‹ Monumens des grands-maitres de Saint-Jean de Jérusalem ... Accompagnés de notices historiques sur chacunChapitre 87 sur 105 · ANNE · texte numérisé non relu

ANNE

À Paris, le 29 mars 1644.

Le conseil complet était composé de Grands-Croix (dont faisait partie l’évêque de Malte) le Prieur de l'église, les Baillifs conventuels, les grands Prieurs et les Baillifs capitulaires*.

Les huit langues, dont les chefs, que l’on appelait Piliers ou Baillifs conventuels, résidaient à Malte, y ayant des palais

Le manuscrit de Arsenal donne le nom de tous les chevaliers reçus depuis 1625 à 1696, et des détails multipliés sur leurs repas; leurs jeûnes, etc.

séparés. Le chef ou Pilier de la langue de Provence avait la charge de Grand-Commandeur ; le Pilier de la langue d’Auvergne était Grand-Maréchal, chef des forces de terre et de mer quand. il s’y trouvait, et il gardait l’étendard de la religion; celui de France, Grand-Hospitalier; celui d'Italie, Amiral; d'Aragon, Grand-Conservateur , que l’on nommait autrefois Drapier ; le Pilier d'Allemagne était Grand- Baillif, et celui de Castille, Grand-Chancelier. La langue d'Angleterre , qui ne subsistait plus depuis la réformation, avait pour chef le Turcopolier , ou général de l'infanterie. Chaque Pilier recevait des fonds pour entretenir sa langue.

La ville de Malte, toujours habitée par un grand nombre de Français, a conservé une respectueuse reconnaissance envers l’auguste maison de Bourbon, et un attachement sincère à la France. Elle l’a témoigné dans toutes les circonstances, et en a donné des preuves dans deux occasions récentes.

Le comte de Beaujolais, dont les nombreux et pénibles voyages avaient altéré la santé, crut pouvoir la rétablir dans un climat chaud, et se rendit d'Angleterre à Malte au commencement de l’année 1808 ; il logea à l'hôtel de la famille Spinola ; mais, le mal ayant fait trop de progrès pour céder à aucun moyen curatif, le jeune prince succomba le 3 juin à une affection de poitrine. On embauma son corps, qu’on déposa dans un cercueil de bois d’acajou renfermé dans un autre de plomb et dans un troisième de bois de noyer, couvert de velours cramoisi, et orné de fleurs de lis et de plaques en argent aux armes d'Orléans; le cœur du prince aussi embaumé fut placé dans un coffre double de plomb et de bois de noyer, recouvert et orné comme le cercueil.

Le corps du comte de Beaujolais fut d’abord exposé sur un lit de parade, par les soins des autorités locales, et transporté en grande pompe à l’église de Saint-Jean. Mgr. Matter, archevêque de Rhodes, évêque de Malte, chanta une grand’messe

à la suite de laquelle (les intentions de la famille de l’illustre défunt n’étant pas connues ) le corps et le cœur furent exposés dans la sacristie de l’église de Saint-Jean. Ils y étaient encore en 1817, époque où le chevalier de Butet arriva à Malte, en qualité de consul de Sa Majesté Louis XVIIT; un de ses premiers soins fut de rendre compte de cet état de choses provisoire à S. À. R. Mgr. le duc d'Orléans, qui daigna lui prescrire de le faire cesser, en procédant à l’inhumation définitive du prince son frère, dans l’église de Saint-Jean. M. de Butet trouva dans l’empressement et l’obligeance des autorités religieuses, civiles etmilitaires , toutes les facilités nécessaires pour donner le plus grand éclat à cette cérémonie, qui eut lieu le 10 avril 48181.

Le corps de Louis-Charles d'Orléans, comte de Beaujolais, prince du sang royal et pair de France, fut placé dans la chapelle de Saint-Paul, affectée, lors de la domination de l’ordre de Saint-Jean, à la sépulture des Grands-Maîtres et Baillis de la langue de France. Le monument élevé à sa mémoire par les soins pieux de S. À. R. Mgr. le duc d'Orléans son auguste frère, remplit une des faces de cette chapelle, dont les trois autres sont occupées par les tombes du Grand-Maître Emmanuel de

? Une nombreuse distribution de pain aux pauvres avait lieu en même temps à Notre-Dame-de-Liesse.

S. A. R. Monseigneur le duc d’Orléans chargea M. le chevalier de Butet d'exprimer sa gratitude à toutes les autorités qui avaient concouru à la pompe de cette lugubre solennité, et Son Altesse Royale daigna lui écrire elle-même pour lui témoigner sa satisfaction et lui faire don d’une boîte en or. Elle voulut bien honorer aussi de lettres particulières Monseigneur l’archevêque évêque de Malte, et le lieutenant gouverneur.

M. l'abbé Artau, chapelain de l’église de Notre-Dame-de-Liesse, s'était rendu très-utile en cette occasion. Monseigneur le duc d'Orléans accorda à cet ecclésiastique, qu’entouraient la vénération et l'attachement de ses compatriotes, des secours pour la restauration de son église,

Rohan, du Grand-Maître Adrien de Wignacourt, et du sire de Wignacourt, chevalier des ordres du roi, mort en 1615, à Malte, où il était venu visiter son frère, le Grand-Maître Alof de Wignacourt, oncle d’Adrien. On lisait sur le cénotaphe :

FRATRIS CARISSIMI. LUD. CAROLI DE BEAUJOLAIS. LESIDERATA. PATRIA. EXULIS.

AD SALUTEM. PROPITIORE. SOLE. RESTITUENDAM.

A. SOLLICITO. FRATRE. EX ANGLIA. AVULSI.

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