SCENE XIII
(Les mêmes, puis MONTCALM et de REPEN- *IGNY par la droite..les soldats présentent les arme: Tous se découvrent}.
MONTCALM (étant son chapeau ).—Bonjour, Mesdames. Je m'aperçois que j'arrive trop tard M. l'Intendant je n.en doute pm, . si bien fait les choses qu'il ne me reste plus qu'à vous supolier au nom du Roi de prendre courage. Ah! oui releve. vos cœurs. Il est impossible que la France nous abandonne. Votre vénérable évêque vous l'a raconté dimanche dernier. Il vous a Ait combien de s la Patrie française avait été sauvée par
vouement de ses femmes. n sera-t-il autre.
ment au Canada?
LE PEUPLE. Vive le Général! Viv Marquis
MONTCALM.—Allons jv le vois, vous ‘es de braves patriotes, Aimez bien la France et le Roi. Avez confiance, vous jure que moi vivant, vous n'appartiendrez jamais à l'Anglais.
LE PEUPLE.— Vive le Général!
MONTCALM.—Maintenant, que diriez-vous d'un congé de huit jours pour les miliciens de Québec ?
ROUGEON.—Nos hommes à la maison pour huit jours! Ah! tenez, Général, laissez-moi vous embrasser au nom des femmes de la Basse-Ville!
LE PEUPLE.— Bravo, bravo! (elle l'embrasse
femmes sortent gauche). Vive le alt
(Cadet et Sebet causent ensemble. MONTCALM et Bigot descendent la scène. }
MONTCALM.—Monsieur l'Intendant, vos exactions finiront par exaspérer les habitants de ce malheureux pays. Jamais ville assiégée n'a été plus malheureuse. Prenez garde, Monsieur, la faim est mau mseillère.
BIGOT.—Allons den énéral. Je connais bien ces Percheronnes doublées de Normandes. Ah! pas une de ces commères qui n'ait sa petite provisien d'hiver soigneusement cachée, n'est-ce pas Cadet ? . CADET. —Oui, Général. M. l'Intendant a peut être raison. On imite les écureuils; chacun sa, petite cachette
SCENE XIV (Les mêmes, PHILI'PE par la droite) ADET.—I1 y en a mème qui revendent à vil prix les rations qu'elles viennent de recevoir
PHILIPPE (s'avançant).— C'est faux, oui c'est faux, et vous le savez bien? Ah! men C néral, n'écoutez pas ces affameurs: ils vous tromvent. Tandis que je faisais Campagne au ac Champlain, on a laissé ma vieille mère sans pain sans feu, et je viens de la trouver mourante.
BIGOT.—Soldats, arrêtez cet homme! …
MONTCALM.—Vous oubliez, Monsieur, que je commande encore l'armée, (à Philippe) Votre nom ?
PHLLAPPEÉ.—D'Hastrel, Louis-Philippe, milicien incorporé à la troisièine compagnie de Berry...
MONTCALM (à Répentigny) Vous connais sez?.
REPENTIGNY (saluant).—Oui, Général, fils de veuve, venue de la Louisiatine,, 11 était avec nous à Carillon
MONTCALM.—On aurait pu lui accorder exemption. [est bien jeune
PHILIPPE.—Fils de soldat, mon Général, mon père est mort pour la France sous les murs de Prague. En vous voyant si généreux de votre sang pour la défense de la colonie, ma mére m'a permis de m'enrôler. Va, m'a-t-elle dit, il ne faut pas que l'histoire dise, un jour, que les enfants du Canada étaient indignes de leurs ancêtres et des braves généraux qui se dévouaient pour leur défense
MONTCALM (lui posant la main sur l'épaule).—Vous aimez la France?
PHILIPPE. Oui, ma vie lui appartient toute entière
MONTCALM.-C'est bien, mon fils, retournez auprès de votre mere, et revenez me donner de ses nouvelles chez moi, tue des Remparts.
PHILIPPE.—Ahl.. Mer, Général. Vous êtes bon comme un père. (sort à droite
MONTCALM (ecrivant sur un calepin).—Cuapitaine, veuillez done vous entendre avec le munitionnaire, pour le soulagement de cette famille
RÉPENTIGNY.- Trés! bien, mon Général. (à Picot) Tu connais la demeure du jeune milicien?
PICOT (saluant ) Oui, capitaine
MONTCALM (à Picot). Approche, grenadier.
Tu connais ce militaire?
PICOT.—Depuis Carillon, mon Général, où l'ai vu abattre le porte-drapeau du ro:
ricain… Un beau coup de fusil, mon Général!
Ah! nous étions mieux là qu'au col Je l'assiette devant les redoutes Piémontaise
MONTCALM.—Tu étais à Exilles, toi?
PICOT.--Té, mon Général, aussi vrai que je me nomme Picot dit Latendresse, n'est-ce pas le Basset ?
BASSET.—II me le demunde, comme à ‘tait possible de nous séparer
MONTCALM—Ainsi, nous étions compagnons d'armes en Italie? (tous s'approchent pour écouter.)
Mde, VERY-—Rôle de Constance
PICOT.--Serre-file an roval Vermandois, J'étais âquinse pas du Général de Belisle lorsqu'il toûla avec vous dans le ravin maudit. Le mouchoir que vous iez attaché re tête à cause de votre blessure était resté accroché aux buissons. MONTCALM.--C'est bien cela. et puis
PICOT.—Pour lors due je dis au Basset: ‘AL lons chercher ça.'' us remontons au Pas gym nastique. Je reçois une livre de illes piénion: Laises dans les côtes. Le Basset me chargé sur ses épaules et descend tranquillement le talus. Alors, ces scélérats de Piémontais qui nous avaient fait tant de mal se mettent à battre des mains Et voici le mouchoir, Cürant le mouchoir son bonnet.)
MONTCALM (à hommes que : le
cela me broie le Main mon brave
de
Repentigny }.— Et roi abandonne! Ah capitaine, cœur... (à Picot) Donne-moi la Et quoiqu'il arrive ce mouchoir Dons servira de talisman auprès de votre général Dans des temps plus heureux, le roi vous cat nommés officiers pour un pareil exemple de ra voure... (tirant son épée) Soldats de Béarn!
Garde-à-vous!… (les soldats s'entignent. ) ment avons-nous combattus à Carrillon
Voilà les
Come