VIII PRÉFACE
événements avec suite et réflexion dans les grands récits de nos historiens nationaux : l'argent lui manque pour les acquérir et le temps pour les lire. Le peu qu'il en sait lui vient des traditions de famille, de la conversation, de la littérature légère, des prédications; et il le reçoit en fragments incomplets, en échos toujours infidèles, faussés par une sympathie peu éclairée ou par une haine acharnée. En toUs cas, de l'histoire locale avant et pendant la Révolution, il sait moins encore. Où l'aurait-il appris ? Les rares documents qui , sous l'Empire et la Restauration, ont échappé à la destruction, sont épars dans les collections, les grandes bibliothèques, les archives, où ils lui demeurent inconnus. Il n'en sait donc rien, rien d'exact ; et alors les détracteurs de nos institutions ont beau jeu pour dénaturer les faits et calomnier les émancipateurs de la nation.
Dans l'histoire qu'ils écrivent, ces ennemis des libertés modernes ne disent rien des abus du passé, des tyrannies de détail, des souffrances populaires. Ils s'appesantissent, dans de longs mémoires, sur les points les plus insigni-