‹ Montpellier pendant la Révolution. Ire période de 1789 à la République, 21 7bre 1792Chapitre 14 sur 21 · J80 MONTPELLIER · texte numérisé non relu

J80 MONTPELLIER

A Toccasion de ces élections, Dupin, procureurgénéral-syndic du département, prononça un discours contenant des conseils bons à reproduire et à suivre dans tous les temps : a .... Il ne suffit pas Dde chercher dans vos députés l'esprit et la popu- »larité. Il faut une grande pureté de cœur, une ^probité intacte, un patriotisme soutenu, une fer- »meté de caractère que commandent les circon- «stances actuelles. Vos représentants doivent être »ces hommes sages, ces vrais amis de la Kévolutioû, Dqui sauront employer l'ascendant de la raison »et d'une douce philosophie pour faire aimer et » respecter les lois.»

Les électeurs présents étaient au nombre de

Joseph Cambon fils et Ange Bonnier d'Alco furent élus députés à l'Assemblée législative (voir Pièces justificatives y n® 16), et avec eux Brun, maire de Pézenas ; Rouyer, maire de Béziers ; Curée, de Saint- André ; H. Reboul, de Pézenas; Seranne, de Cette ; Viennet, de Béziers ; Bousquet, négociant d'Agde. — Suppléants à la députation: Pigot, maire de Saint- Pons ; Luchaire, de Lodève ; Brunet, municipal, de Montpellier.

»des ministres et agents principaux du pouvoir exécutif et sdes crimes qui attaqueront la sûreté générale de l'État. » lorsque le Corps législatif aura rendu un décret d'accusa- »tion.» (Constitution, titr. III, chap. V, art. 23.) Les hautsjurés ne pouvaient recevoir aucune place ou pension pendant leur exercice, ni pendant les deux années suivantes. Dupin, procureur-général-syndic, et Royer furent élus.

Les élus qui devaient remplacer la moitié des ambres de ladministration du département funt:

Brun, de Poussan ;

Duffours, de Montpellier ;

Gabal, de Roujan ;

Tredos Marignan ;

Carries, négociant, d'Agde ;

Caries, homme de loi, de Montpellier ;

Balp, de Clermont ;

Vignoles, maire de Marsillargues ;

Bousquet, de Cette ;

Laynadier, maire de Montagnac ;

Sales père, de Pézenas ;

Renouvier, de Loupian ;

Goulom, de Saint-Chinian;

Rey, de la Verrerie ;

David Barrau, de Montpellier ;

Colar, de Béziers ;

Peyronnet ;

Moulines, de Ganges ;

Lambert, maire de Frontignan ;

As truc, de Rodier ;

Escudier, de Ceyras.

Le Directoire fut composé de : Duffours, présient ; — décédé en novembre suivant et remplacé ar Louis Costo de Ponte rès, de Marseillan ;

Gastilhon ; Golar ;

Roger ; Vignoles;

Crassous ; Peyronnet.

Garles;

182 MONTPBLLIBR.

Les administrateurs du district de Montpellier furent :

Fabre, de Montpellier, président ;

Vacquier ;

Thoiras ;

Lacroix ;

Marc-Ant. Bazille ;

Massias^ de Mauguio ;

Bancal, de Celleneuve ;

Louis Joubert, de Montpellier ;

François Tandon, de Montpellier ;

Chauvet, homme de loi, de Montpellier;

Deydier, de Lansargues.

Louis Pavée devint procureur-syndic, et Chaube secrétaire.

Les membres du directoire du district furent :

Fr. Tandon , vic.-prés.; L. Joubert ; Vacquier ; Lacroix.

La Constitution fut terminée par l'Assemblée nationale le 2 septembre 1791. Elle était précédée de la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen^ « dont l'ignorance, l'oubli ou le mépris sont les » seules causes des malheurs publics et de la cor- »ruption des gouvernements». (Préambule de la Déclaration^. ) Elle proclamait l'unité et l'indivisi-

< «( Cette Déclaration est si simple et tellement à la «portée de tous les esprits qu'elle peut devenir un Calent chisme national » (Baruave). Elle devrait être encore apprise dans les écoles et les collèges, comme le Bureau

bilité de la France et distribuait le territoire en départements. Â la Nation seule appartenait le pouvoir législatif; elle l'exerçait, avec la sanction du roi, par des représentants librement élus. Le pouvoir ex^cwlf/" appartenait exclusivement au roi, qui l'exerçait par des ministres responsables nommés par lui, et dans l'administration de la justice, non plus comme autrefois au moyen de charges vénales, mais par des juges et des administrateurs élus A TEMPS par le peuple,

La Constitution fut, le jour môme de son achèvement, présentée au roi, qui, le 13, déclara qu'il l'acceptait et qu'il viendraitle lendemain à l'Assemblée nationale pour en prononcer l'acceptation solennelle. Tl le fit en disant : «Je jure d'être fidèle à »la Nation et à la Loi; d'employer tout le pouvoir x> qui m'est délégué à maintenir la Constitution dé- D crélée par l'Assemblée nationale et à faire exécuter » les lois ». — Et, le 15, il prescrivait « de proclamer » la Constitution, avec solennité et réjouissances » publiques, le premier dimanche après le jour où » elle serait parvenue officiellement aux admini - 3> strateurs du département, »

Dans son arrêté pour fixer cette cérémonie au dimanche 2 octobre et pour inviter les citoyens à y

Fexigea pour le Collège de Montpellier, où elle était affichée dans toutes les classes. Par un arrêté de novembre 1791, le Directoire du département exigea qu'elle fût affichée dans toutes les salles d'enseignement public, et que la Constitution fût le f premier livre ecclésiastique mis entre les mains «des élèves ».

assister, le Directoire du département disait : < Le 9 serment du Roi raffermit sur sa tête sacrée la » couronne de France que la Constitution perpétue » dans les descendants du bon et valeureux Henri. 9 Cette nouvelle alliance entre le Monarque et la D Nation accroît et fortifie l'amour des Français 9 pour le sang des Bourbons.... Le Directoire in- » vite donc tous les citoyens à se réunir pour célé- » brer cette fête nationale en élevant de concert Dvers le ciel leurs vœux les plus ardents pour D la prospérité de TEtat, la gloire de la Nation » et la félicité du Monarque et de son auguste » famille.

»Que pourrait-il manquer à ce jour de triomphe? »ll sera le terme des divisions funestes qui ont » troublé la France.... »

Hélâs ! On était à peine au commencement; et le Directoire croyait encore aux serments des rois ! L'illusion était permise, car l'Assemblée nationale avait elle-même cru faire cesser les divisions en cédant au désir que, en acceptant la Constitution, le roi avait manifesté de voir amnistier ses amis, et elle rendit un décret, le 14 (s. 15) septembre, portant non-seulement abolition de toute procédure sur les faits relatifs à la Révolution, mais amnistie générale en faveur des émigrants. (Voir Pièces justificatives^ n° 15.)

La cérémonie commença par la lecture de ce décret et se continua dans un grand enthousiasme. On y voyait, à côté de nos gardes nationaux, les 574 volontaires du département qui allaient se ren-

di'e aux frontières S et les drapeaux aux trois couleurs de la Garde nationale portaient pour la première fois ces mots : Le peuple Français, et ceuxci : La liberté ou la mort (art. 27 du décret du 29 septembre 1791). A l'Esplanade, on inaugura la Colonne dont la première pierre avait été posée le 1" janvier précédent (voir ci-dessus, pag. 163.) Elle avait 73 pieds de haut (22™,43), y compris la statue de la Liberté, haute de 13 pieds (4"). Sur une des faces du piédestal se trouvait la Déclaj'ation des droits de l'Homme ; sur une autre, les noms des grands hommes ; la troisième portait la pierre envoyée dans chaque département après la prise de la Bastille, et sur la quatrième était encastrée une plaque ovale de marbre noir où était gravée en lettres d'or l'inscription suivante ^ :

* Ce bataillon de l'Hérault avait pour état-major :

Massias, lieutenant-colonel^ commandant; Soulié, lieutenant-colonel'en second; Fontenilles, adjudant-major.

2 En 1814. ce monument fut détruit jusqu'au ras du sol. La plaque de marbre portant l'inscription fut brisée, mais les fragments en furent recueillis et réunis y et on la voit encore aux Archives municipales de Montpellier. On a une gravure de la Colonne due à Blanc et distribuée le 26 septembre 1791 à toutes les Sociétés affiliées à la Société des Amis de la Constitution et de légalité.

Cette Société, dans sa séance du 24 octobre 1791, demanda à r Assemblée nationale « qu'il fût élevé, sur la place nde la Bastille, une colonne sur laquelle seraient gravés les •principaux événements de la Révolution, et qui serait sur- » montée par la statue de la Constitution. »

186 MONTrELLIBR.

La

Constitution

française commencée

le 17 juin 1789 finie

le 3 septembre 1791

acceptée et signée par

LE Roi le 14 du même mois

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