SCENE VIII VERGOR, SERGENT, COMMIS par la droite
...VERGOR.— Ou est cette femme??...
SERGENT.— La voici, capitaine...
VERGOR . — Eloignez-vous tous, on m- parle pas aux prisonnières...
MONTCALM — Qui ètes-vous ?...
VERGOR — Vergor du Chambon, capitaine du port...
MONTCALM. — Je suis le colonel de Montcalm et je n'admets pas que l'on me parle sur ee ton. i à Nattier. ) Vilaine figure. ( à Vergor. ) Cette femme vient de me raconter une bien triste histoire, et avant d'aller plus loin, je vous engagerais à l'écouter.
VEVGOR— Il est quelquefois dangeureUX d'écouter des prisonnières de l'état... Eloignez-vous tous... Cette femme est au secret, recommandée toute, spécialement par le Lieutenant de police M. de Sartinê
MONTCALM.— de Sartine?... Je n'en crois pas un mot... M. de Sartine?... un homme dévoué au roi ? ? allons-donc...
VERGOR.— Enfin que voulez-vous? le temps
presse
MONTCALM. — Conduire cette femme devant un juge
VERGOR. — Cause jugée je vous dis... Retirez-vous ( porte la main à l'épée. )
MONTCALM. — Des menaces... (Vergor hausse les épaules et remonte aux soldats du fond qui font lever les femmes. ) Dieu me pardonne, Nattier. Il me vient une envie folle de couper les oreilles à ce drôle. ( Picot et Basset consolent Mathilde. )
NATTIER. — Prenez mon avis, Marquis ne vous engage/, pas dans celte* aventure. Il v a vingt, ans que je vis à la cour et j'y ai vu plus d'une belle carrière brisée par une intrigue de palais.
MONTCALM i lui d< nnant la main ) . — Vous ave/, peut-être raison. Ce soudard est bien l'homme pour la besogne.
VERGOR (au fend).— Signalez l'Atalante... (dans la coulisse ) Ohé! ... de l'Atalante... (réponse) Ohé! Ohé!...
MATHILDE ( à Picot) .—Dites à cet officier que je me nomme
VERGOR ( lui mettant la main sur la bouche. —
On ne parle pas je vous dis! Embarquez vos
prisonnières, mortes ou vives, vous entendez. ( les soldats s'en emparent. ) Montcalm porte la main à l'épée. )
NATTIER.— Prenez garde, Marquis!
PICOT (à Basset à;Pextrême droite). — Cap-dcdiou! ...voilà un coquin qui a du servir sur les galères du roi.
MATHILDE < aux gfn< ux de Vergor) . — Grâce ne
m'exilez pas... je n'i i rien fait Je veux mon
enfant
NATTIER.— Elle d mande son enfant. ..C'est une
pauvre nourrice à qui on aura tourné la tête
MONTCALM —Non, Nattier. Cette femme est la
victime d'un complot monstrueux.
RIDEAU
M ONTCAL M