C QUE NOUS L' SOMMES... I
Allons I les paris sont ouverts; Candidats bleus, blancs, roug' ou verts, Mettez-vous la tôtc à l'envers,
Pour nous convaincre.
Socialistes et radicaux.
Partisans du petit chapeau.
Bataillez, cardez-vous la peau.
Car U faut vaincre t
c Mon concurrent est un voyou !
Un ancien faUIil un filou 1 Qui mérite la corde au cou,
Ahl la canaille 1 Quant à Machin, c'est un escroc, Dont l'honneur a plus d'un accroc.
Dans r quartier on 1' trait' de... merlan.
Do rien qui vaille ! »
Nommé d(^put(^, V candidat.
Désormais fort de son mandat.
Envers celui qu'il insulta Devient aimable;
Chose, qu'il traitait d'assassin.
Devient aussitôt son cousin.
Et tous deux, réputés malsains, S'trairdlionorablel
Admirez-le, la bouche en cœur.
Toisant de haut ses électeurs Avec un p'tit air protecteur.
Plus un monocle...
N' dirait-on pas, positivement, .
Que cett* fraction de parlement.
Figé', guindé', dans son vét*ment.
Attend son socle?
Faut-il que nous soyons fourneaux.
En votant pour ces étoumeaux.
De croir* que des progrès nouveaux,
— Coûte que coûte — Soulageront les malheureux.
Diminuant 1' nombre des gueux I Un' fois nommés, ces beaux messieurs,
Ce qu'ils s'en foutent!
Et c'est ainsi tous les quatre ans : [ On nous r'sert les mêm' boniments.
Et nous coupons toujours dedans.
G* que nous sommes poires!
Tant que la Chambre existera.
Le bon suffrag* l'entretiendra.
Et pour nous toujours ce sera
La même histoire!
Mévisto chante avec science la chanson satirique; sa diction est nette et son articulation parfaite ; il saitTaner le port de la voix et Taccent selon les personnages quil fait parler ; seul le geste dont il souligne certaines de ses chansons semble exagéré et rappelle un peu trop b f^' tomime. Il est, depuis quelques années, directeur d un cours de déclamation ; et cette fonction lui a valulerub^o violet.