Journal Encyclopédique, juin
Fortifié par la religion qu'il avait toujours pratiquée,
R mouruty Au grand regret des sienSj et même de ses ennemis. Le H septembre de Van du Seigneur d759, A l'âge de quarante-huit ans.
Les Français en pleurs Déposèrent dans la fosse, que l'éclat d'une bombe avait creusée.
Les restes de leur excellent général.
Et les confièrent à la loyauté d'un ennemi généreux.
Mais, pour élever un monument de cette nature sur un sol qui n'appartenait plus à la France, il fallait Tassentiment du gouvernement anglais. Jean-Pierre de Bougaînville, frère de l'ancien aide de camp de Montcalm,et secrétaire de l'Académie, fut chargé d'en faire la demande.
Voici sa lettre à W. Pitt :
cSir,
> Les honneurs rendus sous votre ministère à M. Wolfe m'assurent que vous ne désapprouverez pas que les troupes françaises, dans leur reconnaissance, fassent leurs efforts pour perpétuer la mémoire du marquis de Montcalm. Le' corps de ce général, que votre nation même a regretté, est enterré à Québec. J'ai l'honneur de vous envoyer une épitaphe faite par l'Académie des Inscriptions. J'ose, Monsieur, vous demander la faveur de l'examiner, et si vous n'avez pas d'objections, vous voudrez bien m'obtenir la permission de l'envoyer à Québec, gravée sur un marbre qui sera placé sur la tombe du marquis de Montcalm. Si l'on m'accorde cette permission, j'ose me flatter que vous voudrez bien m'en informer, et m'envoyer en même temps un passe-port, aii a que le marbre avec l'épitaphe puisse être reçu sur un vaisseau anglais, et placé par les soins de M. Murray dans l'église des Ursulines.
» Veuillez me pardonner, Sir, si je me suis permis de vous interrompre dans vos occupations si importantes;
mais en travaillant à immortaliser les hommes illustres et patriotes éminents, vous vous ferez honneur à vous-même. > Je suis, etc.
> BOUGAIN VILLE. >
Le grand ministre anglais répondit à la demande par cette lettre écrite en français *• :
(( Monsieur,
> Ce m'est une grande satisfaction de pouvoir vous en-* voyer l'agrément du roi sur un sujet aussi intéressant qu'est l'épitaphe, qui est d'une beauté achevée, que l'Académie des Inscriptions à Paris a faite pour M. le marquis de Montcalm, et qu'on désire envoyer à Québec, gravée * sur un marbre qui doit être posé sur la tombe de cet illustre militaire. On ne peut qu'applaudir à la noblesse des sentiments des troupes françaises qui ont servi en Canada, en voulant rendre un pareil tribut à la mémoire de leur général, qu'elles ont vu mourir à leur tète d'une manière digne d'elles et de lui-même.
> Je me ferai un plaisir. Monsieur, de faciliter en toutes choses des intentions aussi respectables, et, d'abord qu'on me fera savoir les arrangements qu'on aura pris pour faire embarquer ce marbre, je ne manquerai pas de vous faire parvenir aussitôt le passe-port que vous désirez et d'envoyer au gouverneur de Québec les ordres pour sa réception.
> Au reste, Monsieur, je vous supplie d'être persuadé de ma juste sensibilité sur ce qu'il y a d'obligeant sur mon compte dans la lettre dont vous m'avez honoré, et de croire que je saisis comme un bonheur l'occasion de témoigner les sentiments d'estime et de considération distinguée avec lesquels j'ai l'honneur, etc.
• Londres, 10 avril 1761.
> W. PiTT.»