‹ Montcalm et Lévis (volume 3)Chapitre 11 sur 26 · Journal de Malartic, p · texte numérisé non relu

Journal de Malartic, p

une résistance opiniâtre, jusqu'à ce que se voyant sur le point d'être cerné par des forces supérieures, il se replia sur le coteau voisin, où il continua à se défendre, puis derrière des retranchements construits un peu plus haut pendant le siège, d'où il retraita en bon ordre jusqu'au delà de la rivière Chaudière. Quoique les rangers qui s'attachèrent à sa poursuite, fussent monté sur des raquettes aussi bien que ses hommes, ils ne purent lui faire que seize prisonniers, dont un officier. Quelques jours après, sur l'avis qu'un parti ennemi venait faire une reconnaissance, " il passa la rivière, s'embusqua et les attaqua. Il en tua beaucoup, fit quelques prisonniers et dispersa le reste 1 ". Il s'avança même jusqu'en face de Québec, après avoir grossi sa troupe d'une partie de la garnison de Jacques-Cartier, envoyée par Dumas pour reprendre le poste de la Pointe-Lévis ; mais les Anglais y étaient en force, barricadés et munis de canons. Une sortie conduite par Murray en personne avec plusieurs régiments, l'obligea de battre en retraite. Bourlamaque, qui était descendu jusqu'à la Pointe7aux-Trembles pour se mettre à la tête de l'expédition, reconnut l'impossibilité de s'approvisionner de ce côté, et retourna à Montréal. Les Anglais se vengèrent de ces attaques en incendiant une centaine de maisons à la Pointe-Lévis, trois moulins et plusieurs autres constructions au calvaire de Saint- Augustin. Le capitaine Donald McDonald, avec cinq cents Ecossais et troupes légères, y avait surpris un poste où commandait le capitaine Herbin, avec cent

] — Journal </<: Lévis, p. 239.

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cinquante hommes, l'avait mis en déroute et en avait pris la moitié. Herbin n'eut que le temps de fuir, laissant derrière lui sa montre et son chapeau à plumes. Il fut blâmé par M. de Repentigny, qui aurait eu le temps d'accourir, si on lui avait fait les signaux convenus. L'alarme fut grande à Jacques-Cartier. On crut que les Anglais arrivaient en masse pour emporter le fort d'assaut. La milice des Trois-Rivières et deux cent vingt-cinq hommes du régiment de Languedoc furent mis en mouvement. Dumas les fit rétrograder, sur les rapports de ses éclaireurs qui lui apprirent que les ennemis avaient repassé la rivière du cap Rouge.

La frontière du lac Champlain avait été fort tranquille dans le cours de cet hiver. Les Anglais s'étaient tenus renfermés dans Saint-Frédéric et Carillon; et les Français, faute de vivres, n'avaient pu y faire que de rares courses. A la fin de l'hiver cependant, M. de Langy y dirigea une découverte avec son habileté et son audace ordinaires. Il tendit une embuscade avec un parti de sauvages au-dessus de Saint-Frédéric, et fit neuf prisonniers dont trois officiers. Ce fut son dernier exploit. A la descente des glaces qui eut lieu peu de jours après, ayant voulu traverser le fleuve pour aller à la chasse, son canot chavira sur un glaçon et il se noya. Sa mort fut un deuil pour toute la colonie. Aucun chef de parti ne fut plus estimé ni plus digne de l'être.

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