‹ Montmartre et ses chansons: poètes et chansonniersChapitre 17 sur 64 · BUCOLIQUE · texte numérisé non relu

BUCOLIQUE

Il a partagé tout son bien Entre ses garçons et ses filles.

Maintenant il vit comme un chien Supporté dans un jeu de quilles.

Il est tellement ennuyeux Qu'on le foutrait bien à la porte Avant que le bon Dieu l'emporte.

Le vieux.

Quand donc pourra-ton l'enterrer Ce vieux télu qui man^c encore Et qui ne peut plus labourer El qui s'empiffre et qui dévore ?...

Pourtant il maniée avec les bœufs.

Car pour ne plus le voir à table On l'a remisé dans l'é table.

Le vii'ux.

Le jour, oublié dans un coin.

Il contemple les champs, la plaine. •• Et le bois qui s'enfuit au loin...

Et tout ce qui fut son domaine.

La nuit, quand il ferme les yeux, Il voit tous ses enfants, en rêve.

Prier le bon Dieu pour qu'il crève :

« père, qui êtes aux cieux a Et qui gouvernez sur la terre, « Quand vous plaira-t-il qu'on enterre Le vieux ? o

Armand MASSON

Né à Paris, rue Amelot, en 1857 ; fit, comme boursier, ses études au collège de Melun ; fut d'abord employé à la Compagnie des chemins de fer Paris-Lyon-Méditerranée, puis dans les bureaux du ministère de la Guerre et enfin à la préfecture de la Seine, où il occupe actuellement un poste élevé. Il fréquenta le Chat-Noir presque à ses débuts, y demeura longtemps, ne s'en évada qu'avec Jouy, Delmet, Hyspa et Marcel Lefèvre, pour aller fonder les Décadents et passa ensuite au Chien-Noir. Après une assez longue absence, il reparut en 1897 sur la Butte et chanta à la Bolte-à-Musique pendant une saison, la dernière. Masson cultive le genre satirique. Voici l'une de ses dernières productions :

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