‹ Monumens du musée Chiaramonti, décrits et expliquésChapitre 12 sur 50 · PLANCHE I · texte numérisé non relu

PLANCHE I

Buste d'Isis *.

Noos ^ ..ffi«^«,.p.r.éd«,.„««pré&c tie la méthode que nous nous sommes propose de mdyre dans nos observations sur les plus beaut monumens du Musée Chiaramonti. En commeuçant par les superstitions égyptiennes , nous suivrons l'histoire , qui nous montre dans l'Egypte un peuple lequel de tous ceux qui furent livrés au paganisme est le plus ancien qui pratiqua lesrils religieux et cultiva les sciences et les arts. Hérodote nous apprend que les Egyptiens furent les pre-

"* Il a en tout sept palmes et demie de haut. Le marbre , appela ordinairement cipolla , est pentélîque. On a fait au YÎsage plusieurs restaurations, et la fleur de lothos a été ajoutée d'après une indication vraisemblable.

miers qui dressèrent des auteb dux Dienx et qui leur consacrèrent des temples et des images (i).

Nous commencerons par Isls, divinité Panthéenne, à laquelle Apulée fait dire d'elle-même « Je suis la nature , qui créa tout , la maitresse des élémens , la première source des siècles oh tout commença^ et la plus puissante des Dieux (2). »

Cependant en attribuant ce premier monument a Isis , nous avons trouvé nous mêmes beaucoup de difficultés. Gori fut le premier qui publia ce buste dans ses observations sur les inscriptions de Doni; et il supposa que c'était l'image d'une prêtresse de Cybèle ou d'Isis (3). Winckelmann eu parlant d'elle par occasion , l'a nommée un bu ste de Cybèle (4)- A la vérité ni l'un ni l'autre ne s'éloignaient pas trop du sujet en lui donnant cette dénomination, puisque Cybèle étant aussi et la Nature et la Terre, ses attributs se confondaient avec ceux dlsis. Selon Servius , le nom d'Isis ne signifie pas autre cbose que la Terre dans la langue égyptienne (5) ', et chez les anciens Isis comprenait toutes

(i) Jtem prîmos tpsos {Aegjrptios) Dits et aras, et st^ mulacraj et delitbra statuisse. Hérod^i.^ livre II ^ 4 ; P> 90.

(!2) Rerum natura parens , elem^Morurh omnium domina, seculorum progenies initiaUs ; s^ma numùutm. Apnl. , Met. ^ liv. X[ ^ p^gc ^4^ y 7*

{Z) Gorius , Commentarli ad Inscriptiones Domanas , tab. VHl^ num, 3^ page LXXl.

(4) Winckelmann y Monum. inéd.^ tome 11^ p. 7.

(5) Isis autem lingua Aegyptiaca est terra , quam Isim volunt esse, Servius ad Virgii. Aeneid. VIII ^ v. 69G.

i5 les divinités (i). Mais lorscpie le sculpteur M* An« tonio d^Este, soigneux observateur, eut aperçu sur le sommet de la tête de ce buste des vestiges certaius de quelque chose doot ^Ue était surmontée,

(i) Les poètes et d'autres auteurs anciens grecs et latins y attribuent à Isis les propriétés de toutes les autres divinités. Sîmplicîus^ commentateur d*Aristote^ parlant de la Déesse Sjiia, s'exprime ainsi : geaï ii ^epivyv 9è w^ xoç XéyercLé ^oXÀóku;' ho naì xriv ovpiav çarcLparf^v TÓ^op 9eôv naXovatf nal ri^p î<nv oî dtyviJTMê , ôç XoÀXôp 9eôv idi&tfiraç X€piej(t>vatiç, Rerum etiam complexio locus vocatur , aique ideo Syriam deam Ataratem locum dfiorum nominante ut et Isîm Aegjrptu ^ guod mul* tarum deartan vint et smgulares naturas uno quasi loco contineant. Ad Arîst. , liv. lY, Auscult. Phys. fol. i5o. a. Apulée l'appelle emphatiquement dans le commencement du liv. XI, p.a58, an. Regina cœli, sive tuCeres aima Jhigiim parens origînalis • . • seu lu celestis Venus • •.> seu Phoehisoror . . . triformi fade larvales impetuscomprimens , terrae<jue claustra cohihens. Dans un autre passage du même écrivain , Isis dit d'elle-même cujus numem unicum . . . . multiformi specie , ritu vario, nomine multijugo totus veneratur orbis. Ltv. XI, page ^^\, i3. Ce fut par cette raison qu'on l'appela Myrionima , ou qui a dix mille noms , comme l'indiquent les inscriptions antiques dans Grùter, page LXXXIII, ii , et dans Fabretti, Inscr. AnXiq, , page 4^ 9 ^* 'o^- L'insriplion de Capoue rapportée par Ptgnorius dans la table Isiaqne , p. 3^ vient 9t%%eL à propos ipour ce sujet :

VNA • QVAE ES • OMNIA

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