‹ Monumens du musée Chiaramonti, décrits et expliquésChapitre 38 sur 50 · JO · texte numérisé non relu

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pletaient le bortège triomphal de Bacchus Dionysiaque.

il parait vraisemblable qbeles Victoires du triomphe de ce Dieu devaient être aussi ailées. V. Athénée , liv. Y , ch. VIII^ page !io3. Par ce motif nous croyons qae cette figure réprésente une Bacchante qui porte an trophée des Indiens déjà vaincus , puisque c'était la coatume même parmi les nations les plus anciennes d'enlever les armes k l'ennemi vaincu ou tué^ pour les offrir aux Dieux. David plaça dans le tabernacle Fépée de Foliath. Reg. I^ ch. XXI, v. 9. Ulisse fit un trophée des armes de Dolon y et les consacra à Minerve. Homer.j lliad. , liv. X y V. 460. Hector promit à Apollon les armes du vaincu. //«Vwi, liv. VII, v. 85. A l'appui de celte opinion^ nous avons Nonnus qui dit que les Bacchaatcs enlevèrent les armes et les richesses qu'elles trouvèrent dans le camp des Indiens vaincus ou morts, qu'elles formèrent des danses joyeuses en frappant sur les boucliers , avec les armes de l'ennemi , et qu'elles revinrent au bout de sept ans triomphantes dans leur patrie. V. MonnuS; Dj-onis. , liv. XL , V. *i4a et siuv. Les trophées devinrent ensuite un ornement principal des triomphes dont Bacchus était l'inventeur. Dénis d'Halicarnasse appelle le triomphe une pompe sacrée et tropaepora. V. liv. n, ch. 34. Athénéo décrivant le pavillon de Ptolomée Pbiladelphe orné pour son triomphe, le fait voir décoré de boucliers et d'autres armes qui sont suspendues autour ; Athénée^ liv. V, ch. VI^ page 196, F > et aussi liv. V, ch.VIII^ pageao2,E, on dit que beaucoup de cuirasses, de boucliers et d'autres armes enlevées à la guerre fo^ maient de graods tromphées que Ton conduisait sar des chars. Les arcs de triomphe des empereurs romains encore existans sont ornés de trophées des armes de Teonemi^ et si on les voit souvent soutenus par des Victor res , elles sont presque toujours ailées et le plus souvent volantes.

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Les trâces dû groupe ^ul étoit sur le char sont

n iacertaines , que c'est avec peine qu'on peut s'as*

A prdsent que noas avons proavé qae la figure décrite n'est qu'une Bacchante^ qui porte un trophée près du* char de Bacchus vainqueur^ bous pensons avoir trouve le même sujet dans la figure publiée^ pi. X du tome II des Bronzes d^Herculanum. C'est une petite statue d'une jeune ' fille presque toute nue : une légère draperie qui est sur son épaule gauche voltige autour d'elle. Dans sa maîu droite elle tient un trophée composé d'une cuirasse et de deux ochreae , et sa droite^ agréablement passée par-dessus de la tête , le soutient. Cette figure a ses cheveux rattachés par des bandelettes: ses bras sont ornés de plusieurs brasselets ^ autour de son cou pend un très-grand collier qui retombe sur son sein ; et son corps délicat est traversé par une guirlande posée sur son épaule droite. Ses pieds ^ qui forment des pas de danse, sont chaussés d'une espèce de soulier ^ et dans ^a pose bien contournée, on voit respirer un sentimient de mollesse et de lascivetc. Ces doctes académiciens ont cru qu'elle représentait une Victoire, et nous pensons absolument que ce ne peut être qu'une Bacchante. Ces écrivains ont dit d'abord que la figure était d'un style étrusque , et ces peuples étaient ceux qui donnaient des ailes k beaucoup de divinités, auxquelles les Grecs et les Latins n'en accordaient pas. De sarte qu'il était extraordinaire qu'ils les ôtassent à une divinité que tous les autres peuples représentaient ailée. Si quelquefois la Victoire se trouve être décrite sans ailes, ce fut pour indiquer qu*ell« était permanente, mais jamais on ne lui donna -cette attitude. En second lieu nous ne nous rappelons pas d'avoir vu des Victoires entièrement nues ; il y en a de découvertes de la ceinture en haut -, cela provient des ailes qui ne doivent pas être attachées aux habits. Ces vêtemens se voyent généralement enilés par le vent ; ainsi ce que dit Ovide peut bien leur con* V£nir^ Meiam.j lîv. 1 , v. 5a8;

surer quel était son ordonnance. On découvre trèsclairement , par la palme , la Victoire qui la tenait

Ohviaque €uiversas vibrahant flamina vestes* Et le mâme, Met., liv. Il, v. 875:

.... tenues sinuantur flamine vestes.

Le mouvement des figures de la Victoire ne fut jamais celui d'une danseuse 3 on la rapresentaît volant ^ et c'est ainsi que les anciens poètes la peignirent :

Adfuit ipsa suis aies Victoria tentplis.

Claudien , de VI Cons. Honor. > v. 597.

. • . • Duhiis volitai Victoria pewiis*

Ovid., Met., liv. VIU, v. i3.

.... Rutilas Victoria pinnas.

Explicat.

Prudent. , contra Sjrm. , liv. II , v. a8.

Autant cette nudité convient peu à la figure de la Victoire , autant elle est «propre à caractériser des Bacchantes qui dansent , et sur tout celles de l'ancien style. Par cette raison nous laissons de côté les exemples des bafreliefs et des pierres gravées qui seraient en assez grsnd nombre ^ nous nous bornerons k citer ceux des vases ap* pelés étrusques y parce que nous en pouvons tirer quelques-uns de ceux de Passeri. Une Bacchante, pi. CXXHI du tome II, est presque toute nue , et elle a un baudrier qui traverse sur son dos. Sur un autre vase du même tome II y pi* G XXXIX y sont deux Bacchantes nues ayant un collier y le corps traversé par deux bandelettes en baudrier^ toutes deux tiennent une corne pour boire. I^u* autre Bacchante^ k la pi. GXLVI, dansant avec an satyre a seulement une petite draperie , et un double baudrier comme les autres. Enfin on voit à la pK CXLI^ une Bacchante qui danse avec un Silène. Donc si tontes les raisons apportées prouvent qu'on ne peut pas croire que celte figure soit une "Victoire, beaucoup de justes conjectures démontrent qub ce doit être une -Bacchante*

%']5 daos sa maia gauche , et on peut y distinguer avec assez de probabilité la couronne , qu'elle paraît pla«

Nous ne dirons rien des bracelets^ du collier^ toated choses qui conviennent à des suivantes de Bacclins^ mais nous dirons que les guirlandes qui les ceignent ne se trouvent qu'aux figures Bacchiques. Nous n'en citerons pas des exemples , lorsque nous avons vu cet ornement k Bacchus, aux Faunes^ aux Centaures , .et jusqu'aux animaux fe'roces consacrés a ce Dieu. Ce qui le démontre avec plus d'évidence y ce sont ces espèces de souliers dont elle est chaussée. Nonnu^ dit en parlant des Bacchantes ;

Induit argenteas plantas purpurei cothurnis. Non., Dionjrs. ^ liv. XLV^ v. aS^.

Dans un autre endroit il raconte que les Bacchantes, chaussées de simples cothurnes , avaient vaincu les Indiens ai"més de fortes ocreae de bronze :

Da miîu flavos calceoi ferre , quod ipsae Infractae ocreae inclinatae sunt a cothurnis* Non. , 1. c. ^ liv. XXX , V. a8.

Car si les cothurnes de chasseurs couvrent , comme nous l'avons observé ailleurs, presque toute la jambe en se laçant dessus, cependant les -foce/ et les cothurnes , que l'on voit aux jambes des personnages tragiques et comiques , ressemblent bien souvent aux soulieis de la figure eu question. Sur les vases étrusqnetf cités , on voit des Ba^ chantes et des Faunes avec des chaussures absolument semblables, comme dans celui de la pi. CXXIIl^ CXXXIX, CXLYI , ÇXLIX , tome II , et autres. Ce qui donne de la certitude au sujet ce sont ses pas de danse. Les anciens poètes ont décrit les danses ( saitationes ) Bacchiques et militaires^ en commençant par Homère, comme on peut voir dans les antiquités Homériques d'Everard Titius, liv. IV, ch. V. Nonnus, après avoir raconté 1% victoire deBacchus, amene, sur le champ de bataille même, la danse de l'armée de femmes triomphatrices. V. liv. Il

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