LES MÉSANGES DIVINES
Dans un village, en Palestine, Au temps de Tibère-César, D'enfants, une bande mutine S'en allait courant au hasard.
Plus tard, avec des cris de fôte, Lasse des jeux connus, soudain La troupe joyeuse s'arrôle Sur les bords sacrés du Jourdain ; Et chacun, de sa uiain agile, S'essayant à ce nouveau jeu, Tente de former dans Tarf^ile Des oiseaux, chefs-d'œuvre de Dieu.
L'un fait un aigle, oiseau sublime, Qui plane, au nuage pareil.
Dépassant la plus haute cime Pour aller braver le soleil.
L'autre forme des hirondelles Qui, fuyant le soleil ardent, L*été partent à tire-d*ailes Vers les pays de TOccident.
Mais, hélas ! ces oiseaux sans vie Demeurent attachés au sol ; En vain leur mçiltre les convie A prendre hardiment leur vol.
Le fils de Joseph et Marie, Jésus, qui souriait parfois.
Se baisse, puis, sans moquerie.
Pétrit de l'argile en ses doigts.
Du produit des humaines fanges, L*enfant qui pourrait tout oser Forme vivement deux mésanges Et les anime d'un baiser.
Aussitôt les oiseaux fidèles, Par ce simple souffle enhardis, Etendant largement leurs ailes, S'envolent vers le Paradis.
Après la fermeture du Chat-Noir, Fragerolle interpréta ses pièces d'ombres au Conservatoire de Montmartre (1897-1898), puis aux Mathurins (1899) ; et il va parUr prochainement en une tournée organisée par Yvette Guilbert, en compagnie de Marcel Legay, de Montoya et de quelques autres camarades de la Butte. Avec de tels éléments, c'est la Marche au Triomphe.
Marie KRYSINSKA
Fille d'un éminent avocat de Varsovie, M. Xavemy Krysinski, Marie Krysinska — devenue depuis la iemme du peintre Georges Bellanger — est venue à Tâge de seize ans à Paris pour y suivre, au Conservatoire de Musique, les cours d'harmonie et de composition.
Les routines et les dogmes ne pouvaient longtemps la retenir. Elle composa librement des pages sur des poèmes considérés jusqu'alors immusicables de Beaudelaire, Verlaine, Charles Cros ; et, dès 1882, elle publiait, à la Vie Modemty au Chat-Noir et dans la Revue Indépendante, des pages littéraires, ou plutôt des pages de poète-musicienne qui, grâce à la science des r]rthmes, a pu constituer une formule nouvelle affranchie des rigueurs classées de la prosodie, harmonieuse néanmoins, et impossible à confondre avec la proee. Voici un de ses premiers essais :