MONTREAL A VOL D’OISEAU
Montréal couvre de ses maisons, de ses riches villas auxquelles attiennent de magnifiques jardins, une superficie de plus de 2000 acres. Sa ceinture de ramparts, démolis en 1808, n’en renfermait pas plus de 100. Sa position avantageuse lui dunne, comme cité commer- Gante, le pas sur toutes ses sœurs de l'Amérique Britarinique du Nord. Son climat, quoique rigoureux en hiver, Pest cependant moins que celui de Québec. Son aspect, lorsqu'on contemple cette Cité en remontant où en descendant le fleuve dans lequel elle se mire, est magique. Sa cathédrale catholique avec ses hautes tours, les clochers étincelants de ses nombreuses églises et chapelles, immense quantité de maisons qui les entoure, les belles constructions qui bordént ses quais, font sur le voyageur l’impression la plus favorable. On en a également une vue superbe des hauteurs au pied desquelles s’échelonnent les maisons du village des Tanneries des Rollands. En l’examinant de ce point, on remarque qu’elle s’étend, sur une ligne non interrompue de grands ateliers et d’usines, jusqu’au limites sud du village qui en est en quelque sorte la banlieue. La montagne qui la domine, vue du champ-de-mars ou du marché à foin, a la forme d'un énorme cétacé endormi.
En la parcourant d’un bout à l’autre, on est étonné de lactivité qu’y déploie l’industrie, A l’exception de quelques rues qui dévient un peu de la ligne droite, la plupart des autres sont larges; et il en est quelquesunes qui sont tirées au cordeau. La rue Craig, la rue Sherbrooke, la rue Lamontagne, la plupart de celles de la Place au Castor (*) sont bordées de beaux arbres, derrière lesquels s’abritent les demeures de l’aristocratie. La rue Notre-Dame, où fleurit le commerce de détail, expose aux regards les riches étalages du joaillier, de l’ébéniste, de la modiste, du libraire, de lépicier, du chapelier, du négociant en soiries et les mille
(*) Beaver Hall,
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et un articles de fantaisie et de luxe devant lesquels s'arrête à chaque pas l’acheteur ébloui.
Les banques se groupent dans la grande rue St. Jacques, à quelques pas seulement de la cathédrale. On trouve des boutiques de changeurs dans la rue St. François-Xavier qui longe les jardins du Séminaire de St. Sulpice. La rue St. Paul donne asile au haut commerce. Cette rue est la plus antique de la cité.
La vanie de Montréal qui s'étend de la rue St. Paul jusqu’au fleuve forme ce qu’on appelait autrefois la basse ville ; tout le reste, jusqu’à la limite des anciens ramparts, qui couraient depuis la place Dalhousie en suivant le versant de la colline qui se termine en pente douce et presqu’imperceptible à la place des Commissaires, s’appelait la haute ville.
On ne saurait se faire une idée des changements que lon a fait subir à Montréal depuis dix ans. C’est au point qu'un de ses habitans, qui l’aurait quitté dans ce temps pour n’y revenir qu'aujourd'hui, aurait de la peine à s’y reconnaître. Les faubourgs se sont agrandis ; le ruisseau infect qui coulait tout le long de la rue Craig a été recouvert et sert maintenant d’égout à la partie de la ville où il se trouve et qu’il assainit. On a également assaini le faubourg Ste. Anne qui n’était qu’un immense marais et qui se couvre aujourd’hui de maisons. C’est surtout depuis le grand incendie de 1852, qui y fit d’épouvantables ravages, que Montréal a pris cet air d’aisance et de propreté qui frappe au premier coup-d’œil. Un règlement de ses édiles obligea alors tous les citoyens à ne plus désormais emploÿer dans leurs constructions que la pierre ou la brique. Ona rigoureusement donné suite à ce règlement ; et au lieu de maisons en bois qui donnaient tant de prise à l’élément destructeur, on ne se sert plus maintenant que des matériaux voulus. Un grand nombre de maisons sont couvertes en fer bianc; mais on se sert généralement de tôle peinte en rouge. [L’ardoise recouvre quelques toits.
Après avoir examiné Montréal à vol d'oiseau, descendons vers ses monuments et visitons en les principaux.
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