‹ Monumens du musée Chiaramonti, décrits et expliquésChapitre 11 sur 50 · DANS L'ÉDITION DE ROME · texte numérisé non relu

DANS L'ÉDITION DE ROME

CyE n^est pas à la qualité de son climat y ou au caractère plus particulièrement na^ turel aux indis^idus qui naissent sur lé sol latin y que Aome, cette cité auguste , doit Fai^anttige d'être le siège des beaux-arts et leur ecole la plus renommée. On a vu des artistes i^enus des régions lés plus éloignées^ pour respirer sous ce ciel heureux , attein-dre dans les arts à la perfection la plus brillante ; et les gouvernemens eurent à cœur que ceux qui se sont sentis entraînés à ces utiles études, reçussent dans cette wlle leurs premières leçons et y apprissent à rivaliser les ouvrages des ÇrecSy nos maîtres dans les arts y et les lieureuses imitations qu'en firent les jCatins.

Xes restes dés édifices anciens , qui , après avoir bravé les atteintes destructives du temps pendant des siècles y s' élément, encore au-

joiirdhui parmi nous superbes et majestueux ^ sont y èr ce qu'il nous semble , plus que tout autre chose , la puissance créa^ irice , qui elesse Vame de la jeunesse studieuse s^ers tout ce qui est grandiose et élégant en même temps , qui habitue ses yeux et son esprit à se reposer sur des idées su- .blimesj bien autrement que ne pourraient le fair e les dessins ou les préceptes des plus habiles maitres. oi coté de ces monumens antiques, on peut encore ranger y comme formant une école impérissable et perpétuellement influente y la réunion et T enchaînement qu^ont entre eux tant de modèles, appartenant aux arts du dessin y qui se rencontrent partout dans Rome^ lesquels, quoique n'ayant pas tous la même perfection y n'en sont pas moins propres à fournir d'excellentes connaissances et des préceptes surs dans Vart , tous offrant aux yeux de l'ar^ tiste le tableau de la beauté naïve , et tous le plaçant sans effort et sans qu'il s'en aperçois^e , dans le chemin le plus sûr qui le corèduise à la noble imitation de la natiare.

Ce fut donc une inspiration grande et

Utile qui anima cAdtre ébwerain Sbntife

Sie VII y lorsffuHl ordonna de rétablir ce qui nous reste de plus admirable de la grandeur romaine (i). Sue ménte que par ses soins on a fait de solides réparations au Colliséej qui menaçait de tomber en ruines^ on a pourvu à ce que les regards de Vantateur y surprisy étonné de tant de beautés, se portassent plus facilement sur V édifice appelé le SPaathéon ^ sur V ancien théâtre ^la^

i^ius y sur des arcs (t?) , des temples (3)^

(i) Lei arcs de ramphitédtre Flavius \ du côté gui regarde le Latran^ étaient si détachés^ si endommagés , quils menaçaient de leur chute prochaine, enportant une grande destruction dans le resto» Le $• Pire ordon* na^par t entremise deS*E. Reu* Monseig. Lante^ tréso* rier général, que d'habiles mathématicens et des archi" tedes experts prissent le soin de veiller à leur con^ sensation f et ceux-ci^ en faisant construire un fort éperon^ les ont assurés pour toujours.

(a) Les excavations qui ont été faites autour des arcs de Septime et de Constantin j le nétpyement de <ottles les parties du Collisée, ontdonné un nouvel éclat à ces superbes monumens.

(3) Le temple dit de la Sjbille Tyburtine , très-endommage par tant de siècles qui se sont écoulés j et par le peu de soin qu'on en avait pris , a été remis en meiU leur état par ordre de S. S, ; et il a été réparé dans les endroits qui pouvaient encore y causer des ravages. Par les soins généreux du Souverain Pontife, on

qui jusques là paraissaient a\^oir été né* §ligés ou abandonnés totalement.

Ce Sïmtife ayant ordonné j avec une prévoyance qui ne sera pas moins as^antageuse tai public^ que Von mesurât de nouveau les édijfices les plus remarquables de V ancienne tòome^ et après en avoir confié le soin à ^des mains habiles (i) a fondé par-là pour V architecture une école pareille à celle qui fit rudlre les Palladio ^ les Sramante j les Buonarroti et tant d'autres hommes célèbres, lesquels, dès la rennaissance des artSy portèrent V architecture au degré de grandeur sublime qui rivalisa celle des anciens*

voit à présera dans S. Nicolas în Carcere, une par» tie des restes de ces anciens temples qui avaient existé dans ces Ueux. Nous ne dédaignerons pas de mettre parmi le nombre des restes précieux de t antiquité le petit temple du Bramante qui a été restitué à sa première magnificence sur le Janicule*

(i) M. Vincent FeoUj graveur^ avait entrepris une nouvelle édition des édifices de Rome ancienne^ mesu^ tes et gravés par Desgodetz. Le 5. Père a acheté cet ouvragepour la Calcographie Camerale. AT. Joseph Va* ladier, architecte^ directeur de cette Calcographie, sera chargé de rectifier les mesures des monumens^ et pour cela de/aire des excavations s'il est nécessaire j enfin de tout ce qui peut contribuer à rendre Fouvrage par/ait.

olbais si ces dispositions du <9Dus^erain Spnr

tifs suffirent pour favoriser le plus utile des beaUx<irtSy son esprit rCa pas négligé cependant tout ce que les autres attendaient également de lui- odussi en a-t4l ingrandì et rendue plus facile V école en y introduis sont des institutions nouvelles et nécessai-* res , en y fondant des prix nouveaux pour exciter la jeimesse (i)y en honorant ^ par des distinctions qu'il a crées yles professeurs et les maîtres (2); il a trouvé ainsi le

(i) L'ucadénue du Nud ayantété tranférée sur le chemin du Cours , a été rendue par'là plus commode à la jeunesse y et ayant été agrandie y elle contient un plus grand nombre d'élèi^es. Le local étant plus éten^ du a pu admettre Jt autres établissemens utiles comme racole de la ronde bosse» Lorsque la sale d'exposi^ tion sera achevée j on pourra voir commodément les productions des arts dans tous les genres.

(a) La leUre écrite par S* Em. le Camerlingue au nom de S. S. en date du 10 août iSoi, dans laquelle le Souverain nomme le chev. Canova inspecteur général des antiquités et des arts de Tétat Pontifical ^ de même que cela fut fait à égard de t immortel Raphael y donne une preuve de la haute faveur que S. S. accorde aux artistes. Elle est encore bien ex^ primée dans le Bref accordé à F académie de S. Luc^ qui confire le titre de chevalier y avec une distinction nouvelle^ aux premiers artistes de cette Académie ^choisis par elle-même.

moyen ^{f animer le courage de ceuca qui cultivent ces arts j à redoubler de soinSj de trai^ailfd^étudeSy enfin pour tout dire à cher-cher la perfection.

£e Vatican était déjà le dépôt le plus sacré de la peinture par les œus^res irflfnortelles dun éiuonarrotij d'un éiaphael; et le câbusée ÇPie-Cléméntiny si fameux, renfermait un grand nombre de morceaux les plus précieux de sculpture des aj^ciens. ^etempie des arts , car nous pouvons Fappeler ainsi j n'a plus suffi pour le génie magna^ tiime de Sie VIL xAlors il a dû créer dans le Vatican même un nous^eàu dûbusée , di^ gne du lieu y et digne aussi de son nom. dl est placé près du ofbusée iPie-démentin > fit

sa principale entrée est par les loges du Va-

tican. £e dtbusée des inscriptions ^ qui a pris une forme plus belle j lui sert de vestibule y en même temps qu'à la ^Bibliothèque f^aticane. ^ette collection d'inscriptions antiques j qui n'a pas de pareille dans VCu^ rope y a été placée dans cet endroit et embellie par le <f. SièrCy qui encorcy après Vas^oir fait disposer m^ec une exactitude intelli^ gente par oêbonseig. Çaetano dUbarini , Va

augmentée par différens objets précieuœ

quii a rassemblés ( i ) , en outre des rares

(i) Quoique dahs ceUe collection d'ançiennçs inscris plions on ait réuni celles des Soui^erains Pontifes Oé^ ment XI F' et Pie Vl , cependant il y en a une grande quantité recueillies par- les soini du Souverain Pon* tife Pie VII. En outre de celks qui! a fait adietet à des sculpteurs ou à 3'autres , beaucoup ont été retirées des fouilles ordonnées par la Chambre Apostolique^ Toute la collection qui ornait le palais de feu le cardinal Zelada a été transportée ici^ de même que celle de AL Gaietti j celle de f avocat Pasquale di Pietro^ donnée par S. Em, le Cardinal Michel di Pietro son frère , et d'autres collections encore» Les bases por^ tant des épigrapJies qui étaient dans les Jardins Giu^ stiniani, ont été données à ce Musée par le chev. Ca* nova* Ce trésor 'vient d'être augmenté depuis peu par la belle collection donnée par Monseig. Antonio Lam^ berta Rusconi auditeur de Roù* , cet amateur éclairé des objets de t antiquité a\^ec lequel ^ lorsqu'il n'était qu auditeur du Camerlingue ^ nous^ en qualité de Com^ missaire pour les antiquités , et avec la charge Jtas^ s'esseur pour la sculpture , coopirdmes à la conseT'* vatiotk des mòtiumens antiq^es pendant plusieurs lus" très» Il put réunir dans une délicieuse maison quii avait dans les fauxbourgs , presque toutes les célè^ bres inscriptions de Capoue > et plusieurs ÇLutres trou-» vées récemment : il en a fait présent au S, Père comme une preuve de son attachement à eette illustre ^ cité, jyoufi ne devons pa$ négliger de joindre aux noms de ceux qui ont donné des inscriptions au nouveau Mu* sée Monseig. Gaetano Mc^r ini , qu'on y n transporté tou'

inscriptions que les fouilles faites à Ostie ont soumises à Vattention des érudits.

Se Musée Chiaramonti est remarquable par son étendue , quoiqu'il ne soit pas encore terminé. Le choix , le placement des antiquités y ayant été confié au ches^. ^a^ nos^a y c^est assez dire pour en faire t éloge j et par ce premier essai que nous publions j le public pourra se cons^aincre de la vérité de ce que nous s^enons d'avancer.

éi nous suis^ions la méthode adoptée pour le dlbusée SPie-^mentin, nous devrions faire précéder les discours par le plan du 6K>u* sée lui-même , mais comme sa construction n'est pas encore achevée , nmis l'avons réporté aux temps suivans ^ et nous nous bor-^ nerons seulement à rendre compte ici de la méthode que nous nous sommes proposés de suivre dans nos explications, que nous avons taché de rendre faciles et com-

tes celles quìi possédait soit du paganisme j soit du christianisme , en assez grand nombre ^ et il a en oU" tre donné à la Bibliothèque enuiron mille tuiles à épigraphe ^ lesquelles seront un jour placées sous les Jenêtres de cette Bibliothèque , et qui formeront uno collection très-singulière dans son genre.

modes pour les amateurs, comme pour ceux

qui étudient les beaux-arts y en nous con^^ formant en cela aux sages a^is de olb. le chev. f^anoi^a.

cAdus nous sommes écartés, dans la dis* position des monumens, de la règle que Fon s'était prescrite dans le oitusée iPie-Clémentinj en ce que dans le noire les statues j les bustes j les bas-reliefs , sont mêlés en-semble , afin ile pouvoir nous en sers^ir en même temps pour traiter chaque sujet, ^om^ me la classification adoptée par WinckeU mann dans la description du oftusée de étosch , comprend , après les S)ieux , leurs suivons f nous avons pensé que cette méthode pouvait nous convenir davantage ^ comme nous dispensant défaire de fréquentes et d'inutiles répétitions , et il nous a paru qu'elle formait un traité plus complet sur chaque sujet y mais nous avons de plus suivi le même ordre dans la classification des objets.

Considérant néanmoins que le (Abusée Chiaramonti est une suite j ou un complément * du (Musée Sie-Clémentin j nous avons regardé notre ouvrage comme une continua^

IO

tion du précédent, cdinsi sans répéter tout ce que Von trousse dans cet oui^rage , nous Tarons cité lorsque P occasion s'en est pré-sentée y en cherchant à ne faire qu'un des deux ombrages y le plus qu'il était possible y pour Fayahtage de ceUx qui voudraient se livrer à cette étude. Nos explications sont courtes , mais elle^ sussent pour donner une idée du monument y et nous nous sont* mes étendus davantage dans les notesy pour donner tous les éclairoissemens qui peuvent établir la preuve des choses avancées.

t/^us avons apporté le plus grand soin dans la description de chaque sculpture; nous avons indiqué la dimension , la qualité du marbre , et les restaur niions. cA^us devons beaucoup à cet égard aux secours que nous a donnés c/k. o^ntonio d Cste y sta^ tuaire , lequel nous a aussi fait patt de ses observations sur le style des monumens ,. observations dues en partie à ses lumières propres , et en partie le résultat de celles du chev. Canova»

oVôus avons choisi d'abord les moffumens les plus remarquables de chaque sujet; cependant les acquisitions qui ont étéfaites depuis^ ayant donné à ce ofbusée quelque beau mor-

ceau cui a des rapports directs as^ec ces mê^

mes sujets , nous serons obligés par cette rai^ son , après as^oir expliqué dans les premiers volumes , avec ordre j les antiquités les plus méritantes , de leur ajouter quelque va* lume de supplément , dans lequel nous sui* i^rons le même ordre , et où nous indique-rons les sujets auxquels on destra lesjoindre.

cZ/ôtre intention est de donner le plus grand intérêt au dernier tome par ce supplément en y ajoutant une indication exacte et con'cise de tous les monumens de ce oiCusée y ojferts par un petit contour , rappelant ainsi sous leurs places respectives tous les marhres expliqués dans les volumes précédenSj et présentant de cette manière aux lecteurs un cours de la science dès antiquités fondé sur plusieurs centaines de monumens antiques j réunis, pour ainsi dire, sous un même aspect. Comme nous sommes persuadés que nous n^ avons épargné aucune précaution pour être exacts , que nous n avons pas manqué de- bonne volonté y et que nous avons eu pour le public tous les égards qu'il mer/te , nous nous flattons que nôtre ouvrage en obtiendra un accueil favorable.

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