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Les victoires de Frédéric IT à Rosbach et à Leuthen à la fin de 1757 avaient relevé la fortune de l’Anoleterre sur le continent européen. La France, au lieu de s’en tenir à la lutte nationale et toute défensive entreprise contre l'Angleterre, s'était laissé fourvoyer par des intrigues féminines dans la fatale guerre d’AIlemagne. Ce gouffre dévorait tout : les talents des Estrées, des Broglie, des Chevert, étaient aussi inutiles que le dévouement de d’Assas, tandis que Pitt disposait des troupes anglaises pour conquérir nos colonies. À peine au pouvoir, 1l envoya en Amérique deux mille montagnards jacobites d’Ecosse, rebelles dans leur pays et serviteurs fidèles au dehors’. De nombreux bataillons réguliers avec un immense matériel les suivirent sur une flotte commandée par l’amiral Boscaven. Mais ce n’était pas assez pour Pitt : dans sa pensée, la conquête de la Nouvelle-France devait être une grande œuvre nationale : il appela aux armes les Anglo-Américains, et ils se levèrent à sa voix. « Le génie de Pitt, et son respect pour les droits des colonies, la perspective de conquérir le Canada et l'Ouest, et de vagues et infinis présages de grandeur à venir éveillèrent en elles le zèle le plus ardent *. » A l'ouverture de la campagne de 1758, 20000 miliciens étaient sous les armes. Les levées de la Nouvelle- Angleterre, du New-York et du New-Jersey furent destinées à agir sur la frontière du nord, pendant que les Pensylvaniens et les Virginiens opèreraient du côté de l'Ohio. La flotte et une partie des troupes ré-
1. On appelait Jacobites les partisans de la dynastie des Stuarts, qui, à diverses reprises, se soulevèrent, surtout dans les montagnes de l'Écosse, pour remettre sur le trône les descendants du roi Jacques Il, chassé d'Angleterre par la révolution de 1688.