‹ Montpellier; tableau historique et descriptif, pour servir de guide à l'étranger dans cette ville et dans ses environsChapitre 14 sur 52 · CARACTÈRE, MOEURS · texte numérisé non relu

CARACTÈRE, MOEURS

peilier. Voici comme il termine fartiele qu'il a con-> sacré aux mœurs des habitants de cette ville. Oa peut remarquer, dans le peuple de Montpellier, quelque teinte de rudesse et une sorte de fierté prompte à s'irriter de ridée du plus léger outrage : cette dernière disposition, qui annonce ordinairement de la générosité dans les cœurs , n'est pas un indice trompeur chez les citoyens de ikLoatpeliier;ety malgré cette âpreté au gain qu*on leur reproche, et qui ne semblerait propre qu'à dessécher les âmes , ils ont montré , dans plus d'une occasion, que des motifs plus nobles pouvaient les animer.

La vie alimentaire doit influer nécessairement sur

le caractère des divers temperauiunts. Le doparlemciil de l'Hérault, dont Montpeliior est la principale cité, touche à la ligne méridionale longeant les Pyrénées, les Gévennes et les Alpes, qui sépare les pays à lait et à beurre des pays à huile. La proximité de la mer, le voisinage des rivières, fournissent à cette ville une grande partie de sa nourrituire : le poisson y est même assez abondant pour suppléer, en différentes circonstances, aux viandes ordinaires, au mouton et au bœuf : ce dernier, de médiocre qualité, et dont on usait sobrement il y a peu d'années , s'est amélioré ; il est devenu d'un usage plus étendu , grâce aux soins de radministration, qui a porté sa vigilance sur un aliment aussi utile.'Les herbages et les fruits y sont abondants, excellents , et très-nécessaires durant Tété.

L'habitant de TUérault, pays riche et fertile, se nourrit bien et sans excès. — Gela ne contredit nuUeppent ce qu'ont avancé certains auteurs touchant la

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consommation prodigieuse des aliments et des boissons à Montpellier.

Les babitans de cette ville passent , disent-ils » pour i^raiids buveurs et grands ujangeurs. En supposant que le fait soit vrai, il en résulterait seulement que les qualités chaudes et sèches de leur tempérament ont besoin , pour leur entretien et leur conservation > des vins de Languedoc, les plus généreux de la France 9 et d'une certaine quantité d'aliments abondant en sucs nutritifs : besoin que leur permet de satisfaire Taisance qui règne à pou près dans toutes les familles. Enfin , ne faudrait-il pas encore , d'après Hippocrate même» ce patron scientifique de Montpellier» accorder quelque chose à la coutume» à Tâge , à la saison , au pa\s?

L'homme de la campagne mange un pain de seigle frais et de bon goût : sa vie est uniforme; il fait un grand nombre de repas, et consomme beaucoup. La quantité moyenne de grains assignée dans uuc ferme à chaque individu de cette classe est de 4 9/40 hectolitres , moitié froment et moitié seigle , par année , et de 1 4/5 litre 3e vin par jour. Cette dernière quantité est réduite à moitié pendant Thiver , suivant M. Poi-^ tevin. Elle est à peine au quart depuis la maladie de la vigne et la cherté du vin. Mais, dit le docteur Murât, ces déterminations, qui servaient, depuis un temps immémorial , à régler des marchés faits avec les ouvriers , sont au-dessous du taux de la consommation réelle et prise en masse, parce que les salaires sont employés en grande partie à des suppléments de nour* riture, et principalement en vin, qui est la boisson favorite du peuple.

GARACTÈRB» HdUBS. 61

On estime que l'on boit, année comnuine , à Montpellier, environ dix mille muids (70,000 hect.) de vin , i$Urà muroê , sans compter celai qui se boit hors des murs.

Maïs une remarque qui n*échappe à personne, et que nous devons consigner ici, c'est que^ malgré cet attrait pour le vin, les habitants, supposé qu'ils boivent beaucoup, s'enivrent peu.

Le tableau suivant présente la quantité annuelle de comestibles consommés dans la ville de Montpellier. La première colonne de chiffres offre, en quintaux métriques, la quantité de la consommation générale delà population ; là seconde colonne indique la consommation de chaque habitant.

Viandes 24,921—77 50— »

Poisson 4 059— 38 3—80

Fromages 4,90s— 60 3—80

Beurre 678—45 1—15

Pain 93,500— » 4,87— »

Œufs 4,978,354 — 4 par personne.

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