemis. Mais Montcalm ne se plaignait au ministre que par acquit de conscience, pour justifier ses actes, pour déjouer les mensonges et les fausses communications de ses ennemis, qui faisaient tout pour le dénigrer et qui eussent été si heureux de son rappel. Il savait trop bien que la France le jugerait, que la postérité pèserait ses actes à leur juste valeur, et qu’un jour viendrait où Justice lui serait rendue, et où la fourberie, le mensonge, le vol, seraient dévoilés à la face du monde entier.Plus fort que les événements, Montcalm les dominait avec une sérémté d’esprit qui effrayait ses ennemis. Il était disposé à lutter au dedans de la colonie et au dehors, l’âme solidement trempée pour pouvoir résister à la fois aux attaques de ses ennemis privés et

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des ennemis communs dela colonie. Anglais et faux *

Français, 1l les anéantira tous, pendant longtemps, !

et ce ne sera que lorsque la France abandonner:

définitivement la colonie, la laissera à sa propre ini- M liative, que les forces supérieures de l'ennemi en- | gloutiront dans la défaite nos quelques poignées de À braves et conduiront à la mort glorieuse le héros *

du Canada, l’invincible Montcalm.

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le héros

Vers la fin de juillet 1957, Bourlamaque fut chargé par Montcalm d'ouvrir la tranchée devant le fort William-Tenry. L'armée française comprenait environ 8,000 hommes, et le colonel Moore, commandant du fort anglais, avait sous ses ordres 3,000 homines. Bien que construit en bois, ce fort (tait solide et bien défendu, et, quoique les historiens anglais aient insinué que la garnison était trop fuble pour le défendre, l’entreprise n’en restait pas n pins difficile et épineuse. Le siège dura plusieurs jours, les assiégés ripostèrent à notre artillerie par des bombes et des obus. Cependant les Anglais, qui s’attendaient à être secourus par les 6,000 hommes du général Web, se voyant dans l'impossibilité de soutenir plus longtemps lattaque de nos troupes, capitulèrent le 9 août.

On prit près de trente-six mille livres de poudre et 43 bouches à feu, des projectiles, des bâtiments, 2,400 hommes de troupes furent faits prisonniers; mais, la colonie manquant de vivres pour nos propres soldats, Montcalm décida de les rendre à la

liberté, à la condition expresse qu’ils ne serviraient

(1) Lettre de Montcalm au ministre de la guerre. — Dussieux, le Canada. Pièces justificatives, 14.

Près de 400 Anglais furent tués ou blessés durant le siège. 53 seulement eurent le même sort parmi nos soldats.

La prise du fort William-Henry était pour nos armes une plus grande victoire encore que celle remportée à Chouegen. Déloger les Anglais de leur position importante et les expulser des bords du Saint-Sacrement, c’était obtenir la possession d’une place stratégique et la tranquillité pour un certain temps pour les forts Saint-Frédéric et Carillon.

Tout le mode fit preuve dans ce siège de zèle et d’ardeur. Nos chefs militaires, sous la conduite de Montcalm, furent dignes d’admiration et contribuèrent à l’élan de nos troupes. MM. de Lévis, de Rigaud de Vaudreuil et de Bourlamaque secondèrent le général en chef et rivalisèrent avec lui de dévouement et de patriotisme. Nos soldats furent admirables. Les sauvages, eux aussi, montrèrent leur intrépidité, leur patriotisme. On n’eut pas besoin de leur donner de l’eau-de-vie pour les exciter et les conduire à la victoire. Montcalm reçut pendant le siège, au plus fort de la mêlée, la nouvelle de sa nomination au grade de commandeur de Saint-

Louis. Cette récompense si bien méritée fut saluée * L ’, A € YA 4 , à le par l’approbation générale. Les sauvages compli- *

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