PRÉFACE. IX
fiants» détournant ainsi les esprits des grands faits de la Révolution ; ou, s'ils viennent à en parler, ils le font en termes vagues, généraux *, et profitent de l'oubli et de Tignorance pour représenter cette grande rénovation sociale comme un effet sans cause, comme l'œuvre de mécontents corrompus, ambitieux, voulant se substituer au pouvoir et aux jouissances des riches et des nobles, et, pour cela, détruisant dans le sang un passé à regretter. Et ce mensonge, crié bien haut et mille fois, finit parfaire oflBce de vérité ; d'autres le répètent, parce qu'il est plus
^ En voici uo exemple : « Tout conserver était impossible , ïtout détruire était dangereux. Les idées défendues par les «partisans de l'ancien état de choses ne méritaient pas la «proscription absolue dont on les menaçait ; elles étaient en nelles-mêmes, indépendamment de leur application présente, «bonaes et salutaires ; c'étaient ces idées de conservation , »de stabilité, de hiérarchie sociale, de respect envers la > tradition, dont ne peuvent se passer les peuples qui ont «longtemps vécu et qui aspirent à se gouverner eux-mêmes. > Malheureusement, ces principes étaient alors sous la garde «d'institutions vieillies et discréditées. » (De Larcy, Louis XVI et les États-généraux j pag. 10 ; 1868.) Mais pas un mot de détail sur ces intolérables abus, sur cet ancien état de choses, en soi bon et salutaire, mais impossible à conserver. Pourtant c'était justement là ce qu'il importait de connaître pour juger en quoi il était impossible à conserver.