‹ Montréal [microforme] (volume 2)Chapitre 42 sur 44 · CE · texte numérisé non relu

CE

Dans le bon vieux temps, avant 1836, on n’avait jamais eu de corbillards à Montréal.

Le cercueil était porté à l’église par quatre hommes sur un brancard. Lorsque la maison mortuaire n'était pas à une grande distance de l’église paroissiale, le clergé précédait le convoi funèbre.

Le premier corbiliard fut introduit à Montréal en 1836, par M. J. B. Sancer, le bedeau de Notre-Dame. .

En cumulant les fonctions de bedeau et d’entrepreneur de pompes funèbres, M. Sancer, qui tenait autrefois un magasin d’horloger sur la rue Notre-Dame, près de l’ancienne église des Récollets, réussit à s’amasser une fortune considérable.

Le prédécesseur de M. Sancer à Notre-Dame était un Monsieur Louis Ganse. (1)

Là où se trouve bâtie, aujourd’hui, la banque de Montréal, était une chapelle funèbre et une maison où M. Sancer tenait un assortiment de cercueils pour tous les goûts. (C’est aussi dans cette maison qu’avaient lieu les assemblées de la Fabrique.

27 décembre 1884.

(1) Louis Ganse, à la suite de difficultés avec les marguilliers, qui dataient du mois de septembre 1830, abandonna sa charge à la fin de l'année 1831. Au mois de janvier suivant, M. Sancer était nommé premier bedeau.

LE BON VIEUX TEMrS 193

LES CIMETIÈRES. — LE PREMIER CHEMIN DE FER. — ORIGINE DE LA RUE GOSFORD.

VU

Avant 1811, le cimetière catholique de Montréal se trouvait sur la rue Saint-Jacques, à l’endroit occupé aujourd’hui, [1884], par le magasin du tailleur Gibb et le bloc Barron (1), entre la rue Saint-François-Xavier et la rue Saint-Jean. Il était entouré d’un mur de pierre, semblable à celui que nous voyons vis-à-vis du vieux séminaire.

En 1811, on ferma ce vieux cimetière pour en ouvrir un nouveau sur le terrain où se trouvent aujourd’hui l’Evêché et la place Dominion.

Lorsque l’on creusait les fondations du bloc Barron, en 1870, on découvrit une quantité considérable d’ossements qui avaient été laissés dans l’ancien cimetière.

En 1854, l’Œuvre de la Fabrique de Notre-Dame ovvrit le cimetière de la Côte-des-Neiges qui avait alors un front de cinquante arpents, une profondeur de vingt-trois et une superficie de cent quinze. Aujourd’hui, [1884], le cimetière actuel a une superficie de plns de 300 arpents. (2) Le terrain avait été acheté en 1884, du docteur Beaubien pour la somme de 81,200,

L'ouverture de la rue Gosford date de 1836. Le gouvernement impérial céda alors à la ville de Montréal une partie du Champ de Mars nécessaire Pour pratiquer une communication entre la rue Sanguinet et la rue Notre-Dame. On donna la nouvelle rue le nom du gouverneur du Canada à cette époque.

(1) La maison Gibb existe encore, mais sur le site du “ bloc Barron ” s'élèvent maintenant. les spacieux édifices des assurances “ Guardian ” et “London & Lancashire ”,

(2) Cette superficie a encore été augmentée, depuis, de plus d’un tiers.

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\ Le premier chemin de fer en Canada a été inauguré dans l'été de 1836, entre Laprairie et Saint-Jean. Le gouverneur général, Lord Gosford, présida l'inauguration. Cette voie ferrée dont on voit encore les vestiges sur la commune de Laprairie, ne fut pas construite sans une opposition violente de la part d’une grande fraction de la députation du Bas-Canada.

Le bill constituant la compagnie du chemin de fer fut vigoureusement combattu par plusieurs députés qui prétendaient que les chemins de fer allaient ruiner les charretiers et empêcher les vaches d’être de bonnes laitières.

La croyance à la magie et aux sorciers était officielle dans le bon vieux temps. Ce matin, M. Schiller, greffier de la Couronne, nous a montré un vieux parchemin jauni, signé par Lord Gosford et daté au Château Saint-Liouis, Québec, le 13 avril 1837. Ce document est l’original de la nomination de 323 juges de paix pour le Bas-Canada. Ces juges ont instruction de s’enquérir de tous cas de félonie, d'emprisonnement, de sorcellerie, de magie ou d’enchantements quelconques dans leur district.

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