BALLADK DES TROIS COULEURS
La première, quand la nuit brève Achève d'endeuiller les cicux.
Nous parait être d'un beau bleu ; D'un bleu létrer, d'un bleu de rôve, De rôve de bons petits licus
Qui ne seront jamais nuisibles Et deviendront plutôt risibles A genoux devant l'ostensoir 1 Mais les spectres, indivisibles, N'aperçoivent rien que du noir.
La seconde, lorsque s'élève Au Zénith l'astre glorieux.
Semble être blanche aux curieux Qui s'aventurent par la grève, Clamant, d'un ton impérieux.
Des paroles intraduisibles Alors que s'élèvent, plausible, Les voix discrètes du savoir Et que les gnomes, infusibles, N'aperçoivent rien que du noir.
La troisième, lorsque s'achève Le jour, ressemble au merveilleux Eclat d'un couchant radieux.
Splendide, colossale, et brève, La rouge prête aux factieux :
Forts de leurs haines, incessibles.
Ils montent aux inaccessibles Sommets du rêve pour mieux voir !
Mais tous les lèches, impassibles.
N'aperçoivent rien que du noir.