‹ Montréal [microforme]Chapitre 14 sur 35 · KO · texte numérisé non relu

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Les rues Saint-Gabriel et Saint-Vincent sont devenues célèbres de nos jours par le nombre de taloches qui y ont été échangées entre journalistes et avocats. Nous ne parlerons pas, aujourd’hui, des rencontres à coups de poings et à coups de cravache qui s’y sont faites depuis 1860, car les héros de ces luttes vivent encore et nous n’aimons Pas à ouvrir des plaies cicatrisées depuis longtemps. Remontons à 1849.

En consultant de vieux journaux, je vois que le 18 mai 1849, M. Hector Langevin, rédacteur des Mélanges Religieux (2) a été assaïlli à coups de poings par M. J.B. E. Dorion, (l’Enfant terrille) (3), qui lui a donné une rude râclée, à propos d'un artice qui avait paru dans les Mélanges. La Minerve du

DE Oscar Dunn, écrivain de langue française, n6 en 1844, mort en ‘

(2) Hector Langevin, né en 1826, mort en 1906, fut un des hommes politiques les plus renommés de son temps.

(3) Jean-Baptiste-Eric Dorion, né en 1826, mort en 1866. Homme politique et journaliste, M. Dorion eut une autre rencontre en juillet 1866 avec M. Elzéar Gérin-La joie, à Ottawa. (Voir nos Anecdotes Canadiennes, p. 118).

20 mai nous apprend, qu’immédiatement après l'assaut, M. Langevin courut au bureau de police pour y déposer sa plainte contre l'Enfant Terrible.

Le procès eut lieu le 20 mai, et le défendeur fut condamné à 85 d'amende et les frais.

Ce matin, je suis descendu dans les caves du Palais de Justioe où M. Daoust m’a montré les plus vieux dossiers gardés dans le département des archives judiciaires.

Les dossiers de 1768 à 1800 sont jetés pèle-mêle sur des rayons élevés, et couverts d’une couche épaisse de poussière. Je cherchais à mettre la main sur les documents du premier procès qui a été plaidé à Montréal après la conquête. L'exercice que je me suis donné pour le trouver ressemblait beaucoup au travail d’un homme qui chercheraitiune aiguille dans une charge de foin. Je n’ai pu trouver encore le premier dossier, mais j'espère y réussir sous peu grâce à la complaisance de M. Daoust. Ce dernier m’a montré, ce matir, plusieurs papiers jaunis relatifs à des procès qui ont eu lieu en 1768. (1).

Le dossier dans la cause de Gamelin contre Dubuc renferme Ja déclaration du demandeur réclamant le prix d’un esclave, l'esclavage existant, à cette époque, dans la province de Québec.

Nous copions la déclaration avec son ortographe originale :

Aux honorables juges des plaidoyers communs du district de Montréal, province de Québec, etc., etc.

Pre. Gamelin a l'honneur de vous Représenter qu’en may 1767, qu’il était à Londres, Messieurs Jb. Jordan Ecuyer et Doct. henry Loedel, ses procureurs En son absence, consignèrent le nommé Stevens, nègre, appartenant à Mmdt J. Gamelin et à ses Enfans, au Sr Augustus Dubuc marchand alant aux Ilinois, pour Entirer le parti le plus avantageux appert à Son

eçu.

Le dit J. Dubuc donnant avis que le dit nègre n été vendu neuf cents francs ancien schelin, dont la somme Est mentionnée

(1) Le chaos dans lequel se trouvaiert alors les archives judiciaires n'existent plus. Grâce au shérif L. J. Lemieux de nouvelles voûtes ont été ouvertes, d’autres restaurées et tous les documents sont classés dans un ordre parfait.

LE BON VIEUX TEMPS 33 PTT en ein moi mg ar 0

devoir Etre compté du net produit appert à l'Etat des dettes privilégiées, désignez par le dit J, D. Dubuc, de la vente de quatorze paquets de pelleteries No 1 à 14, qui lui furent saisie à la reanête du Sr Campion à Missilimakinac Et par un ordonné de l’honorable cour les deniers doivent Etre remis aux Créanciers Privilégéz ; Ses à ce droit que les Supliants Reclament Votre Ordonné aux fins de toucher le produit du Nègre sus mentionné et ferez justice à

Vos Très humble et Très Obéyssants Serviteurs : J. Bte Gamelin, Henry Loedell, et pour John Connolly comme Procureur.

4 février 1885.

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LE HON VIEUX TEMPS 35 Se

L'ESCLAVAGE À MONTRÉAL. — LE CIMETIÈRE DES NÈGRES. —. LE PLUS ANCIEN REGISTRE DE LA COUR CRIMINELLE. — LE PLUS ANCIEN DOCUMENT DU GREFFIER DE LA PAIX, ETC.

Hier, en fouillant les archives de la Cour Supérieure, j’ai . trouvé un procès relatif à l'esclavage dans la province de Québec en 1568. C'e matin, M. Schiller, greffier de la Couronne, me disait que vers 1825, il a Connu un esclave à Montréal, probablement le dernier de la province, C'était un nègre, âgé d'environ soixante ans, avec Ja chevelure toute blanche, Ce nègre appartenait à M. James McGill Desrivières qui résidrit dans une maison formant l'encoignure des rues Craig et Saint- Urbain. (1) L’esclave canadien n’était pas traité, par son maître, comme

celui qui a été dépeint par Mme Harriet Beecher Stowe dans

la case de l'Oncle Tom. Son travail n'était Pas pénible et sa conduite n’était pas abjecte comme celle des noirs dans le Sud. L’esclave de M. Desrivières était considéré comme l'enfant de la maison.

A propos d'esclaves, je dois dire que le cimetière des nègres, à Montréal, en 1800, était un lopin de terre situé au soin des rues Saint-Jacques et Saint-Pierre, précisément à J'endroit où est bâti le Mechanic’s Institute.

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