‹ Montcalm et LévisChapitre 51 sur 111 · ACTE TROISIÈME Fhré · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME Fhré

Après quelques jours de conférences inutiles, on m’a nommé colonel, on m’a donné des décorations, des récompenses pour l’armée, et d’autres hochets.

MONTCALM Pas de soldats?

ES

BOUGAINVILLE

Trois cents recrues! Et c’est tout, avec une lettre du maréchal de Belle-Isle pour le lieutenant général de Montcalm.

VAUDREUIL C’est l’abandon!

Hélas! La France est une semeuse, et ici, comme ailleurs, les Anglais seront les moissonneurs. Et nous les moissonnés |

VAUDREUIL

Avez-vous donc perdu toute espérance, général!

Non, je veux espérer jusqu’à la fin, comme vous; mais vous avouerez que nos espérances n’ont guère de fondement.

VAUDREUIL Hélas! la mère-patrie ne connaît pas sa fille; mais moi,

je la connaïs, et je sais quel grand avenir l'attend, si elle peut être sauvée.

Te de MONTCALM ET LÉVIS

Vous êtes canadien, gouverneur, et vous croyez peut-être que vous aimez ce pays plus que moi. C’est une erreur. J'y suis d'autant plus attaché qu'il est baigné du sang de mes soldats, et qu’il en sera inondé, si cette guerre terrible continue. Sans doute, vos sentiments à son égard sont les mêmes que les miens.

VAUDREUIL Oui, certes.

Eh! bien, gouverneur, 1l faut de toute nécessité sauver

ce pays.

VAUDREUIL

Avez-vous des doutes sur mon dévouement?

Non, gouverneur, mais voulez-vous me | PERCSRES de vous parler franchement!

£ VAUDREUIL Parlez.

Vous affirmez souvent la suprématie de votre autorité, et vous m'en faites quelques fois sentir le poids.

L'autorité que j’exerce à votre égard me vient du pouvoir suprême, et je ne crois pas en abuser.

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