‹ Montpellier pendant la révolutionChapitre 18 sur 27 · J62 MONTPELLIER · texte numérisé non relu

J62 MONTPELLIER

»curés, cette classe si respectable, et, au lieu d'atta-

»quer la religion, elle a fait le bien de la religion

Det celui de l'Etat.

»DuRAND, maire*.»

Mais encouragé parles retards que le roi apportait à sanctionner le décret sur le serment exigé des ecclésiastiques^, le clergé continuait ses agressions; les divisions augmentaient, et elles remplirent les dernières semaines de 1790, malheureusement aussi tous les mois qui suivirent.

L'année 1791 s'ouvrit toutefois par une solennité de paix et de concorde. Lors de l'alliance du club, delà garde nationale et du régiment de Bourgogne (2 décembre 1790), on avait décidé qu'il serait, par souscription, élevé au milieu de la grande allée de l'Esplanade une colonne à la Liberté et à la Concorde^

1 Sur le môme sujet, voir V instruction décrétée par TAssemblée nationale le 21 janvier 1791; Pièces justificatives, no 22.

^ Malgré les instances réitérées de l'Assemblée nationale, il ne le sanctionna que le 25 décembre, «quand Témeule cria sous ses fenêtres; et le lendemain, en même temps qu'il écrivait à l'Assemblée pour l'assurer % de sa disposition inva- > riable à appuyer la Constitution qu'il avait juré de main- » tenir » . il faisait savoir au roi d'Espagne qu'il ne cédait que contraint et forcé, et. par l'intermédiaire de Breteuil, insistait près des puissances coalisées par les émigrés pour qu'elles eussent à hâter leur attaque. Bonne foi de roi !

et, le 4 décembre, le Conseil général de la Commune avait accordé l'autorisation nécessaire. Le 3 janvier, la première pierre en fut donc solennellement posée par le Corps municipal. On y plaça des médailles du temps, et dans un bocal en verre un parchemin portant : a Le lundi 3 janvier 1791, l'an »1II de la Liberté i, a été posée la première pierre de »ce monument patriotique voté à la Concorde et à la ^Liberté par la Société des amis de la Constitution et ndeV Egalité et élevé aux frais des souscripteurs pris »dans son sein, en mémoire de l'heureuse Révolu- »tion qui rend à la Nation ses droits et donne à la ^Monarchie française une Constitution sage, et de «l'étroite alliance entre notre Garde nationale, le «patriote Régiment de Bourgogne et ladite Société. »La cérémonie a été faite par M. Durand, maire, à »la tête du Conseil géiiéral de la Commune prié «par la Société, en présence de MM. les adminis- «trateurs du Directoire du département et du Disstrict, les juges du tribunal du District, les étu- »diants en médecine et en chirurgie, de nos «frères de la Légion de Montpellier et du Régi- »ment de Bourgogne, des membres de la So- «ciété et d'une foule de citoyens libres et heureux. » — Si jamais ce monument devient la proie du

* Après le décret du 4 août 1789, proclamant Louis XVI le Restaurateur de la liberté, on prit assez généralement l'habitude de compter l'an 1789 comme l'an premier de la liberté, ce qui dura jusqu'au 22 septembre 1792, oiila Convention décréta que Tère nouvelle daterait de la proclamation de la République.

'>temps, puisse cette inscription engager nos ne- »veux à le reconstruire, et puisse-t-elle couvrir »d'opprobre ceux qui tenteraient de l'anéantir!

La colonne s'éleva rapidement; mais au lieu de la concorde, on vit grandir en même temps qu elle des discordes et des divisions : divisions mesquines, entretenues par le fanatisme, et qui ne sont à mentionner que brièvement et pour faire apprécier l'esprit du clergé de cette époque et les moyens qu'il employait.

Le 8 et le 10 janvier, le Corps municipal, après avoir fait saisir chez l'imprimeur Martel la réimpression du mandement de l'évéque de Boulogne, fait une adresse aux citoyens pour leur recommander l'obéissance à la loi au sujet de la Constitution civile du clergé. Ce fut inutile.

Le 23 janvier, un attroupement de femmes se porte devant Téglise Sainte-Anne «pour empêcher »le curé de prêter serment», et ces malheureuses fanatisées résistent même au maire qui les engageait à se retirer. Plusieurs d'entre elles, appelées devant le Conseil général de la Commune, se vantèrent de ce qu'elles avaientfait, et l'une fut jusqu'à dire « que si son curé prêtait le serment, elle lui «couperait elle-même la tête ». Pr.^verb. du Cons, gén, de la Comm.^ séance du 24 janvier, pag. 70 et pag. 71). La nuit du 30 janvier, des potences sont placées devant le local de la Société des Amis de la Constitution et devant la maison de Cambon.

Un curé de Mûries prêche contre les décrets de

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