‹ Montjoye; comédie en cinq actes, en six tableauxChapitre 10 sur 121 · I. AJAl N AVi · texte numérisé non relu

I. AJAl N AVi

Mon Dieu! tu es un hoiiune fort, Moiiljoye, très-fort, je le reconnais, je t'admire môme; mais enfin, il y a eu dans tous les temps d'autres liommes également très-forts, aussi forts que toi, mon cher, et qui croyaient à (luelque chose!

MONTJOVi:.

Tu as raison... eli! eh!

LA J A UN A Y i:.

Bossuet... n'était pas un idiot.

MONTJOVi:.

Oh! non!

LAJAUNAYK.

Et... chose... comment donc? Jean -Jacques Rousseau... non plus.

MONTJOYK.

Non, non, non!

LAJAU.NAYi:.

Et bien d'autres... c'est que cela donne à réfléchir, vois-tu.

Certainement! (Il se retourne sur son fcaiteuil et rejjarde Lojaunaye.) Lu-

jaunaye, veu\-tu que je te dise?

LAJAUNAYK.

Quoi?

MONTJOYi:.

Stoppe, mon bonhomme... tu es fini!

LAJALXAYE, se levant di-pilé.

Wais non... je ne suis pas fini... seulement j'ai été un peu ébranlé ce matin, voilà tout! Et puis, j'ai des scuci-, de? ennuis

de famille... Je vais rentrer cliez moi, n'est-ce pas? qu'est-ce que je vais trouver? une femme en [)lours, qui m'aura attendu toute la nuit... un fils qui donne dans le sérieux, qui prend le parti de sa mère et qui me boude... une fille... lout le contraire... qui s'évapore et qui m'inquiète; enfin, tout va mal!

MONTJOVE, qui s'est levé aussi, 1 ;i touchant l't'pnule avec un air de sympathie.

Pauvre garçon? (niant ironiquement) Tu cs fini, tu sais?

LAJ A UN AVE.

Je te dis que non, je suis prêt à recommencer ce soir si lu veux... seulement tu en parles bien à ton aise, toi qui es en toute chose la chance incarnée; tu as une femme, toi, qui supporte ta libre existence avec une résignation de chérubin. Comment diable t'y prends-tu?

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