ACTE V
Le théatre représente l'intérieur d'une prison divisée en deux Parties par un mur, Sur 6 de droite, une fenêtre grillée. Porte grillée dans d ane grossier, à che, Dans L une fenêtre grillée dans le fond. Dans un coin 1 ae jee une bougie, Une chaise, un tan de pelle à droite, Une porte d tion rs AU leVer- du rideau, Philippe eat couché sus 1e paille. Basset est assis nur ù garde à la fenêtre, On cntend Mit dieanon par intervalles et la. fenêtre s'écluire,
PHILIPPE (passe devant elle) .—A quoi bon lutter, ma chère amie? J'ai été condamné par h bec. Et dire que nous sommes ici coran que té tribunal a et malgré le Général, le Gouverneur sérables taupes. On brûle de la poudre, Basset. et ere Vois-tt, Ré minérables qui poses nous ne somimes pas là. Ah mire! ont juré ma perte, mais je suis résigné. 11 devait en
Cure ainsi! 11. à des étres qui sont nés pour être
BASSET.——Eh! Picot, patience! Tu sais, de- malheureux, quoiqu'ils fassent. (tombe assis sur
PICOT.—Le bal est ouvert On bombarde Qué.
main le peloton d'exécution. pif, paf, et hop si Rues
Picot! Bonsoir Basset! En route pour chez Mr St-Pierre! .
PICOT (vient s'asseoir sur banc) .Hs-tn ass lugubre, mon pauvre Basset! Tu as une rude ' d'être mal reçu là-haut, dis?
BASSET.—I1 me le demande! lu nous vois à la Krande porte du paradis, parmi les Anglais! eur il doit en tomber là-bas: alors, je ne pourrai pas m'empècher de taper dessus, moi. (Picot se lève
PICOT (regarde dans l'autre cellule } I dort, le pauvre! Ah! il est moins chanceux que nous Condamné par le tribunal civil, c'est le gibet qui l'attend. (redescend à Basset }
BASSET.-Que le ciel confonde ce Maurin de malheur! ! Non content de se Parjurer lui-même, il avait à son service toute une compagnie de faux témoins.
PICOT.— Une bonne pipe de tabac, et nous cause rons de nos affaire:
BASSET.—Fumer! Et le gredin de geolier qui m'a tout confisqué ?
PICOT (tirant une pipe et un briquet). Pas si bête, hein?. Seulement, je t'avertis, il, ne me reste qu'une pipe de tabac. (il bourre sa pipe et l'alln me.) Tiens, attend. (il va chercher une paille, et en fumant, il souffle la fumée à Basset.) Ca va?
BASSET.—II connait tout, ce mâtinlà Une vraie pipe turque! Ne t'arrête pas. Je cracherat pour deux. (ilfume),
PICOT.—Or nous distons donc que Picot et Basset auraient la tête cassée à l'aube, (Philippe se 18 ve et vient s'asseoir près de la table. }
PHILIPPE (assis) —L'heure s'avance, cet pe sonne ne vient. Le général m'aurait-il oublié? Et Constance ? Elle, au moins, viendra me dire adieu. Ah! !:s misérables! Ne pouvant se servir de moi contre le général, ils ont réussi à me fair Condamner!.. Grand Dieu! le gibet! Je supplice in lämant des assassins!
PICOT (pa à la porte) —Tiens, vous êtes de bout? C'est le canon, sans doute!
PHILIPPE (se lève et gagne à gauche) Je rè vais à la bataille de Carillon. Ah? nous étions I bres, alors!
PICOT (écoutant) —Chut! Chut! quelqu'un