HIC PIETATIS HONOS
DE JUILLAC s
Life. de. ÿétiuss
ROBERT DE JULLIAC,
t Œrentième Grand-ÆMaître,
A RHODES
Après la mort de Raymond Bérenger, le conseil fit choix, pour lui succéder, du Grand-Prieur de France , Robert de Julliac, alors absent de Rhodes et qui reçut dans son Prieuré la nouvelle de son élection. Il se rendit aussitôt à Avignon pour y assurer le pape de son obéissance; et peu disposé à laisser subsister les abus qui désolaient l’ordre, le premier acte de son autorité fut de casser tous les Receveurs dont les responsions étaient arriérées et de leur en substituer d’autres. |
Smyrne , que le Saint-Siége regardait comme sa propre conquête, avait pour gouverneur un homme plutôt marchand que guerrier, et celuici abandonnait souvent cette ville sans chef, sans
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garnison, sans vivres. Le pape en fut informé et déclara à Robert de Julliac qu'il remettait entre ses mains la défense de Smyrne. En vain le Grand- Maitre objecta-t-il le danger d’une garnison entourée d’ennemis, perpétuellement en état de siége ; l'éloignement de Rhodes, qui ne lui permettait pas d'y faire passer de prompts secours; enfin tout ce qu'une telle responsabilité aurait d’onéreux et pour les chevaliers et pour le trésor; il fallut y consentir moyennant un revenu de mille florins annuels. Le pape menaça même Julliac de l'excommunier s’il résistait davantage.
D’Avignon, le Grand-Maïitre se rendit à Rhodes où sa présence mit enfin un terme aux contestations survenues entre le conseil et les chevaliers. Mais à peine Julliac avait-il eu le temps de rétablir la discipline, qu'on lui apprit les immenses préparatifs de guerre de Soliman, fils et successeur d’Orcan, et qu'il y avait tout à redouter pour Rhodes. A l'approche du danger, on vit accourir de l'Occident cinq cents Hospitaliers, suivis chacun d’un frère servant faisant fonctions d’écuyer. Toutefois Soliman tourna ses armes ailleurs, et une paix profonde régnait dans l’ordre, lorsque Robert de Julliac mourut vers le milieu d'août 1376. Il vivait encore le 10 de ce mois selon une bulle magistrale insérée au Codice diplomatico.
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Son tombeau offrait cette seule inscription ‘ :