ACCESSERIT
LEGATUS AD RES CONSULARES VIRIQUE SUBDITI EFFUSIORI CUMULATI LÆTITIA FAUSTA OMNIA DEPRECANTUR .
Pace 253.
Aplanit avec une rare habileté les difficultés qu'on élevait.
L’extrait suivant d’une lettre autographe du Bailli de Loras au Grand-Maître Rohan, au sujet du choix du Bailli de Sa-
: La Gazette du gouvernement de Malte, n. 717, rendit un compte détaillé de cette cérémonie le 15 décembre 1824.
gromoso, m'a paru trop curieux pour en priver mes lecteurs. Je n’ai pas besoin d’ajouter que je ne Le publie que comme un morceau piquant servant à faire connaître la diplomatie du temps et le caractère de l'ambassadeur maltais : l’original de cette dépêche m'appartient.
Naples, 19 novembre 1783.
« Je répéterai toujours avec le zèle qui est inséparable de ’amour que je professe pour mon ordre, pour votre personne, Monseigneur, et pour la vérité, que cette députation ne saurait réussir qu'entre les mains du vénérable Baiïlli de Sagromoso, moins encore par rapport à ses talens parfaitement connus, qu'à cause d’une infinité de combinaisons heureuses, qui ne conviennent qu’à lui seul. Je prie Votre Altesse Éminentissime de permettre que je dépose dans le secret de son cœur l’origine et l'exposé de ces combinaisons presque incroyables, telles que je les ai recueillies, soit des conversations de ce respectable religieux, depuis que j'ai l'avantage de le connaître, soit des titres qu'il a souvent confiés à mon amitié.
» Le prince d’Anhalt-Zerbst, père de l’impératrice de Russie ( du moins selon les lois), était gouverneur de Stettin en 1728; le roi de Prusse, alors prince royal, qui, ayant déplu à son père, était relégué dans cette forteresse, devint amoureux de la belle princesse Élisabeth, épouse du prince d'Anhalt, et de cet amour cultivé de part et d’autre avec une véritable passion, ce fruit prompt et auguste fut cette sublime princesse d’Anbalt- Zerbst, aujourd’hui impératrice de Russie, qui naquit le 2 mai 1729. L'intelligence tendre et secrète qui a toujours régné entre le roi de Prusse et cette grande souveraine, malgré leurs divisions politiques, est une preuve positive, qu’ils sont l’un et l’autre bien convaincus de cette origine , marquée d’ailleurs par une conformité de caractère et de génie qui est le vrai
sceau de la nature. Sagromoso , dont la mère était dame d’honneur, favorite de la princesse de Hanovre, mère du roi de Prusse, parcourait déjà l'Allemagne, et c’est à la faveur de ce rapport qu'il obtint, lors de sa députation en Russie, d’être personnellement recommandé.à l’impératrice par Je conquérant du Nord.
» Quelques années auparavant, ce chevalier s'était fait connaître et estimer dans les cours septentrionales, et, en 1746, le hasard le rapprocha de cette même princesse Elisabeth, devenue veuve, abandonnée et presque fugitive, épuisée d’ailleurs par quelques intrigues malheureuses, et, pour comble de maux, séparée de tout commerce avec la princesse Catherine, sa fille, épouse du grand-duc de Russie, qu’on observait avec la plus extrême rigueur. Élisabeth avait tenté inutilement tous les moyens imaginables d'établir une correspondance secrète avec sa fille; elle gémissait sur son sort, et joignait à cette situation pénible , une inquiétude mortelle sur le testament du prince d’Anhalt, son mari, dont la solidité formait sa principale espérance , et qui n’était pas encore confirmé par la grande-duchesse , sa fille. Sagromoso se disposait à faire un voyage à Pétersbourg ; il eut le courage de se charger d’un message de cette mère infortunée , et fut assez heureux pour le remettre à la grande-duchesse, en lui baisant les mains, sans qu'aucun des agens qui la surveillaient püt s’en apercevoir : ce message important fut reçu avec une joie excessive. Il procura à Élisabeth la confirmation du testament de son mari, il établit entre ces deux princesses tn commerce secret, qui devint leur consolation, et Sagromoso recuellit de l’une et de l’autre des gages de tendresse et de reconnaissance, consignés dans des lettres familières que j'ai lues avec une extrême sensibilité. |
» Catherine, en montant sur le trône impérial, n’oublia pas cette anecdote intéressante de sa jeunesse; elle se plut
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même à la rappeler au Bailli de Sagromoso dans une audience publique, et ne cessa pas, depuis lors, de lui témoigner une bienveillance distinguée; c’est à ce titre qu’elle daigna Padresser au roi de Pologne, lors de la négociation d’Ostrog, avec une lettre de sa main , dans laquelle elle recommandait ses affaires à la justice de ce monarque et sa personne à son intérêt, comme un ami véritable qu’elle chérissait depuis longtemps... Il n’en fallait pas tant, Monseigneur, pour prouver à Votre Altesse Éminentissime que, de tous les chevaliers réunis sous son obéissance, ce vénérable Bailli de Sagromoso est le seul dont les travaux puissent faire prospérer la commission difficile de Russie... »
(Sur la première feuille de la lettre originale on Lit: N° 116.
Secrets de la première importance. Reçue le 6 décembre, ré-
pondu le 8.)
Pace 277.
Favorisèrent Ferdinand de Hompesch.
Quoique nous ayons déjà donné une idée du mode de procéder à l'élection d’un Grand-Maïître, on nous saura gré, sans doute , de reproduire les circonstances qui ont déterminé celle du Grand- Maître dont la faiblesse a perdu son ordre et Malte. C’est d’ailleurs la dernière qui ait pu avoir lieu dans les formes prescrites par les statuts.
Le Bailli de Hompesch s'était mis sur les rangs dès les premiers jours de 1797, et se laissa diriger par labbé Streicher, prêtre conventuel de nation allemande et gouverneur des pages du Grand-Maïître; son habileté lui assura un succès des plus complets. On trouvait dans ce choix l'avantage qu'il était d’une
nation qui fournissait peu de chevaliers. Ces considérations attirérent dans son parti le plus grand nombre des chevaliers des trois langues françaises; tous les membres de celles d’Allemagne se dévouèrent à lui; les langues d'Italie et d'Espagne se montrèrenttrès-opposées à ce choix ; la langue d’Anglo-Bavière penchait naturellement pour lui. Telle était la situation de l’ordre lorsque le Grand-Maître de Rohan s’alita, et chacun brigua alors l'honneur de le remplacer. Dans l'assemblée qui se forma chez M. le Baïlli Tommasi, pour s'opposer au Bailli de Hompesch, on distinguait les Baïllis Camille de Rohan, de Vachon, Vento des Pennes, des Barres, dom Carlos Perez de Sarrio, dom Mariano Cascaxaris, Nicolas Frisari, qui avaient également des prétentions à la Grande-Maîtrise. Le Bailli des Pennes, prévoyant des dissensions fatales, renonça aux chances fondées qu'il avait et conjura les chevaliers de se réunir à M. de Hompesch. Dès-lors, ce dernier put se regarder comme certain du succès. Le peuple et les chevaliers n’en doutaient pas, on travaillait publiquement aux nouveaux pavillons à ses armes, et les peintres faisaient son portrait avec des insignes de la dignité magistrale. Rohan vivait cependant encore.
La situation politique de l’ordre et les événemens semblaient s'être réunis pour favoriser l'ambition de son successeur. Le traité de Léoben venait d’être signé et ratifié par l’empereur d'Allemagne le 18 avril 1797 (29 germinal an V ». L'ordre se trouva dépouillé de tout ce qu’il possédait en France et dans les nouvelles républiques qu’elle avait fait éclore. Tous les souverains menacés étaient hors d'état de secourir les chevaliers. L'empereur d'Allemagne était le seul dont la protection püt être efficace. On crut donc lui être agréable en nommant un chef né dans ses États, et l’on procéda à une élection dont le résultat était connu d'avance.
: nrès la messe du Saint-Esprit, le Saint-Sacrement fut &
descendu dans le caveau des Grands-Maîtres , et il ne dut de-. meurer dans l’église que les chevaliers.
Les membres de chaque langue se réunirent alors dans leur chapelle respective, hors celle de Provence qui s’assembla dans le bas de la grande nef, parce que le régent du magistère avait été tiré de son sein. Les votans étaient appelés par rang d'ancienneté par le secrétaire de la langue dont celui-ci faisait aussi partie. On jurait sur la croix de nommer pour son chef de voix, le chevalier qui suivant sa conscience en paraîtrait le plus digne. Les procureurs de la langue vérifiaient ensuite si le nombre des billets correspondait à celui des votans. Après en avoir fait le dépouillement, on allait lire au régent du magistère le procès-verbal de la langue, et les trois chefs de voix prétaient serment, entre ses mains, de n’écouter que la voix de leur conscience dans le choix qu'ils allaient faire. Ils montaient ensuite à la tribune placée au-dessus de la porte principale de l’église. La langue de Provence termina son travail avant celles de France et d'Italie, et le régent du magistère, M. le Bailli de Montauroux, ayant été désigné pour le chef de voix, le conseil complet s’assembla dans l’oratoire et nomma pour le remplacer M. le Bailli de Belmont. Il reçut le serment du chef des voix des langues de Provence, de France
et d'Italie.
Noms de MM. les vingt quatre chefs de voix.
Provence.—M. le Bailli de Lombard-Montauroux, Grand- Commandeur et régent du magistère; M. le Baiïlli de Suffren Saint-Tropez, commandant des vaisseaux; M. le chevalier F. de la Garde Saint-Angel ,-:major de la place de La Valette.
Auvergne. — M. le chevalier J.-B: de Lasteyrie du Saillant; M. le chevalier F. L. de Bosredont ; M. le chevalier Joseph- Al. de Fricou.
France. — M. le Bailli chevalier F. de Clugny , Bailli de la Morée ; M. le Bailli L.-Ch. Honoré d’Auray de Saint-Poix, Grand-Hospitalier; M. le Baïlli Ch.-L. du Tillet.
Italie. — M. le Bailh Nicolas Frisari, Bail de Turin; M. le Bailli J.-B. Tommasi; M. le chevalier Michel-Ange Arezzo.
Aragon. — M. le Bailli D. Carlos Perez de Sarrio , Grand- Castellan d'Emposte; M. le Bailli D. Mariano D M. le chevalier D. Raymondo Serra.
Anglo-Bavière. —M. le Bailli Thoëring , ets du Turcopolier; M. le chevalier Reysing, conservateur conventuel; M. le chevalier Lauderon.
Allemagne. — M. le Bailli Ferdinand de Hompesch, Grand- Bailli; M. le chevalier de Neveu, Grand-Fauconnier du défunt Grand-Maitre ; M. le chevalier de Fiffer ce rs du château Saint-Ange.
Castille et Portugal. — M. le baron D. Rodrigue Gorgao, Portugais; M. le chevalier D. Castro, Portugais; M. le chevalier D. Vargas, Castillan.
Dès que les vingt-quatre furent réunis à la tribune, ils s’assemblèrent dans une salle qui y communique, et ils élurent pour président de l'élection M. le Bailli de Vachon-Belmont.
Les vingt-quatre, après cette nomination, se désignèrent entre eux le chevalier qu’ils désiraient voir élevé à la suprême dignité. Tous les vœux se réunirent sur le Bailli de Hompesch. Un des vingt-quatre vint, du haut de la tribune, faire connaitre aux chevaliers le désir des chefs de voix, et donna le même : avis aux Maltais, du balcon qui est sur la place de l’église, où ils attendaient impatiemment le résultat de l'élection. M. de Hompesch parut à la tribune , pour témoigner aux chevaliers sa reconnaissance de la joie qu’ils avaient manifestée à l’annonce qu'on venait de leur faire ; il se montra ensuite au balcon d’où il jeta des poignées de pièces d’or au peuple.
On alla diner à onze heures : la table des chefs de voix est placée dans la salle située près la tribune, l’usage veut qu'ils donnent à diner aux chevaliers de leur langue et ils se les divisent entre eux. Comme ils ne peuvent descendre de la tribune qu'après avoir élu /e triumvirat, ils chargent leurs parens ou amis de faire les honneurs de leurs tables placées dans les corridors qui conduisent à Saint-Jean, dans les sacristies, et chez les Prieurs et Sous-Prieurs dont les maisons sont attenantes.
Les vingt-quatre élurent membres du triumvirat :
Pour le rang des chevaliers : M. le chevalier de Sceau, de la vénérable langue d'Anglo-Bavière.
Pour le rang des prêtres conventuels : M. le Commandeur Streicher , de la langue d'Allemagne.
Pour le rang des servans d'armes : M. le Commandeur Gabriel-Michel Rouyer, de la langue d'Auvergne.
Ces trois individus s’en adjoignent un quatrième , ceux-ci un cinquième, ainsi de suite jusqu’à seize inclusivement. IL faut que, dans le nombre, il s'en trouve deux de chaque langue, et ils doivent être pris dans les rangs des chevaliers. Les chefs de voix attendent, dans la tribune, que le premier choix du triumvirat soit arrêté; dans le cas où il ne pourrait s’accorder sur cette nomination, elle doit être faite par les vingt-quatre.
Lorsque les chefs de voix dont la mission était terminée descendirent dans l’église, les chevaliers se portèrent vers M. de Hompesch. Chacun cherchait à s’en faire remarquer et à le félicitersur la dignité qu'il allait obtenir. La foule était si considérable, que ce fut avec peine qu'il parvint à la chapelle de la Vierge dont on ferma la grille sur lui.
Noms de MM. les seize, qu’un des chevaliers de l'élection appelait à haute voix.
Provence. — Le chevalier Fr. de Castellane Saint-Juers; le chevalier L. Dise de Rosans.
Auvergne. — Le chevalier A. de Ligonds-Rochsont; le servant de l'élection.
France. — Le chevalier de Balivy de Mérigny ; le chevalier Jacques Al. de Cornet-Briquesart.
Italie. — Le chevalier Ugolino Tommaso Cambi; le chevalier Suppa.
Aragon. — Le chevalier D. J.-B. Cotoner; le chevalier D. J. Ezpeleta.
Anglo-Bavière. — Le chevalier de l'élection; lcsohovalier Preysing.
Allemagne. — Le chevalier de Truchses; le prêtre de l’élection.
Castille et Portugal.—Le chevalier D. Pinto , Portugais, et le chevalier Gorgao.
Dès que les seize furent nommés , ils descendirent dans l’église, où, aux genoux du président de lélection, ils firent sur un morceau de la vraie croix le serment individuel de ne consulter, dans le choix qu'ils allaient faire, que la prospérité de l’ordre. Le chevalier de l’élection leur Ptit après le serment une courte exhortation dictée par le statut.
Les seize remontèrent ensuite dans la tribune, et élurent le Grand-Maître dans la salle où s'étaient faites les autres nominations. [ls vinrent alors demander, par trois fois différentes , si l’on consentait à reconnaître pour chef suprême celui qu'ils avaient choisi. La parole fut toujours portée par le chevalier de l'élection. La ‘voute de l'église.de Saint-Jean retentit du
oui répondu par acclamations par tous les membres de l’ordre. Les seize revinrent encore à trois diverses reprises, et chaque fois le chevalier de l'élection proclama pour Grand-Maïtre- de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem : Frère Ferdinand de Hompesch. l
Le Prieur de l’église reçut le serment du nouveau Grand- Maître, l’embrassa et entonna le Te Deum. Les cloches annoncèrent la fin de l'élection, et les portes de l’église furent ouvertes au peuple. Le Grand-Maître se plaça sous un dais et le clergé fut lui baiser les mains.
Le nouveau Grand-Maïître s'étant mis dans une chaise à porteur pour se faire conduire au palais, les jeunes chevaliers, dans l'ivresse de la joie et de l'enthousiasme, le portèrent euxmêmes.
: Le lendemain (18 juillet) il y eut baise-main général, composé de tous les membres de l’ordre et des principaux Maltais. Le Grand-Maître nomma ensuite les officiers de son palais : les chevaliers dont les emplois n'étaient point à la nomination du conseil, se conformèrent à l’usage reçu en s’en démettantentre ses mains. F. de Hompesch donna une somme d’argent considérable pour le rachat, au Mont-de-Piété, des effets appartenant au peuple.
Le conseil conféra au Grand-Maïtre, le vendredi 21 juillet
797, la souveraineté des îles de Malte et de Goze.
D’après les ordres du Directoire.
On lit dans la Correspondance inédite, officielle et confidentielle de Napoléon (tome F, 1819), une foule de pièces qui
prouvent les intentions du gouvernement français à cette époque. Nous citerons entre autres les suivantes :
Paris, 23 germinal an VI (12 avril 1798).
« Le Directoire exécutif, considérant que l’ordre de Malte s'est mis, de son propre mouvement et dès le commencement de la guerre actuelle , en état d’hostilité contre la France; qu'il en a fait la déclaration expresse par un manifeste du Grand- Maître, du 10 octobre 1793 ‘ ; qu’il a même protesté par cet acte insolent qu’il ne devait, ni ne pouvait, ni ne voulait reconnaître la république française; que les efforts qu'il a faits ayant et depuis pour seconder la coalition des rois armés contre la liberté, ont constamment répondu à cette expression de ses sentimens ; que tout récemment encore , il vient de mettre le comble à ses attentats contre la république en recevant dans son sein , et en admettant à ses premières dignités des Français universellement connus pour les ennemis les plus acharnés de la patrie, et flétris à jamais pour avoir porté les armes contre elle ; que tout annonce, de sa part, l'intention de livrer incessamment son territoire à l’une des puissances encore en guerre contre la France, et par là de paralyser la navigation française dans la Méditerranée ; qu’à tous égards, cet ordre est, envers la république française, dans la même position que toutes les puissances contre lesquelles, à l’époque de l'établissement du régime constitutionnel, la nation se trouvait en état de guerre sans la déclaration préalable de sa part, par cela seul qu’elles s'étaient mises elles-mêmes dans cet état; qu’ainsi il n’est besoin d'aucun acte du corps-législatif, pour que le Directoire
* Ce manifeste ou proclamation, publié par le rédacteur de la Gazette de
Lugano, n’a jamais été connu à Malte : on en ignore Panteur, et il est
peut-être l’ouvrage du Directoire lui-même.
exécutif prenne, contre l’ordre de Malte, les mesures que prescrivent l'honneur et l'intérêt national ;
» Arrête ce qui suit :
» Art. 14%, Le général en chef de l’armée d'Orient est chargé de s'emparer de l’île de Malte. |
» Art. 2. Il dirigera à cet effet sur l’île de Malte les forces de terre et de mer qui sont sous ses ordres.
» Le présent arrêté ne sera point imprimé.
» Signé LarÉVEILLÈRE-LEpaux , MErLIN , REWBELL, et François DE NEUFCHATEAU. »
Paris, 23 germinal an VI (r2 avril 1798).
« Le Directoire exécutif arrête : À
» Art. 14°. L'ordre donné par l'arrêté de ce jour au général Bonaparte , commandant en chef l’armée d'Orient, de s’emparer de l’ile de Malte, ne sera par lui exécuté, qu'autant qu’il le jugera possible, sans compromettre le succès des autres opérations dont il est chargé.
» Le Directoire exécutif s’en rapporte entièrement sur ce point à sa prudence.
» Art. 2. Le présent arrêté ne sera point imprimé. »
Voyez aussi, page 18, la note remise par le général en chef Bonaparte, pour s'emparer de Malte et de l'Egypte (du 5 mars 1798); page 141, l’ordre d’enlever l'or, l'argent etc., de l’église de Saint-Jean; ensuite, la lettre du général au citoyen Garat, ministre à Naples; la correspondance des généraux français Baraguey-d'Hilliers, Brueys, Reynier, Kléber avec Bonaparte, etc., relatives à la prise de Malte ; enfin, page 179; celle du général Vaubois, en date du 23 juin; il y est dit, en parlant de la jalousie des habitans contre les ci-devant cheva-
liers qui y occupent toutes les places : « Je crois qu’on doit les satisfaire pleinement à ce sujet, et qu'il faut qu’ils partent, à l'exception des plus âgés, de ceux qui se marient, et de deux où éroës pisont patriotes. »
Pace 3014.
Le Grand-Maiître rassemble le conseil.
Membres composant le conseil ordinaire de Saint-Jean de Jérusalem, lorsque les Français prirent Malte , le 11 juin
Le Grand-Maitre ;
Dom Vicengo Lubini, évêque de Malte, de la langue d'Italie; Dom Albino Menville, Prieur de l’église, Maltais, reçu dans la langue d'Italie; M. le Baïlli de Lombard-Montauroux, Grand-Commandeur ; le Bailli de Loras, Maréchal, (employé à la Porte-Royale ); le Bailli d'Auray de Saint-Poix, Grand-Hospitalier; le Bailli Cambi, Amiral; le chevalier Mattias Ventura, Lieutenant du Grand-Conservateur ; le Bailli de Thoëring, ou Torrena, lieutenant du Turcopolier (titre du chef de la langue d'Anglo-Bavière); le Bailli de Neveu, Lieutenant du Grand-Bailli (titre du chef de la langue d'Allemagne); le Bailli Sarzana, Grand-Chancelier (malade); le Bailli Camille de Rohan, Grand-Prieur d’Aquitaine; le Bailli de Tigné, Grand-Prieur de Champagne (malade) ; le Bailli de Vachon-Belmont, Grand-Prieur de Toulouse (à là Floriane); le Bailli Sarrio, Grand-Castellan d'Emposte; le Bailli Carvalho Pinto, Grand- Prieur d'Irlande (ancienne dignité de la langue d'Angleterre) ; le Bailli Vespoli, Bailli de Santa-Euphemia; M. le Bailli de Clugny;
Bailli de la Morée (employé hors la ville); M. le Bailli Gaetani, Bailli de Venosa; le Bailli Vento des Pennes, Bailli de Manosque ; M. le Bailli des Barres, Grand-Trésorier ; M. le Baïlli Frisari, Bailli de Turin ; M. le Bailli Saouza, Castillan ; M. le Bailli de la Tour Saint-Quentin, ancien général des galères ; le Bailli Gorgao., ancien Commandant des vaisseaux (au fort Manoël); M. le Bailli du Tillet, Commandant au fort Ricazoli; M. le Bailli Tommasi, ancien Commandant des vaisseaux; M. le Baiïlli de la Tour-du-Pin-Montauban, ancien général des galères (à la Cotonère); M. le Baillide Suffren Saint- Tropez, ancien Commandant des vaisseaux (à Barmola) ; M. le Bailli Robin de la Tremblaye, M. le Bailli Caracciolo di San-Eramo, ancien général des galères; M. le Bailli de Rabastens, M. le chevalier Castro , Portugais, qui remplaça le chancelier malade.
Chevaliers qui suivirent le Grand-Maïtre de Hompesch , lors de son départ pour Trieste.
Le Bailll de Lombard-Montauroux, Profès; le Bailli de Suffren Saint - Tropez, Profès ; le chevalier de la Garde Saint- Angel, Profès; le chevalier de Guignard Saint- Priest, Profès; le chevalier de Roquefeuil, page du Grand- Maître ; MM. Prepaud et Bucker, servans d'armes; les chevaliers Gabriel et Amable de Legondés, Profès; le chevalier François - Louis de Bosredont, M. le Normand , servant d'armes et sous-maître écuyer; le chevalier Miari, Profès, secrétaire du Grand-Maître ; le chevalier Desbrull, le chevalier de Sceau.
On cite aussi les chevaliers de Reinach et d'Hegneberg, les sieurs Gravagna père et fils, Maltais; Pasquali Gelsomino, prêtre d’obédience; Melan, copiste de la secrétaireriede France.
Chevaliers qui, à cause de leur grand âge ou de leurs infirmités, obtinrent du général en chef Bonaparte de rester
à Malte.
Le Bailli de Vachon-Belmont, Profès; le Bailli Vento des Pennes, profès; le chevalier de Castellane Saint-Juers, Profès ; le chevalier Siffren d'Aurel, Profès; le chevalier de Mauléon de Montlezun, Profès; le chevalier de Lary-Latour, Profés ; le chevalier de Latier-Latouche, Profès ; le chevalier de Pins, Profès; M. l'abbé Sandillau-Lacour, prêtre conventuel; M. le chevalier de Tricou, Profés ; le chevalier Silvain de Bosredont (tué peu après par les Maltais ); le chevalier Piesteils-Lachapelle; le chevalier de Luzi-Cousans (marié avec une Maltaise); M. Royer, Profès; M. le Bailli des Barres, profès ; M. le Bailli de Clugny, profès ; M. le Bailli d’Auray de Saint- Poix ; M. le Bailli de Tigné; M. le chevalier de Cyresne de Banville.
Chevaliers employés à Malte par le gouvernement français.
M. le chevalier de Raousset-Veillon (employé dans la marine); M. le chevalier de Bardonenche, Profès ( dans l’artillerie) ; le chevalier de la Cropte de Chonterac (marié-avec une Maltaise); le chevalier Jean de Bosredont-Ransijat (président de la municipalité de la cité Valette); MM. les chevaliers de‘Failly (dont l'aîné fut employé dans le génie); M. le chevalier du Pin de la Guérivière aîné (chargé d’une mission pour le Directoire), l'abbé Breuvart, Profès, prêtre conventuel ; l'abbé Belgrand , profès, prêtre conventuel.
Chevaliers qui suivirent l’escadre française en Egypte.
Le chevalier Emmanuel de Saint-Exupery de Rouflignac, les chevaliers de David-Beauregard (frères), le chevalier Marie du Lac, le chevalier Jean de la Faye, le chevalier Marie d'Hébrail, le chevalier de la Panouse du Colombier, le chevalier César de la Panouse son frère, le chevalier Scipion du Roure- Brison , le chevalier Prosper d'Hautpoul , le chevalier de Pina, les chevaliers Charles de Ranc-Vibrac, de Chanaleilles, de Bourassol, de Lascaris, J. Durand de Sartous, H. Despierres de Bernis, de Saint-Félix, l'abbé Alphéran (Prieur de Saint-Jean d'Aix); le chevalier Juignién de Lescours, du Peyroux de Jardon , de Conti de Faletans, le Groing , de Montgenet, de Pierres, de Sainte- Colombe, Gabriel de Begue, de Bude-Guébriant, de Saint-Simon Saudricourt, Achard de Bonvouloir, Gaspard de Morel de Than, d’Auray dé Saint- Poix, Lefebvre du Quesnoi , J. Ch. A. Le Rebours, de Bouctier, d'Andigné, du Buat, de Saint-Léger, de Saint-Pierre, de Kergu, de Bourbel, de Milleville, de Cheffontaines, de Castillon Saint-Victor, de Jeanvre, de Grolier, de Saint-Chamans, le commandeur Tousard, Profès (servant d'armes).
Chevaliers embarqués sur la frégate française la Sensible, pour revenir en France.
Les chevaliers de Catelan, frères ; d’'Omonville, les deux abbés Wasses frères. |
Les suivans obtinrent des passeports pour se rendre à Antibes, ou ils furent retenus :
De Thoron Artignose, E. de Tressemanes, de Gueidan, les chevaliers de Saint-Félix, de Roquefeuil, de Margalet, de Grimaldi, de Rafelis, de Douhet d’Auzers, de la Panouse du
Colombier, de Bournazel, du Perrier, les chevaliers de Bonnefoi (frères), de Revel, d'Amalvin-Montazet, les abbés Lombard, Gras, Arnaud, Montané, Vautre , Courlet, Beuf, Dacla, servant d'armes; les chevaliers de Bocsozel, de Chazeron , de Montdor, d'Albon, de Guillaumanche, des Rois (frères), du Doussay de Pierrefite (frères), Lasteyrie du Saillant, du Peyroux, l'abbé Parieu, les abbés de Bancenel, l’abbé Boyer, l'abbé de la Varde, Jacson, servant d'armes; le chevalier de Montcanisy, de Mallard, de Damas, de Drucourt, de Forget, de Chantilly, de Clermont-Montoison, de Cornet - Briquesart (frères), d'Estourel, de Tigné, de Cantivy, de la Grestière , de la Châtre, Dufresne, de Mondion, de la Rivière, du Pin de la Guérivière, de Rochebouet (frères), de Livienne, de Merigny, Joseph de Gondrecourt, de Greische (deux frères), de Rosières (oncle et neveu), de Folin, de Caulaincourt, d’Alencon, de Bejarry, de la Houssaie, l’abbé de Lisle, l'abbé le Nor-
mand , M. le chevalier Rouyer Profès, maître-écuyer.
Chevaliers qui, forcés de quitter Malte, ne furent point en France. #
De Sobirats, d'Urre, de Durand Sartous, de Seytres-Caumont , de la Treille , de la Tour-du-Pin-Montauban, de Peyre de Châteauneuf, de Rosens, de Gras, de Fabry, de Tressemanes, Désisnards, de Roquefeuil, de-Damas, de Morge, de Fumel, de Solages, Chef de Bien (deux frères), de Berulle, de Roux, de Faucon, du Puget, du Four de Barbazan, de Barbentane (deux frères), de Mallard, d'Ordaigues, de Vic, de Chaussandre, de Parlan, de Ginestoux, de Bellisen, de Beaumont, M. Ricard (P),servant d'armes ; le Bailli de Loras, le chevalier de Rivoire, de Dienne, de Laquenille, de Fargues, de Rigaud, de Corbeau, de Lasteyrie du Saillant, d’Andelare, de Châtelet, du Tillet, le Bailli Camille de Rohan , Balathier,, de Bataille, de
Bizieu , de Mesgrigny (deux), F. de Mesgrigny, de La Trem-blaye , de Rechignevoisin, de Villefranche , de Thuisy, d’Argenteuil, du Châtel, de Villiers (deux), de la Tour Saint-Quentin, de Gournay , de Méry, d’Anneville ( deux ), de la Houssaye, de Moyria, de Clermont Mont-Saint-Jean, de Tramecourt (deux), de Gouberville, de Sassenay , de Macheco, des Reaulx, de la Rivière, le Rebours (deux), de Greische- Jallaucourt, de Bernis, de Perrin, de Morel, de Beaucorp, de Villecomte, l'abbé Wathour, l'abbé de Jeanvre, M. Beckrer, servant d'armes; les chevaliers de Campredon (trois), de Monferret, de Sayarigue , de Pagès.
Chevaliers embarqués sur l’escadre française quand elle se ’
présenta devant Malte.
Le chevalier Ch. Fortuné de Tressemanes-Brunet, le che-
valier Guy de Gratet Dolomieu, le chevalier de Picot de Moras.
Pace 307.
Chargée de consentir à une capitulation que rien ne justifie.
Convention arrétée entre la république française, représentée par le général en chef Bonaparte, d’une part, et l’ordre des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem , représenté par MM. le Bailli de Turin Frisari, le Commandeur de Bosredont- Ransijat , le baron Mario Testaferrata , le directeur Nicolas Muscat , l’avocat Benedetto Schembri, et le conseiller Bonnani, de l’autre part; et sous la médiation de Sa
Majesté Gatotique le roi d *Espagne, représentée par M. le chevalier Filipe Amat, son chargé d’affaires à Malte.
Article 4%. Les chevaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem remettront à l’armée française la ville et les forts de Malte : ils renoncent en faveur de la république française aux droits de souveraineté et propriété qu'ils ont, tant sur cette île, que sur les îles de Malte, du Gozzo et du Comino *.
Art. 2. La république emploiera son influence au congrès de Rastadt pour faire avoir au Grand-Maître, sa vie durant, une principauté équivalente à celle qu’il perd, et, en attendant, elle s'engage à lui faire une pension annuelle de trois cent mille francs; il lui sera donné, en outre, la valeur de deux années de ladite pension , à titre d’indemnité pour son mobilier. Il conservera pendant le temps qu'il restera à Malte les honneurs militaires dont il jouissait ?.
« Aucun député ne prit la parole sur cet article, dit M. Doublet, excepté Hs à qui l’on imposa silence. » (Relation manuscrite.)
« Quelqu'un, continue M. Doublet, ayant observé que cette pension était modique en comparaison des revenus du Grand-Maïître : « 11 la mérite bien peu , » reprit le général en chef, soit à cause de son animosité contre la France, soit par les rapports qu’il avait formés avec la Russie. « M. Doublet, prenant alors la parole, crut devoir justifier le Grand-Maitre en détaillant ses relations avec Paul Ier, qui, ayant désiré voir changer le nom de Grand- Prieuré de Pologne en celui de Russie, avait été tellement satisfait de ce changement accordé par Hompesch, qu’il s’honorait de porter une croix en diamans que lui avait envoyée le Grand-Maïtre; qu’à son tour, l'Empereur lui avait adressé de magnifiques présens, en lui proposant un deuxième traité pour la fondation de soixante - douze commanderies en faveur de la noblesse du rit grec de son empire. \
» Les autres articles furent également signés après grands débats, et M: Doublet seul, n’ayant pas voulu y ‘adhérer, prit les devans, afin de prévenir le Grand-Maitre et le conjurer de mourir plutôt les armes à la main