‹ Montpellier pendant la révolutionChapitre 17 sur 27 · J48 MONTPELLIER · texte numérisé non relu

J48 MONTPELLIER

jours à dessein ses intérêts matériels avec la doctrine dogmatique, il s'écria plus fort que jamais qu'on voulait détruire la religion etqu'ilfallaitla défendre. Ce fut le mot d'ordre et de ralliement qui rendit la résistance unie et compacte, telle qu'elle est encore aujourd'hui. Gens de sacristie et de couvent qui tenaient beaucoup plus à ce que leurs dîmes et leurs bénéfices leur fussent restitués qu'à être euxmêmes <t restitués à la dignité d'ange », nobles qui n'aimaient le principe d'égalité ni dans leur famille ni au dehors, magistrats à qui le principe de l'élection assurait un repos futur, traitants et fermiers de finance que l'ordre allait empêcher de ruiner les autres, gens de plaisir qui voulaient abriter leurs fredaines, turbulents et intrigants ne cherchant qu'une occasion de mal faire et de se montrer, enfin croyants sincères, natures d'habitude et de simplicité, pauvres servantes et femmes ignorantes, égarés par la parole de leurs pasteurs, qu'ils assimilaient à celle de l'Evangile : tout cela se souleva pour « sauver la religion * ».

* « Sauver la religion » , c'est-à-dire « combattre la Révolutioni^'j c'est encore de nos jours le mot d'ordre et de ralliement, mais sous sa seconde forme, plus politique que religieuse. C'est qu'aussi il ne s'agit point pour ce parti de sauver le christianisme, que personne n'attaque, et qu'à eux seuls ses défenseurs détruisent assez vite ; il ne s'agit point de dogmes auxquel on ne pense plus guère. Il s'agit d'arriver au pouvoir, c'est là le but ; la prétendue défense de la religion n'est que le moyen. «Il faut s'unir pour repousser l'ennemi commun » , a dit Léon XIII à l'empereur d'Allemagne, fondant ainsi une internationale anti-révolutionnaire.

Dans notre contrée, Beausset , évêgue d'Alais, donna le signal. Il n'attendît même pas que la sanction royale eût rendu la Constitution exécutoire, et, dès le 21 juillet, il faisait répandre à profusion dans tout notre département une lettre fougueuse par laquelle y annonçant à ses vicaires généraux son refus de serment, il essayait de le justifier et leur ordonnait « de déclarer qu'il se » regardait toujours comme évêque d'Alais, qu'il » conservait la juridiction attachée à son titre et à » son caractère, etc. » Ce fut l'occasion d'une nouvelle et violente polémique entre l'abbé Léger et un « curé » anonyme du département du Gard.

Dans ce dernier département et dans celui de l'Ardèche, la révolte était ouverte et déclarée ; une «armée soi-disant fédérée, avec des officiers se » qualifiant d'état-major, occupait le château de »Jalès*, » protestait p^r délibération contre la

^ Jalès : château et petit hameau de la commune de Bernas, canton Des Vans (Ârdèche), à Tintersection de la route de Saint-Esprit à Mende par celle de Joyeuse à Saint- Ambroix. (Voir Pièces justificatives^ n» 11 .)

Le chef de cette armée de révoltés était Du Saillant, qui, . en tôte de ses proclamations, se donnait les titres suivants:

• Nous, François- Louis, comte de Saillant, chevalier de » Tordre militaire de Saint-Louis, colonel-commandant des > chasseurs de Houssillon, gentilhomme de la chambre de » Monsieur, commandant en second, et au nom de Monsieur » et de Monseigneur le comte d'Artois, le Bas-Languedoc » Vivarais, Vêlai et Gévaudan, etc. ! » [Journ, hebd.de VHé^ rault, no 40, pag. 678). •

Les révolté î avaient appelé à leur secours, non la religion, mais lé fanatisme populaire ; leur cri de guerre était :

lédôratioa des gardes nationales, prenait des ar- « rétés nommant des commissaires et les envoyant >à Montpellier pour informer sur l'intervention

> de sa garde nationale dans l'affaire de Nimes >, et il £adlut que, par décret du 7 (s. 12) septembre, l'Assemblée nationale « déclarât inconstitutionnel

> ce comité militaire et lui fît défense de s'assem- B bler i> ; ce à quoi il n'obtempéra pas.

A la résistance des prêtres et des nobles se joignit celle des hommes de finance^. On en revint alors aux attaques contre les assignats ; on les décria plus que jamais, surtout dans les campagnes; on en fit circuler de faux pour ruiner la confiance, et ainsi on augmenta la gêne en empêchant les affaires et les transactions commerciales. Heureusement il se trouva dans notre ville des patriotes pour essayer d'obvier au mal que le clergé faisait, et, le 25 septembre, il se fondait à Montpellier une Caisse patriotique^ pour faciliter aux habitants de la campagne l'échange des assignats au-dessus de cent livres. Les commissaires gérants de cette caisse étaient : Parlier, Gourgas, Bazille aîné, Cambon père, Grand

Pour la Religion et pour notre bon Roi Louis XVI, Us avaient pour signe de ralliement un cœur de Jésus couronné et portaient à leurs chapeaux une croix d'or.

* Le 5 novembre, les receveurs généraux devaient encore à rÉtat 22 millions, qu'ils ne voulaient pas payer. (Séance de l'Assemblée nationale du 5 novembre 1790. )

2 Le projet en avait été dès le 6 juillet communiqué au Conseil général de la Commune.

aîné et J.-J. Puech, membre de l'ancienne commission municipale. Le 24 du même mois, des négociants et des propriétaires avaient, au moyen d'une souscription patriotique, organisé des Greniers d'abondance; et quelques jours aprèS; Gambon père et Caire étaient autorisés à faire frapper de la monnaie de cuivre pour faciliter les petits paiements *.

Malgré cela, les divisions religieuses, qui avaient amené de graves conflits à Castres, à Montauban, à Nimes, devenaient aussi de jour en jour plus profondes dans notre ville. Le 10 octobre, le chapitre delà Cathédrale, puis ceux de la Trinité, de Sainte- Anne et de Saint-Sauveur, cessèrent leurs offices; des pamphlets anonymes furent répandus avec profusion ; et quand approcha le moment de procéder par élection au renouvellement de la moitié des membres de la municipalité *, le Corps municipal, dans une adresse aux citoyens , traça le tableau suivant de la situation de Montpellier : a Heureuse notre ville de s'être constamment sou- » tenue dans un état de paix et d'union, jusqu'au » moment actuel où l'Assemblée nationale va mettre » le comble à l'édifice de notre liberté... Mais aussi

1 Là encore l'initiative appartient à des citoyens de Montpellier, car TAssemblée nationale ne décréta la fabrication de menue monnaie que le 11 janvier 1791, et c'est par l'art. 13 du même décret que Ait ordonnée la vente et la fonte des cloches des églises supprimées» de celles-là seulement !

2 Les assemblées électorales pour ce renouvellement se tenaient le dimanche après la Saint-Martin (art. 45 du décret du 14 décembre 1789). En 1790, ce ftit le 14 novembre.

D n'est-il pas douloureux de voir par intervalles se » répandre dans cette même cité des libelles enfan- » tés par le délire, de voir que quelques hommes » malveillants, étrangers à notre cité, et dont l'in- » justice et l'égoïsme n'ont, d'autre impulsion que > leur propre intérêt, cherchent à soulever le peuple » contre le peuple, les citoyens contre les citoyens, » et qu'une religion amie de la paix puisse devenir » à leurs yeux fascinés un germe de querelle et de » discorde... » (5 novembre). Voir Pièces justi/ica^ tives^n'*» 11, 12, 13, 14 et 22.

Quatre jours après, le Conseil du département notifiait à tous ses concitoyens catholiques qu'ils n'eussent à reconnaître d'autre évêque que l'évêque départemental, dont le siège serait à Béziers.

Le 14 novembre, aux élections pour le renouvellement de la municipalité, le sort désigna dans le Corps municipal, comme membres sortants :

Clément, Colombier,

Blouquier , Cambon ,

Aurès, Massilian,

Allut.

Cambon et Allut furent réélus. Les cinq nouveaux élus furent :

Lafabrie, Brunet,

Brieugues Puech cadet,

(on trouve aussi écrit Brieugue}. A. Chrestien .

Et de plus, Albisson, nommé juge du district, avait donné sa démission le 1 1 et avait été remplacé par Guichard, premier de la liste des notables.

Parmi les notables, étaient à remplacer :

Chrestien, décédé,

Grassous, élu administrateur départemental.

Bonnier d'Alco, \

m!-A "iaziUe , ! ^^^^ a^tninist. du district.

Gambacérès, )

Perdrix, ) ., . , .

Fesquet. ! élus juges de paix.

Guichard, passé au corps municipal, et les sept suivants désignés par le sort :

F. Farel, Granier,

Poitevin, Gautier,

Lafosse, Montlaur,

Bastide.

Us furent remplacés par :

Henri Charolois, Thibal, chirurgien,

Grand aîné, Poitevin (réélu),

Ghaptal, Nougaret, architecte,

F. Farel (réélu), Delon aîné, négociant,

Guill. Sabatier, Aug. Coste, maître boul.

Pierre Fajon, négociant. Pages, bourgeois,

Bazille, major, Bouscaren, négociant,

Brun, professeur. Desmoulin, architecte.

Gas fils aîné fut élu substitut en remplacement de Durand.

Le bureau fut ensuite composé de :

Bouchot, Brunet,

Cambon, Puech.

Mais huit jours s'étaient à peine écoulés que, cédant aux influences d'opposition, le chanoine Gigot et Sabatier donnaient leur démission de membres du corps municipal, et Flandio de la Gombe la sienne comme notable.

Le corps municipal ne parvint pas de suite à se recomposer, et les notables Bonhomme, Dumas, Vezian, Benezech, Aurès, Batut, Chivaud, Dezeuze, successivement appelés aux fonctions d'officier municipal, refusèrent de les accepter , sans faire connaître le motif de leur refus, et Charolois n'y consentit que le 15 janvier 1791*.

En exécution des décrets du 4 août 1789 supprimant la vénalité des offices de magistrature, notre Cour des comptes et les autres judicatures devaient cesser d'exister ; mais il fallait indemniser les officiers qui avaient acheté leurs charges. Car si la Révolution détruisait les abus, elle respectait sévèrement les intérêts et les droits acquis. L'évaluation des sommes à rembourser fut longue, et, le 17 novembre 1790, la municipalité vint, aux termes des décrets de l'Assemblée nationale, apposer le scellé sur les greffes de la Cour des comptes, aides et finances, du Sénéchal, de la Prévôté, de la Monnaie,

* Plus tard, le 2 mars 1791, lorsque Sicard flit remplacé par Graad, le Conseil général, ému de la possibilité de nouveaux refus, consulta le Cîomité de constitution de l'Assemblée nationale, pour savoir si le refus d'accepter les fonctions d'ofScier municipal ne devait pas entraîner la déchéance de celle de notable.

du Bureau des finances et deTOfflcialité^ ; toutefois la Chambre des comptes continua d'exister provisoirement eu attendant qu'on eût réglé le nouveau mode de comptabilité, et elle ne cessa de fonctionner qu'en septembre 1791.

Le lendemain 18, la municipalité installa le Tribunal du district selon les formes prescrites par le décret du 16 août 1790». Les nouveaux juges furent Perdrix, président ; Bosj ; Fesquet ; J. Albisson, avocat, et Thoiras, juge viguier de Lurel. Ces juges étaient nommés par élection, le premier élu devant être président (Titre IV, art. 3) ; et dans l'élection des juges précités on reconnaît encore l'influence persistante de la Commission municipale. Coulomb, ex-conseiller à la Cour des comptes

* Voici la date et le montant de quelques liquidations :

4 avril 1 791 . Sénéchaussée (1 officier) 1 4,900 1.

8 mai — Grenier à sel (9 officiers) 28,286

— — Bureau des finances (37offlc.). , 1,489,2^2

8 juin — Ghancell. de Montp.. (1 1 offic). 934,428

iOjuillet — Ghambredes compt. (1 27 ofiic). 7,223, 453

- tt Les Juges seront installés en la forme suivante. Les » membres du Gonseil général de la commune où le Tribunal » sera établi se rendront en la salle d'Audience et y occupe- » roat le siège. Les juges introduits dans l'intérieur du » Parquet prêteront le serment à la Nation et au Roi. Après » ce serment prêté, les membres du Gonseil général de la » commune, descendus dans le Parquet, installeront les juges, » et au nom du peuple prononceront pour lai l'engagement » de porter au Tribunal et à ses jugements le respect et » l'obéissance que tout Gitoyen doit à la Loi et à ses orga- • nés ». ( Décret du 16 août, Titre VL )

et alors président de l'administratioa départementale, avait été nommé Commissaire du roi près ce tribunal*. Dans son discours d'installation, le maire, J.-J.- L. Durand, la veille encore président à la Cour des comptes, dit : « La loi nouvelle blesse des «intérêts particuliers, mais elle est conforme à la »nature, à la vérité ; et l'opinion et l'intérêt n'ont »qu'un temps, tandis que la vérité est éternelle...

»De bonnes lois veulent de bounes mœurs ; en ))vain la nation sera réformée si nous ne nous ré- »formons pas nous-mêmes. Ce que font les législa- »teurs contre les abus, il faut le faire contre nos «passions. L'Assemblée nationale a rétabli les droits

* Les Commissaires du roi près les tribunaux furent institués par le décret du 16 août 1790, Titre VIII. c Leurs » fonctions consistent à faire observer, dans les jugements à » rendre, les lois qui intéressent Tordre général, et à faire » exécuter les jugements rendus (art. 1). — Au civil, ils exer- » ceront leur ministère, non par voie d'action, mais seule- » ment par celle de réquisition, dans les procès dont les juges «auront été saisis (art. 2). Ils seront entendus dans toutes >»le3 causes des pupilles, des mineurs, des interdits, des » femmes mariées, et dans celles où les propriétés et » les droits, soit de la Nation, soit d'une commune, se- » ront intéressés (art. 3). Ils ne seront point accusateurs » publics, mais ils seront entendus sur toutes accusations » intentées et poursuivies (art. 4). Aucun commissaire du » roi ne pourra être membre des corps administratifs, ni des » directoires, ni des corps municipaux » (art. 7). En conséquence Coulomb donna, le 2 novembre 1790, sa démission de président de l'administration départementale, et Duffours fut élu, le 6, pour le remplacer.

)>de l'homme ; qu'ils soient gravés dans nos cœurs Dcomme dans sa Déclaration sublime 1 Elle a détruit sl'orgueil des grands corps, des grands noms ; ne «cherchons donc à nous faire considérer que par ïnotre loyauté, nos mœurs, nos services!...»

Combien différaient de ce langage honnête et sensé les protestations que, quelques jours avant, notre Parlement de Toulouse avait élevées contre la division de la Province, contre l'abolition des Ordres, des privilèges du clergé, des titres de noblesse, etc.! Le décret du 7 septembre 1790 avait supprimé les parlements (art. 14) et avait interdit les séances de vacations à partir du 30 du même mois (art- 15). Le Parlement refusa d'enregistrer ce décret et protesta en ces termes : « La Cour, Tiséant en vacations (25 et 27 septembre 1790) . . . . , «Considérant que la destruction des Parlements «blesse essentiellement la Constitution et viole les «droits et-les privilèges des Provinces auxquelles «ils appartenaient. •• . Considérant que tous les «Ordres sont enveloppés dans la même proscri- «ption, la Religion dégradée, ses Ministres avilis, «la Noblesse privée de ses distinctions inhérentes «à l'essence de tout Etat monarchique, acquises «par ses services, ses vertus et au prix de son «sang. •••

» Proteste, pour l'intérêt du Seigneur Roi, du «Clergé, de la Noblesse et de tous les Citoyens, «contre l'anéantissement des Ordres, contre les «Edits portant suppression du Parlement, contre «le démembrement de la Province de Languedoc,

»etc.» Il termina en disant qu'il voulait s ensevelir sous les ruines de la monarchie ! Il n'en fit rien * ! ! Heureusement le peuple n'écouta point ces déclamations intéressées.

Dès le 4 novembre, on avait organisé des ateliers de secours pour l'hiver, et, le 27 novembre, J. Albisson, au nom de la Société des amis de la Constitution et de l'égalité, offrait pour ces ateliers une somme de 18,168 fr.

Le mois de décembre commença dans la tranquillité, et, le 2, la Société des amis de la Constitution faisait alliance avec la garde nationale et le régiment de Bourgogne, en garnison à Montpellier. A cette occasion, J. Albisson prononça un discours très-remarquable sur le caractère de la loi en général et sur celui de la Déclaration des droits de l'Homme *.

Le 13 eut lieu la première vente des biens nationaux f ce fut celle du domaine d' Arboras, appartenant à la congrégation de Sainte-Marie de Montpellier^.

* Uq décret du 8 (s. 12) octobre ordonna Tarrestation des membres qui avait pris part aux séances, comme prévenus de rébellion et de forfaiture.

2 Imprimé dans : A lliance de la Société des Amis de Ut Constitution et de l'égalité -, Tournoi, libraire-imprimeur : Montpellier, 1790.

^ Notre municipalité fut ensuite autorisée par divers décrets à acheter des biens nationaux: le 10 décembre 1790, pour 19,220 liv. et pour 307,745 liv.; le 9 janvier 1791, pour

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Ea terminant ses travaux (13 décembre), le Conseil du département adressa à la population une exhortation pour le maintien de la paix : « Il s'est ^aperçu avec douleur que les ennemis de la Consti- ]>tution ont cherché à égarer les consciences et ont Dfait croire à quelques-uns que la religion était en ]>daDger. . • Ceux qui publient que l'Assemblée :»Dationale veut attaquer la religion, qui exhortent ))Ie peuple à résister à ses décrets, sont les plus > terribles ennemis que le peuple puisse redouter. »Ils veulent renverser une Constitution qui est »faite pour le bonheur du peuple, puisqu'elle repose ^entièrement sur les bases de l'égalité et de la ^liberté. . . Combien sont ennemis de la religion «ceux qui prétendent la venger en armant le peuple «contre lui-même I. . . On n a point voulu détruire »la religion en faisant le partage juste et égal des »biens de l'Eglise entre les ministres des autels , »en fixant les évêques dans leur diocèse, en empê- «chant qu'ils ne fussent désormais choisis au «hasard et que leurs richesses ne les détournent de «l'esprit de leur état. . . L'Assemblée, composée

1.196,668 liv.; le 16 janvier 1791, pour 646,247 liv.; le 19 janvier 1791, pour 86,495 liv. ; le 17 février, pour 288,801 liv., etc.

Le 2 janvier 1791, les frères Gambon ( Joseph, député; Pierre, négoc. à Montpellier; Auguste, négoc. à Gholet; Jean, négoc. à Bordeaux ) s'associèrent pour provoquer par leur exemple l'achat des domaines nationaux, et acquirent au prix de 131,100 fr. le domaine du Terrai, dépendant de l'évêché de Montpellier et situé dans la commune de Saint- Jean de Védas.

)jde ceux que vous avez choisis, n'a d'autre but que »de faire votre bonheur; et si, pour vous rendre vos «droits, elle a été obligée de faire beaucoup de »mécontents, il faut plaindre ces mécontents sans Dles tourmenter ni les croire trop aisément. . . Tia ^discorde fera déserter nos villes, et le travail et le «commerce disparaîtront »... (Voir Pièces justificativeSy n® 22.)

Nous avons vu ( pag. 80 ) qu'un concours à l'Université de médecine s'était ouvert en novembre 1789; prolongé par suite du grand nombre des candidats et de celui des épreuves, puis suspendu à cause des vacances, ce concours reprit en octobre 1790. Ce ne fut plus àl'évêché, car à ce moment l'évêché de Montpellier et ses droits sur l'Ecole de médecine étaient supprimés; et pourtant, le 20 décembre, avant de proclamer le résultat du concours, on dit encore le Veni Creator.

Quo semel est imbuta recens, servabit odorem Testa diu

L'installation du professeur élu, J.-B. Baumes, faite le 4 avril 1791, fut la première à présenter le caractère laïque.

La grande question du moment était toujours la question du clergé ; on l'agitait partout : à l'élection des juges de paix (17 décembre) , dans un discours en patois prononcé par Marc Villaret devant la compagnie des canonniers (20 décembre) ; dans une 'réponse faite en français à ce discours par

Tabbé Lepic (24 décembre) , et, dans une série de pamphlets anonymes S on essayait de persuader au peuple que la Constitution civile du clergé était la destruction de la religion.

Pour empêcher l'opinion publique de s'égarer comme à Aix, à Lyon, à Cahors, où le sang avait couléy le Conseil général de la Commune fit une proclamation (24 décembre) où, pour expliquer le vi'aisens de la question, il disait : «La foi n'a point )>reçu d'atteinte ; la croyance de nos pères est dans Dson entier; seulement deux points de forme ont »été changés: le nombre des bénéfices et la ma- »nière d'y être appelé.... Le dogme et la morale, D voilà toute la religion : le dogme est tout ce que «l'on doit croire ; la morale tout ce que l'on doit ^pratiquer. Les décrets de l'Assemblée nationale »n'ont attaqué ni la morale ni le dogme. L'As- Bsemblée a proscrit la pluralité des bénéfices, resti- »tué aux fidèles le droit d'élire leurs pasteurs, sup- »primé des bénéfices sans fonctions, échangé «contre un traitement la jouissance des fondations «ecclésiastiques, afin de soulager les pauvres en «supprimant la dîme, le plus monstrueux des im- «pots ; et, en faisant cela^ elle a mieux doté les

< Conversatiofi entre un père et ses enfants ; Entretien d'un paroissien avec son curé ; La voix de la conscience et de la vertu ; Lettre à une religieuse sur certains décrets de V Assemblée nationale y etc. Oq les attribuait à l'abbé Théron, alors principal du Collège, plus tard et jusqu'en 1812 curé de Notre-Dame des Tables, ainsi qu'à J.-P. Poujol, curé de Saint- Pierre .

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