‹ Montmartre et ses chansons: poètes et chansonniersChapitre 24 sur 64 · INVITATION · texte numérisé non relu

INVITATION

à Mitr à ia can^Mgnê prendre le frais^ une nourriture saine et abon^ dtÊemJet» de ekrrmiques et des bUures.

A Alphonse Allais.

Je Tattendt samedi, car Alphonse Allais, car A l'ombre, à Vaux, Ton gMe. Arrive. Ohl la campagne I Allons^ bravo I » longer la rive au lac, en pagne; Jette à temps, ça me dit, carafons à Técart.

Laisse aussi sombrer tes dc^boires, et d(^p^rhc I L'attrait (puis, sens t) : une omelette au lard nous rit, lait, saueisse, ombre, thé des poires et des poches, Là, très puissanl. un homme l'est t6t. L'art nourrit

Et, le verre à la main, — l*es-lu décidé? Roule — Elle verra, là mainte étude s'y déroule.

Ta muse étudiera les bètes^les gens!

Comme aux dieux devisant, Hébé (c*est ma compagnie)... Commode, yeux de vice hantés, baissés, m'accompagne... Amusé tu diras : a L'Hébé te soûle, hé! Jean! »

Est-il besoin de dire, après cet exemple, que l'auteur aie culte du calembour et de Ta peu-près? Cependant, ce faible n'empêche qu'au travers de chacune des œuvres de Goudezki ne percent l'artiste, l'observateur et le lettré.

Ses fantaisies, éditées par Oudet, forment deux recueils: les Montmartroises et Chansons de Lisières, dont je mentionnerai le Ballottage, Dans les Vignes, Soir d'Été, Petits Vtn à la Marquise, lEpouvantail, Conseils à wne Fiancée, le Roman leste, les Caniches, Vieille Fille, A la Cloche de Bm, les Poètes, Sur V Herbe, la Question juive. Je dis des Yen, Choses d'Afrique, Impressions de Dimanche, le Vieux Prix de Rom^, VExcès en tout. Distinguo et Je redis des Vers, distrayante critique sur le Chat-Noir avec laquelle il obtint un succès fou à la Muse de Montmartre. Dans un troisième recueil, les Vieilles Histoires, vingt chansons mises en musique par Désiré Dihau, il se montre poète tendre et délicat. Parmi ces dernières : Nuit blanche. Ta Bouche, Souvenance, Ultime Ballade, Doute, Repos, Ballade d\i pauvre Imbécile, A côté du Bonheur, Cependant, etc.

En qualité de journaliste, il a fondé autrefois une petite feuille hebdomadaire, le Lampion, et collaboré incidemment à divers périodiques ; il fait aujourd'hui partie du Journal, où il fournit, à côté d'Alphonse Allais et de George Auriol, des articles humoristiques de la plus échevelée fantaisie. Au moment du siège du Fort-Chabrol, il se fit remarquer par son antisémitisme et réjouit la rédaction de la Libre Parole par ses couplets contre les juifs. Etant donnée cette démonstration outrée, son ami Montoya lui reproche comme un grief de s'être adressé dernièrement à Fursy pour entrer au Tréteau,

Physiquement Jean Goudezki est de taille moyenne, carré de lignes ; il est blond de barbe et de cheveux, qu'il porte en broussaille, le nez légèrement épaté, l'œil souhaDt et fouilleur et la bouche narquoise. L'ensemble de sa physionomie est celle d'un moujik mâtiné de Normand avec, en plus, quelque chose de faunesque.

Comme le sage, il aime à voir lever l'aurore, qu'il attend patiemment chaque nuit au cabaret, tout en distrayant ses camarades noctambules des bizarreries de sa faconde, improvisant à propos de tout et de rien des distiques, des quatrains, voire des sonnets dans le genre de celui-ci :

Page 1