REAL. — LA BANQUE DE MONTRÉAL. — LA BANQUE DU PEUPLE
Au cours de l'été 1817, les principaux marchands anglais de Montréal formèrent une compagnie commanditaire avec un capital de $1,000,000 et fondèrent la première banque au Canada, la banque de Montréal. Pendant les premières années de son existence, cette institution financière n’eut pas de charte, car C'était alors un privilège très difficile à obtenir pour les compagnies à fonds social. Une charte ne pouvait être donnée qu'avec la sanction des autorités impériales, Le grand probième à résoudre était l'émission de billets pour lesquels chaque actionnaire n'était pas individuellement responsable.
Le premier billet de la banque de Montréal fut mis en circulation le ler octobre 1817, Il était rédigé dans la formule suivante :
“Le Président et les Directeurs de la Banque de Montréal promettent payer à A. B. ou au porteur la somme de £.... sur les fonds solidaires et nul autre.”
On abandonna cette formule lorsque la banque obtint sa charte.
Le premier président de la banque de Montréal a été M. John Gray, un marchand de nouveautés retiré des affaires. M. Robert Griffin a été le premier caissier.
Au nombre des directeurs on voyait les noms des marchands les plus considérables de la ville, l'honorable John Richardson, Samuel Gerrard, Thomas Thain, Horatio Gates, George Auldjo, John Molson, Thomas A, Turner, William Ermatinger, Zabdiel Thayer et David David. (1)
(1) Cette banque avait aussi un “ département d'épargne ” avec un bureau de direction qui comptait trois Canadiens-Francais : MM. François Antoine Larocque, Jean Bouthillier et E. Saint-Dizier. Les deux premiers figurent aussi parmi les fondateurs de cette puissante institution dont l’hon. Joseph Masson devait, quelques années plus tard, devenir le vice-président.
L'institution fut regardée d’un mauvais œil par les habitants des campagnes qui ne voulaient pas accepter de papier-monnaie pour leurs denrées, mais cela n'empêcha pas la banque de faire des opérations prospères jusqu’en 1824, lorsque M. Gerrard fut appelé à la présidence. Ce dernier administra si mal les finances de la banque qu'en 1827 elle avait perdu un tiers de son Capital. (1) M. John Molson devint alors président et il finança si bien qu’en peu d'années il fit regagner à l'institution Pargent qu'elle avait perdu, mais durant cinq ans la Banque de Montréal ne paya aucun dividende. Pendant les premières années de son existence la Banque de Montréal uvait ses bureaux dans un petit bâtiment de la rue Saint-Paul ct plus tard, elle occupa un bel édifice sur la rue Saint-Jacques qui a été rasé en 182 pour être remplacé par le bureau de poste.
En 1846, la Banque prit possession du splendide édifice qu'elle occupe aujourd’hui sur la Place d’Armes. Les premiers faux billets de banque parurent en 1820.
En 1835, les marchands Canadiens-Français de Montréal étaient tellement maltraités par les grands négociants anglais qu'ils furent obligés de fonder nne banqué pour se protéger.
Cette banque fut la Banque du Peuple qui commença ses opérations la même année avec un capital de £300,000. L'institution eut ses premiers bureaux dans une maison de la rue Saint-François-Xavier, deux portes plus bas que la rue Saint- Sacrement. Ce vieux bâtiment existe encore de nos jours.
En 1835, MM. Viger, DeWitt et Cie, une société en commandite, constituait la Banque du Peuple qui n’obtint sa charte qu’en 1845. Le premier président a été M. Louis Michel Viger (le beau Viger) et le premier caissier M. Pierre Louis Letourneux. Les directeurs étaient MM. J. F. Allard, E. R. Fabre, A. N. Montmarquet, Timothée Franchère, Jacob Clinton De- Witt, Peter Dunn, Alexis Sauvageau, Osiah H. B. Smith et M. Tulloch.
Les commis de la banque étaient MM. Rodolphe Desrivières, Frédéric Glackmeyer, Généreux Pelletier et John S. Morley.
(1) Cette assertion est injuste, M. Gerrard était un financier très babile, qui n'ent que la malchance de prendre la présidence durant une période de malaise, ainsi qu’on le constate par la publication des souvenirs de M. H. Dupuy, alors comptable de la banque. (Voir la luxueuse histoire de Montréal éditée par le Board of Trade, en 1893).
eq ne
En 1836, les ennemis de la Banque essayèrent de créer une panique dans le commerce en organisant des demandes extraordinaires sur l'établissement, Les Canadiens du bon vieux temps avaient du cœur. Ils résolurent de conjurer l’orage et ils y réussirent. On vit, pendant la crise, les anciennes familles canadiennes venir déposer des sacs de vieilles pièces d'or et d'argent français dans le trésor de la banque. C’étaient les Viger, les Valois, les Ricard, les Souligny, qui ne craignaient pas de confier toute leur fortune à la Banque du Peuple. La crise fut surmontée facilement et les billets de la banque montèrent à prime.
En 1846, la Banque du Peuple prit possession des anciens bureaux de la Banque de Montréal, coin des rues Saint-Jacques et Saint-François-Xavier, là où est aujourd’hui le bureau de poste. En 1872, elle occupa ses bureaux actuels. (1)
La Banque de la Cité fut fondée en 1833. Elle avait alors ses bureaux au coin de la rue Saint-François-Xavier et de la rue de l'Hôpital. Le président était M. John Frothingham et le caissier M. Charles H. Cassels. (2)
15 janvier 1885.
—————————————_____" (1) Cette institution a pris fin en 1896. Son édifice est maintenant
ocenpé par la Banque d’Hochelaga.
(?) Cette banque s’amalgama à la “ Consolidated Bank” en 1876.