‹ Monumens du musée Chiaramonti, décrits et expliquésChapitre 23 sur 55 · PLANCHE IX · texte numérisé non relu

PLANCHE IX

Les Dioscures \

Ce petit fragment , élégant , maltraité par les

(i) Hygin. , fab. LIV, page i o i . Thetidî Nereidi fatum fuit , qui ex en natus esset , fortiorem fore quant pater. Hoc praeter Promethêus cum sciret nemo ^ et Jovisvcl let cum ca concubere , Prometheus Jovi pollicetur , se cum praemoniturum, si se vinculis liberasset. Bien que Hygin raconte ainsi cette aventure, cependant elle est racontée bien diversement par d’autres, car Lactance prétend, liv. (, ch. II, p. 55, que Jupiter fut averti par Thémis.

* Ce fragment de candélabre est sculpté en marbre appelé grecfietto : il est haut d'une palme et demie : les figures ont huit onces de hauteur. Il a appartenu aux frè-

injures du temps , mériterait de tenir nne place dis* tinguée dans les plus riches Musées par le taleoc qui brille daus sou travail et par la singularité du sujet. Il a fait partie de la petite colonne ou fut, ou , à proprement parler, de Pescape (i) d’un candélabre antique , d’un travail Irès-délicat , et qui peut-être était place dans quelque temple dédié aux Castors (a).

res Piranèsi , et on sait qu'il provenait de la Villa Albiini. U est bon de remarquer que la sculpture ne fait pas le tour du balustre , mais un peu plus que la moitié , Ce qui prouve que dans l’antique il n'était pas tout & fait isole , mais qu’il était place dans un lieu où l’on n’en voyait qu’une seule partie. Il y a du côté oppose' un simple ornement, qui est travaille* très-négligemment.

(i) Pline donne le nom d'EUcape au fut des candélabres, parce qu’il indique vraiment la tige des plantes; Vitruve l'a employé de même pour le* colonnes , appelant de ce nom celle partie qui est entre la base et le chapiteau. V. Pline, Jlist. mit. , liv. XXXIV, chap. III, tome V, page tfi. Non* ne parlerons point de* formes et d s usages dilTéreiis des grand* candélabre* , cette matière ayant été traitée par monseig. Gaelauo Marini , dans son discour» inséré dans le tome III du Journal de Pise , p. i5(j, sur trois candélabres achetés par le S. Pontife Clément XIV, el par l'écrivain du Musée Pic-Clémentin , tom. IV cl \ , au commencement.

(a) Nous n'avons pu trouver dans les description* le* plus exactes de la Villa Adricnuc , aucune trace d'un temple aux Dioscures qui y fût élevé. Nous trouvons, dana la description de* Ville* et mouumen* de Tivoli de m. sa. Cabrai et del Re , aux pages i45 et 147, parmi les rui- * 11c* de la Villa Adiicnne , un ntaguiûquc temple de Ju-

piter, dan* lequel pouvait conveuir un candélabre avec ccs images. Deux autre* temples sont encore indiqué» par

II , paraîtrait que ce fût contenait toute PbUtoire des deux jumeaux, divisée sur plusieurs plans. Nous examinerons ici avec soin le peu qui nous est conservé , et nous serons heureux si notre fragment peut répandre quelque lumière nouvelle dans la mythologie.

Quoique le sujet de cette sculpture se fasse comprendre au premier coup-d'oeil , on nous saura gré sans doute , de ce que nous remarquerons toutes les particularités caractéristiques qui donnent de la certitude au sujet. Les deux ligures des jeunes geus sont parfaitement conformes entre elles, et les Dioscures sont toujours peints ainsi par les poêles (t). Leur chlamydc est nouée sur les épau-

Pyrrhus Ligorius dans son Plan de la Villa Adrienne, ou daus la Paiestra, lett.C, n. n j l’autre dans l' Hippodrome , lett. À , n. lat dan» le beau plan de la même ville qui a été’ publiée postérieurement par mous. Francesco Piranesi , on trouve aussi dans le Stade un temple marqué n. 6. Tous, ou quelques-uns, pouvaient être dédiés à ces Dioscures à qui était confiée la garde des lieux destinés aux exercices qui leur étaient propres. Piudare, dans l'ode X de» Némées, do une à Castor et Pollux , con. jointeinent à Mercure et à Hercule, le nom de Présidens des jeux. Les mêmes Dieux pouvaient être placés dans le Iftirarium de cet empereur , qui est indiqué dans le F estibule n. y , sur le plan déjà cité de Piranesi. J.e n. 54, 5 Hospices du même plan nous montre un temple avec deux niches, ce qui fait croire qu’il était consacré à deux Divinités qui probablement pouvaient être les deux Castors.

(i) On remarque qu’en général les figures des Dioscurcs sont toujours semblables. Elien les dépeint de même

les , et ceci , scion Winckclmann , est ce qui les caractérise (i). L*un et l’autre conduit son cheval, et empoigne sa lance ; telle est leur attitude ordinaire. Enfin tous deux ont sur la télé le bonnet ( pilous J, et cela sufiit pour déterminer ce qu’ils sont (a). La petitesse des figures , et en outre les dégâts arrivés au marbre , empêchent de voir la division de leurs cheveux sur le front , connue on l’observe partout (3). Cependant l’artiste a voulu reudre ce sujet encore plus clair en plaçant entre eux deux un Cigne qui découvre leur origine.

Parmi tous les monumeus qui sc rapportent aux Dioscures, que nous avons observés, nous n’avons pu réussir à en découvrir un autre qui , comme

dans ses fragmens au mot Dioscuri , page 1018. Stabant ciùun Cas loris , et Pollttcis gemina simulant a , juvrnes sci • licet ingemis staturae , ambo geais imberbes , similes faciem clamidem ^estantes. Martial, décrivant la ressemblance qu'avaient ces deux jumeaux , les compare :

Q.idie nota tant similes genuit tibi Leda ministros ? Quae capta est cjrcno nupta Lacaena alto ?

Dot faciem Potlux Utero , dat Castor Asillo :

Atque in utroque nitet Tindaris ore soror.

Liv. IX , CV1 , page 3 rfi.

(1) Winckelmann , Monum. ont. ined. , tome 11, p* 75 , où il observe que Suidas leur doune pour caiactèie di»tiuctif uuc clilamydc qui pcod de dessus leurs épaules; clam idc induit ex humeris dependente.

(3) Lucien , Dial. Deurum. XXVI , décrit asset brièvement les attributs des Dioscures : Ovi dimidiurn segmen tum , dyne aibiita saper ne Stella , jaculum in manu , et cquus utrique albus.

(3) Winckeluiaun, llist. de FArtt tome I, page 2*.

celui-ci » développe leur aisance. M. Herman Cabot, peintre danois, a dessiné il y a peu de temps d’après un ancien tombeau , près du pont Milvius, quelques stucs très-élégans , qui en ornent la voûte et les murs. On y voit représentés les Dioscures semblables aux nôtres , avec les chevaux , la chlamvtle , la lance , et sur uu des côtes était aussi un cignc (i).

On trouve une certaine ressemblance avec notre marbre dans uti ancien bas-relief qui est publié par le P. Biagi parmi les monumens grecs et latins du Musée Nani; les Dioscures y sont autour d’un autel ; et le commentateur v découvre l’eeuf entre deux serpens , qui se rapportent a leur naissance miraculeuse .(a).

Los anciens imaginèrent dans leurs fables que Léda épouse de Tyndare fut mère de quatre eufans -, qu’elle mit au monde dans deux grands œufs. Deux de ces enfans étaient (ils de Jupiter , ce furent Pollux et Hélène , qui par celle raison étaient immortels j les deux autres Castor et Clitemuestre, qui

(i) Cabot , Stucs sculptés existons sur un tombeau antique r etc. Rome 179J , fol. trav. , pl. Il, page 3 ; pl. XX, page 6.

(a) Biagi , Monutn. Graeca et Latina ex Mus. Jac. Sanii , page -3. On doit plus vraisemblablement rapporter à la Saute, ou li Isis , les serpens avec le disque qui est dans le bas-relief Naai , puisqu'on les voit très-souvent représentés sur la tète de ces Déesses. V. RafTei , Observations sur quelques monumens antiques de la Villa Alboni , page 4°.

Musée Chiar. YoL I. 1 1

étaient dans la classe des mortels , descendaient de Tvndare (i). Ceux-ci, quoique d’origine différente , furent cependant appelés Dioscures , nom qui les faisait croire aussi (ils de Jupiter (a); ce fut ainsi que les nomma Glaucus, quand dans la Colchide ils se présentèrent aux Argonautes. I<es poètes les appelèrent aussi Tyndarides , à cause de Tyndare dont ils paraissaient être les fils (5). Les deux frères furent aussi désignés par nn nom seul , savoir les Castors , par une habitude vulgaire que suivirent les poètes , et qu’on a retenue dans les marbres antiques (4).

(t) Nous avons suivi ici l'opinion la plus universelle , car si nous avions voulu consulter tous les auteurs ancien» qui en ont parlé , nous nous serions embarrassés dans une incertitude de questions inexplicables. Cicéron assigne trois differentes origines aux Dioscures^-il les distingue tantôt en trois , tantôt en deux , eu lenr donnant des Acres différente». V. Itv. III, ch. si, p. 3.(i , de Satura Deo- ■runt , édit, de Davilius.

(a) Homère dans l'hymne & Castor et Pollux invite dès le premier vers les Muses à chanter les (ils de Jupiter, sans distinguer la condition de deux frères:

O Mutes aux sourcils noirs , chantés les Dioscures, les Tyndarides de Léda.

Théocritc dans l'Idille XXII sur le même sujet les appelle tous deux fils de Jupiter, v. i36. Théodore!, 1. VIII, G rue air. Abjection. Tindaridas Deos vocarunt Graeci , et Di os euro s nominarunt.

(3) Homère dans l’hymne citée :

Ouwte , 6 douce Muse, Castor et Pollux les Tindarides , enfant de Jupiter Olympien.

(4) On uc manque pas d'exemples dans les écrivains

Lucien compare leur bonnét à la moitié d’un oeuf (i). On trouvera dans la note ce que l’on peut penser de l’opinion bizarre de cet écrivain grec (a). Il faut seulement remarquer que dans ce passage, où Lucien en parle , il est question d’une flamme qui brillait, dit-il, au dessus du bonnet des deux jumeaux, à la place de l’étoile qu'on y voit ordinairement (5).

latins j où on les appelle Castors, et quelques-uns de leurs tcmplevavaient le nom de temple Castttris ou Castorum : vojcz Nardini, page 585 et aol. Grutcr donne à la p. xr.ix , i, les bases sur lesquelles étaient élevées les statues des Dioscures, et sur lesquelles on lisait que M. Elius Rusticus CASTOHES • D'D (c’est-à-dire dedicaeit): Rcincsius en rapporte d’autres daus la classe I au n.CLl, aussi Mu* ratori, AW. Thés. vet. Inscr. , p. cccxxfil j -j.

(i). Lucien déjà cite p. 8o, n. (a), donne la forme d’un œuf aux pilei ou bonnets des Dioscurej, mais il semble qu’ici au lieu de s'exprimer série use meut , ce ne soit qu’un badinage de sa part, comme l'observe le P. Biagi dans les observations citées p. 8i, n. (a), et il s’appuye d'excellentes raisons. Spanhémius dans scs commentaires sur Callimaque , v. a.{ ‘le l'hymne à Pallas, tome II, p. 555., remarque que le pileus est le bonnet Lacédémonien, comme on le voit de même sur la tête de Vutcain ; et il produit à ce sujet une médaille des Lace'démoniens portant la tète de Vulcain avec le pileus et une de Loires avec les images des Castors coiffés de même , et il en démontre la parfaite ressemblance. Le pileus en usage à Lacédémone leur appartenait , parce qu’on les croyait nés dans cette ville, ce qui les fil appeler Lacedemonii Gemini Fratres. Scxtus Pompée nous dit, page clxv , i3: Pilea Castor i et Polluci dederunt antiqui , quia Lacedemonet fuerunt.

(•j) Voyez ci-dessus page 8o , n. (a).

(5) Comme ou voit communément sur les médailles grec-

Pour parler à présent «les chevaux qui sont près de ces dcini-Dicux, il parait que l'usage de se livrer à l'exercice de l’équitation, fut particulier il Castor, quoique cet usage fut aussi ordinaire à tous "les héros. Homère , Theocrite et tous les antres poètes ont attribué à Pollux l'habileté dans les combats gymniques (i).

que* et latines les images des Dioscuret avec une étoile sur 1a tête, nous n'avons trouve* aneuu monument qui les représente avec une Oainme , si non la seule pierre qu'a publiée MaflVi , ensuite Montfaucon , Ant. Ex pii, , tome I, partie II, pl. CXCIY, i, et ou ne peut encore en justifier l’antiquité. Les Dioscurcs sont représentés bitarreraent comme des astres dam les stucs de Chabot , puisqu'on y voit un génie, avec un llambcau , volant sur la tête de chacun d'eux. V. Chabot, pl. 11.

(i) Homère dans l’hymne aux Dioscurcs , v. 3, dit Castor dompteur des chevaux.

Et plus clairement dans l'Odissée , liv. XI , v. 298 :

Castor dompteur des chevaux, Pollux habile au pugilat .

Theocrite, Idillc XXVII, p. tôa, s’exprime ainsi:

Louons le fils de Lèda et de Jupiter , Castor , et Pollux le fier combattant pugillateur.

et page 1 38 :

Toi , Castor , je te chanterait fils de Tjmdare, adroit à conduire les chevaux , et très-habile à manier la lance . Horace dans le liv. II, sat. I, v. 26;

Castor gaudet equis ; ovo prognatus codent

Puants*

et encore, liv. I, ode XII, v, »5 :

Dicam et Alcidcn, puerosque Ledae Hune equis , ilium superare pugnis Kobilem.

On voit cependant » dans la frise du Parthénon, ouvrage du célèbre Phidias , les deux frères occupes à conduire chacun un cheval ailé (i), et d’après cela il n’est pas surprenant que quelque observateur éclairé ait reconnu dans les deux colosses du Quirinal , les deux frères Spartiates, au beu d’une double figure d’Alexandre quoiqu'on ne leur voye aucun des signes ordinaires qui les caractérisent (a).

Les images des Dioscures gravées sur les médailles consulaires (3) ressemblent davantage aux nôtres ; et les deux colosses du Capitole , qui conduisent sans effort leurs chevaux , ont les mêmes caractères particuliers. Ces groupes , quoiqu’endommagés par le temps , et très-mal restaurés , doivent être cependant des copies d’originaux célèbres. Et comme ceux d’Egésie étaient de métal , les nôtres pouraicut bien en être des copies. Pour établir d’une fa^'on certaine la singularité de ces colosses , ainsi que leur mérite , nous publierons une grande médaille que possède mouseig. Onorato Caetani , mal décrite par Vaillant , et qui représente un de ccs

(i) Stuart, Ancitj. of Athens , vol. Il , eh. I, pi. IV. (a) L’écrivain <lu Musée Pie-Clém. , tome I, page 75 , fut le premier à reconnaître les Dioscures dans les colosses du mont Quirinal , et mit beaucoup de soin à en rechercher l’auteur. Le chev. Canova fit imprimer en i8oa un opuscule adressé k un amateur de l’art, conteoant quelques conjectures d jns lesquelles il proposait une nouvelle disposition pour placer ccs chevaux, de manière que ccs groupes fussent' vus plus avantageusement.

p) Morel). , Thés. Fam . Rom. Memmia , n. IV.

Dioscures dans une attitude parfaitement semblable à celle du Capitole (t).

Quant h l’image du ciguë , très- apparente , au milieu des deux Dioscures , nous pensons que c’est celle du père des Dieux que nous offre ce monument. Les arbres et le lieu champêtre peuvent iudiquer les bords de l’Ëurotas, sur lesquels Lcda fut surprise par Jupiter (a). On pourra encore remarquer , en supposant que ce ne soit pas même un hazard dans celte composition , que la figure il la droite du spectateur se retourne vers le ciguë, tandis que l’autre est parfaitement en face , et la première pourrait-être prise pour Pollux , qui fixo scs yeux sur son père caché sous la forme du ciguë.

Si de tout ce que nous venons de dire on a

(i) Le Vaillant, \uip. fmpp. Rom, proestant t. III, page ijG, TH. POT. VIII. COS. II. Figura seminuda rtans , dextera equum capistro tenet , sinistra baculum. Nous donnerons dans la plauche du supplément le destin de celte médaille.

(a) Tzezcs sur I.ycopliron , v. 81 , explique très-au-long celte Table , et dit que Lcda fut surprise par. Jupiter changé en cigne , dans un lieu champêtre sur les bords de l’Eurotas. ilygin, Fait. LXXYll, décrit également cet événement ayant lieu sur la rive de l’Eurotas. Homère dit que les Dioscures reçurent le jour de Le'da sur le mont Taigcte , qui depuis l’Arcadie s'étend sur toute la contrée de Lacédémone: on verra daus la première h^inne aux. mêmes, v. 3 :

La vénérable LéJa les mit an monde sur la cime du Taïghte.

tiré la preuve que notre fragment n’est pas une chose ordinaire , nous devons faire une autre observation qui ajoutera à sa singularité. Une ligne qui entoure ce bas-relief , eu formant un cordon, qui le divise , nous laisse apercevoir un fragment do. chasse , que Ton peut , en l'examinant, reconnaître pour celle d'un sanglier , k en juger par les pieds fourchus , et par La légèreté ainsi que par le mouvement des jambes.

Hygin nous a dit que les Dioscures avaient figuré dans la fameuse chasse du sanglier de Calydonie ( i ) : mais il nous manquait des monuraens qui le démontrassent. On en voit des traces certaines sur celui-ci (a). Natalis Conli dans son poème sur la chasse ajoute encore que les Dioscures inventèrent les flèches pour les lancer contre les ani-

(i) Hygin, Fab. CLXXII! , p. Nous voyons dans Ovide de quelle manière ce sanglier de Calidonie évita les coups des Castors r liv. VIII , :

Et gemini nondum coelestia sidéra f rat res ,

Ambo conspicui nive candidioribus alba y ’ectabantur equis ; ambo vibrata per auras Uastarum tremuio qnatiebant spicula motu. Vaincra fecissent ; nisi setiger inter opacas Nec jaculis isset , nec equo loca per via silvas.

(a) Si l'on veut indiquer un antre monumeut qui nous représente les Dioscures sous la forme de chasseurs, nous proposerons le bas-relief publié par Winckelmann dans les Monum. inéd. , n. io», où l’on voit ITyppolite se disposant à aller à la chasse ; les figures avec un cheval , qui sont sculptées ù l'extrémité d’un côté du bas-relief , ont tout le caractère des Dioscures.

maux féroce* , et qu’ils furent les premiers & ins** truirc les chiens à la chasse (1).

On connaît l’amour qui existait entre ces deux jumeaux ; on sait qu'ils habitaient alternativement dans le ciel et les enfers (a), et comment ils acquirent le rang des Dieux , et comment ils furent placés parmi les astres sous le signe dit des Gémeaux: (3). Ce que prouvent tant de monumens.

(i) Nalali* Cooti, de Vénal., liv. II, page ioqi :

Quid référant Letiae puer os : hic repperit arcus ,

Et sur su dt uni tare feras invertit ei/uvrum :

Hle canes primas docuit vestigia coûte ,

Alcjtte feris homines crudo -dccemere caestu.

(a) Pour achever ce qui a été dit ci-dessus , p. 8?, n.(i), nous dirons que Castor fut tue par I.incée à cause de l’cnlcvcmcnl des filles de Lcucippe. Pollux, que Jupiter son père défendit, ue mourut pas, mais ce fut en vain qu'il voulut procurer l'immortalité b sou frère ; alors ils habitèrent alternativement dans le ciel et les enfers. Minutius Félix dit par ce motif, Octav. , page aoi , Cas tore s al ternis moriuntur , ut vivant. Homère avait déjà chante , liv. XI de rOdi»éc, v. 3oo :

Tantôt ils vivent pétulant un jour , tantôt ils meurent pendant un autre , et ils obtinrent des honneurs égaux à ceux des Dieux.

C’est à quoi Virgile fait allusion, livre VI de l'Énc'ide ,

Sic fratrem Pollux alterna morte redemit Ittjue , rediujue viatn loties.

Leurs astres ue paraissant pas en même temps, cela fit imaginer ce séjour céleste alternatif.

(5) Horace dit que le» Dioscures devinrent dej Dieux

c’est l’cxteosioD qu’eut leur culte , puisque beaucoup de médailles grecques et égyptiennes nous les

pour les récompenser de leurs belles actions, livre II, epit. 1 , r. $ : ,

Romitlus et Liber pater , et cum Castore Pollua. : Post ingentia facta , Deorum in templa recepti Dum terras , kominumque colunt genus , aspera bella Componunt , agros assignant , oppida conduntf Ploravere , etc.

Quoiqu'il existe quelque variété dans les opinions parmi les anciens auteurs , celle qui parait être plus généralement adoptée , c’est que les Dioscures étant change'* en astres, furent le signe céleste appelé les Gémeaux.

Jlinc dura Gemini signa Tjmdaridae micant.

Sénèque, Iferc . fur., Àct. I, v*. 14.

Hygin nous donne fort au loug un récit sur ce passage de Castor et Pollui dius le signa» des Gémeaux. \.Poet. Astron. XXII. Eratosthènes Cyrénéen, Cataster. 10, donne une description exacte des étoiles qui paraissent dans ce signe du Zodiaque. V. Opusc. Aijrt. Phis.T. Gale, p. loti.

Le cigne , sous la forme duquel Jupiter se métamorphosa, fut aussi placé parmi les astres : Eratosthènes dans l'ouvrage cité, p. tao , le dit également. Il en est question plusieurs fois dans Manilius , par ex. liv. I, p. 11, v. iqî Proxima sors Cycni , quem caelo Jupfn'ter ipse Im posuit Jormae pretium, qua coepit amantem. et dans un autre endroit, liv. V, page 1*10, V. 24 ; lpse Deum Cycnus tondit , vocemque sub illo Aon toi us volucer , secumqttc immurmurat intus.

Scaliger imagina d'après ce vers que le cigne, comme constellation céleste, avait une tête humaine, et que c’était le portrait de Jupiter. J/Atlas Farnésien dément cette conjecture, puisqu'on y voit le cigne volant saus aucun changement dans sa forme , et ou peut lui appliquer l’autre vers de Manilius lui-merue, liv. V, page 120, v. 9: Plumeus in caelum nitidis Olor (volât alis.

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représentent (i); et qu'on les voit sur beaucoup

Le célèbre commentateur pouvait penser qne pour distinguer ce cigne, qui cachait une divinité, des oiseaux de cctlc espèce, il suffisait de ce doux chant que lui attribue ]e poète, salis qu’il fût besoin d'rn faire un monstre. Quand même le cîgne de notre fragment n’eût pas été sculpté entre des piaules , uous eussions toujours cru qu’il se rapportait à cette constellation.

(i) On possède beaucoup de médailles grecques sur lesquelle» se trouvent les Dioscures on leurs attributs. Pour eu indiquer quelques-unes , outre celle des Locrieus décrite p. 83, n. (r), sur laquelle ils sont représentés avec le pileus et une courouue de laurier, ayant au dessus une étoile; nous dirous que dans les médailles de Vaillant, on peut observer les même» têtes sur les médailles de Tripoli de Tibère , p. g , d'Adrien, p. 3n , d'Antonin, p. 4?» de Caracalla , p. irH; qcs images sont publiées par Vaillant, et se trouvent dans 1rs planches du supplément, lit.f f num. 5. On les voit également dans le même sur les médailles des Lacédémoniens in Seront , p. 17. On les reconnaît dans deux tètes de jeunes gens, q»:c l'on voit souvent gravées sur les médailles d’ tslrus dans la Mé»ie : V. Etkcl, Ditclr. Sumor. , IC, page «4- Les Dioscures à cheval , courant , sont représentés sur les médailles de I«acédcraone. V. EcihcK, II, page a8o ; le type a été publié par Vaillant, I. c. , lit. d. , num. 10. Les mêmes tantôt en pied , tantôt à cheval, se trouveut sur les médailles dos Tyndaridrs dans la Sicile. V. Paruta , Sic. &um. llavercamyi , pl. CXVIII, n. 3, page 73a ; de même sur les médailles de Tyr, Eckhcl, ouvr. cité, III, Mjrt. Ou les voit aussi avec le bonnet et la lance ; Vaillant, I. c., îu Hélîogabalc , page 1 5o ; on les remarque encore dans les médailles de la Fhocéc, Ilayra , Thés. Brit . , tome II, page 318, et de AdJéc , même lien, page vS.

Très-frcquemmcnt on voit sur les médailles les pilei seuls des Castors avec des étoiles, comme sur les médail-

Je monumens en marbre , sur des pierres gravées, quoique cependant quelques-unes des plus réccutcs se rapportent aux énigmes des Cnostiqucs et à des superstitions plus modernes (i).

Ces Dieux étaient regardés comme liienfaisans , rt furent particulièrement les protecteurs de la navigatiou ; leur lumière paraissait aux navigateurs être nu signe salutaire (a), et par cette raison

Ici de» roi» de la Syrie, ce qu’on peut vérifier dan» Vaillant , Seteuc. f page a3i , et sur celles de Dioscuria dans le Pont. V. llaym, 'ITtes. Brit. , tome I, p. 2^4» sur celle» d’Argos. V. Eckhel , I. c., II, 279, 281 j et Vaillapt (n A/ipcnd. t lit. f , n. 3, et Leaucop d’autre».

Sur le» médailles égyptiennes impériales dont le cliev. Zoéga a public une collection parfaite, ou voit souvent Castor et Pollux dans diverse» attitudes, eu commençant depuis celles de Trajau cl Coutiuuant jusqu’à Faustine la jeune , et quelques types sont dessinés dans le» planche» du même ouvrage, pl. V, nam. 2 ; pi. MI, num. 20 $ p|. IX, num. 14 j pl. XI, im in. 10.

(1) Nous ne manquons pas de sculptures très-élégante» et trèsranciennes qui représentent les Dioscures sou» diverse* formes : on peut en obscivcr quelques-unes dans les pierre» gravées a>trifcrcs de Gori , n. XIII et LX\X jusqu'à LXXXVI et LXXXYIlt, et dans d’autres collections. Je ne crois pas que l’on poisse regarder comme d'une antiquité trcs-rcculéc la gravure décrite par Win» ckclmanu , Pierres gravées de Stosch t class. 11, n. i54, de même que le lapislazuli gravé du Musée Odescalclii, plan. XXX, où se voyent les Dioscures et d’autres emblèmes, comme aussi beaucoup d’autres pierres gravées avec des allégories obscures et des symboles bizarres.

(a) Castor et Pollux furent comptés par les anciens an nombre des divinités bienfaisante» et salutaires. II) gin dit

les anciens les regardaient comme des conser-

que Jupiter -à cause de leur concorde et de leur actions, Juppiter inter notissima sidéra eos constituasse existinuttur. Septunus autem pari consilio munerasse ; nam equis his qttibus utuniur donasse : et dédit potestatem nantis sa loti esse. Poe tic. , Auron. XXII.

Homère nous dit dans la seconde hymne aux Dioscures, V. 6 : •

Serrât ores pe périt filiot terrestrium hominum y elociumque navium , quando saeviunt procellae Iliemales per pontum implacabilem ; illi autem e navibus y ota facientes vocant Jovis pueros magni ,

Agnis a Ibis , fastigiis conscensis Puppis, quam ventusqne magmts et unda maris Fecerunt submersam : hi autem repente apparuerunt Fiavis alis per aethera ruentes.

Théocritc dans l’Idille XXII, v. 17.*

Sed tamen vos ex ipso etiam profundo retrahitis naves Una cum nantis , qui se morituros esse putabant ;

Statim vero venti desin uni , et mitis tranquillisas est Per mare : nebulaeque diffugere aliae alio :

Horace par la même raison dit , liv. I , Ode 5 , y. 2 : Sic fratres Ilclenae , lucida sidéra , yentorumque regat pater.

Le même , Ode XII, v. ay , parlant des enfans de Léda: . . • . Quorum sinml alba nautis Stella refulsit.

Définit sitxis agi tut us , kumor t Concidunt venti , fugiuntque nubes Et minax ( sic Dit voluere ) ponto L'nde recumbit.

On pourrait citer une infinité de passages des poètes, et des monumens anliqnes qui nous attestent qu’on les regardait comme les protecteurs des navigateurs. Mont* faucon parle de la puissance qu’ils exerçaient sur les eau^, Ant. Evpl. , tome I, partie II, page aç,8, exprimée sur nne médaille de la famille Posthumia , par leurs lances en forme de trident. Nous nous sommes empressés d'ob-

valeurs de leurs vaisseaux , et les y plaçaient

server ce* médaillé* sur les originaux , mais nous n’y l’avons pas vu cette particularité dont parle Monilaucon* et que même on ne trouve pas dans le Vaillant , Num. Ant. Fam. Rom., tab. CXVIII, Postumia , n. 5 , quoique cette médaille ait été copiée d'après sou ouvrage. On n’eut jamais dû voir cette espèce de trideut sur la médaille citée t parce que cette image avait rapport au combat des Castors en faveur des'Romains près du lac de Juturne , où l’on ne dit pas qu’ils ayent combattu avec le trident , de sorte qu'il ne faut pas faire aucun cas de l'observation de Montfaucon quelque érudit qu’il soit.

Cette même idée est encore moins appuyée par Rasclie , Bibl. Num., tome II , p. I , page 5i6, d’après les médailles de Dioscuria , sur lesquelles est empreint uq trident auquel s’attache un dauphin entre les deux bonnets des Castors , parce que le trident est l’emblème d’une ville maritime comme était Dioscuria , ou un symbole de Neptune , placé au milieu de celui des Dioscurcs ; car si on avait voulu l’indiquer comme appartenant absolument aux Castors , on eu aurait représenté deux , comme ou a fait les deux pilei. Sur la médaille des Phocéens publiée par Spauhémius dans le commentaire snr Callimaque , tome II , page 557 » on vo*1 un v**M«au sur leqne) il y a deux bonnets et les deux étoiles des Dioscures. On trouve également un vaisseau avec les deux étoiles des Castors sur une pierre gravée parmi les Astrifrères de Gori, numéro CLX.V. Uu ancien bas-relief publié k Rome par Oliva eu 17‘jo, expliqué par Silvestri et Cariophilus, nous offre nn vœu avec une épigraphe grecque , fait aux Dioscures par un certain Argenis k cause de son retour heureux d'un voyage de mer.

On sait que la lumière qui brille quelquefois pendaut l'a tempête était regardée comme la flamme des Castors , et prise comme un augure heureux quand elle paraissait double. Au contraire la flamme étant seule, on la

dans des petites chapelles: c’était un usage commun (i).

croyait l’astre d'Hélène, et cclle-li devenait un présage lu-* neste. Les navigateurs remarquent encore ce météore au* quel ils donnent le nom de Feu S. Lime , de S. Pierre, de S. Nicolas. Pline en parle dans son Jlist. nat. , liv. Il, ch. XXXV II , page 187 du tome II : il dit k propos de ces feux qui paraissent en mer pendant la tempête: geminae autem salut ares , et prosperi cursut praenunciae ; quorum advenu* fugari diram illam ac ntùuicem , appellatamque Ilelenam , feront. Et oh id Poil uct, et Castori id numen assignant. Lancisi ajoute aux dissertations d'OIiva dout nous avons parlé une lettre qu'il a écrite ;= Dénatura et praesagio Dioscurorumin tempestate OftfHirentium.

(i) U* Castors étaient , par les motifs que nous venons d’exposer , souvent placés comme gardiens tutélaire* du vaisseau, comme nous voyons que cela arriva à celui qui conduisit l’apotre S. Paul , dont il est question dans les Actes des Apôtres , ch. dernier, v. 1 1 : ï= Post menses autem très navigavimus in navi Alessandrina , <ptac in instda kj-emaverat , cui eral insigne Castorum. M. Zoëga retrouve, dans les médailles des Cyrénccns , les pilei Castorum placés dans deux petites chapelles , précisément comme ils avaient coutume de mettre les images des divinités protectrices de leurs vaisseaux ; d’autres avaient cru qu’elles représentaient les fameux jardins d’Alcinoii». Les simulacres des Dioscurcs étaient dans le port de Samothracc comme présidant à la navigation ;• on les distinguait par le nom de Magni DU : Se mus al firme que c’e'tait l’opinion du plus grand nombre = V drro et alii complûtes M, ig nos Deos affirmant simulacra iluo virilia Castoris et Pollucis , in Samotracia unie portant sita , qui b us naufragio liberati vota solvehant. Servi us , ad Aen livre III, v. ta, page Pausanias confirme que les Castor» étaient appelé» aiusî, liv. I, ch. XXXI, p. 77. Aptul Cep/utlenses , Cas tores praecipua quadam coluntur religions : Magni enim Du ah his appel ! an t tir.

On établit , tant dans la Grèce qu’à Rome , des fêtes en l’honneur de ces Dieux ; on célébra même des cérémonies solennelles jusque sur le Tusculum (i). A Lacédémone, où ils naquirent, on institua des fêtes appelées Dioscuries (a). Un temple magnifique qu’on y avait élevé à leur honneur s’appelait Anacaeum , parce qu’on les nommait aussi Anaces , c’est-à-dire viri principes et ma gni (3). Ils eurent également, à cause de leur puis-

(l) Sur une médaille d'or de la famille Sulpitia rapportée ^iar Morelli , Thés. Awn. , fam. rom. SVLPICIA, pl. I, uum. V , qui a d’un côté les images des Dioscures avec le bonnet, une couronne de laurier et l’étoile sur la tétc , on voit an revers la ville de Tusculum environnée de murs, avec la légende TYSCVL. sur la porte même. Cicéron fait mention de ce temple de Castor et Pollux qui existait sur le Tusculum , liv. I, de Nat. Deor. , c. 4-% page toi , édit de Davisiil*. Mais Sextus Poiupeus Fcslus en parle encore plus au mot Slropput , page CCXI , Item apud Faliscos diem Je sium esse , qui vocatur siruppearia f quia corwuni ambulant, et a Tuscuianis quod in pulvinari iniftonatur Castori Struppum vocari.

(s) Ces fêles appelées DioscurUi , selon le scoliaste de Pindare étaient célébrées chez les Cj réncens et aussi cher, les Lacédémoniens il ce que dit Pausanias. V. Meurs. Gniec. Fer. Gron. Thés. Antiq. Grâce. t tome VII, page rO'i.

(5) Ce temple antique d'Athènes , célèbre , dédié aux Dioscurcs , et qu'on appelait Anaccon t était orué de pcinturcs de Polignote et de Micon , selon ce que dit Pausanias , Atlîcor , liv. I, cbap. XVIII. Cast arum exin templum per ont it/ uum , in ijuo ipsi j menés aquis insidentes speetantur. IJic eorum res g est as Poljgnotus pinxit , et Leucippi fiiiarum nuptias: Micon vero eos , qui Colchos cuir Jasoni navigarunt , omnium autan accuratissime Aaistum r e jusque equos fecit.

sance et des qualités qui leur étaient propres, la dénomination de Dieux Magni(t) de Dieux Averrunci (a).

Après leur miraculeuse apparition sur le lac de Juturne, ou établit à Rome des honneurs particuliers pour eux ; on retrouve la mémoire de ce fait sur les monnoies de la famille Poslhutma (3). Leurs images équestres , comme aussi quelquefois seulement leurs tètes , sont représentées souvent sur les médailles consulaires d’argent (4) , outre celles des

(i) A la fin de la note (a), page 91, noos avons déjà prouve* par le témoignage des auteurs auciens , qu’on entendait sous le nom de Maçnii DU les Castors : noua allons y ajouter une incriptions ancienne qui donne une preuve plus forte :

CASTOR! • ET POLLVCt ♦ DUS • MAGXIS SVLPITIA • Q • SVLP1TII F * VOTVM OB • FtLIAIi • SVLVTl • RESTITYTAM.

Coûter. , tom. I, pag. XCVIll, nuni. 9.

(•1) Les érudits appliquent aussi aux Dioscurrs cette épithète de Averrunci , qui selon Varron , liv. VI, 34 p page 81 f ne signifie autre chose , si non, qui éloigne, qui écarte les maux. Voyez Hufmaun , Lex. Uni*. , tom. lf page 4o3 , et communément tous les mythologues.

(5) On peut voir dans Morclli , Thés. Aum. , fam. rom. POSTVMIA , n. 3, page 35y , les Dioscures qui donnent à boire à leurs chevaux après avoir combattu en faveur des Romains.

(4) Il serait trop long d'indiquer toutes les médailles consulaires en argent qui en portent les images ; on dira seulement que dans celles de la famille Cordia et Fontcja on voit leurs tètes ayant un astre au dessus. Sur la plupart des quittant e sestertii incertains ils sont représentes à clic-

familles Memmia et Posthumia , dont nous avons déjà parle. Rome contenait beaucoup de temples qui leur étaient dédiés; Tullius et Dion(i) nous rappellent celui du forum Romanum ; Vitruve en cite un du cirque Flaminius (2). P. Victor en indique un autre dans la région XI (3). Les Romains avaient coutume de jurer par leurs temples , tant était grand le respect et la crainte qu'ils avaient pour ces Dieux (4)- Mais notre candélabre n’ap-

val et courant, et de même sur des deniers de beaucoup de familles, comme Aelia , Antis tia , Ai ilia , Cal pur nia , Confia , Cupicnnia , etc. Ils sont nus tenant la lance horizontalement et avec l'cpcc, sur les médailles de la fa* mille Sulpitia , etc.

(s) Ciccron , de nat. Deor. , liv- III ^ ch. 5,page5oa. Davis/. Nonne ab A. Postumio ardent Castor: et Polluci in foro dedicatam? Dion, parlant de la nouvelle cnlrc'e que Caligala fit faire au palais inipe'rial , nous dit plus clairement, liv. IX, p. 66a, sign. rnarg., Praeterea divisa in duas partes aede Cas t cris et Pollucis , que erat in foro Romano , ingressum in palatium per hoc templum , et media Gentinorum simulacra paravit , duos vclle se janilores sibi esse Jovis et Ledae Jilios.

(a) Vitruv. , liv. IV, 7, page 76. Item generibus aliis

constituuntur aedes uti est Castor is in circo Fla-

minio , inter duos lucos.

(3) V. liardioi , page 364 e* 585.

(4) Anlugelle s'étend fort longuement sur ces jurernens dans le liv. XI , ch. VI, page 73, où il dit que les hommes ne juraient point par Castor , comme les femmes ue juraient pas par Hercule. Il ajoute, qu'autant est sensible le motif qui dispensait les femmes de jurer par Hercule, autaut est obscur celui pour lequel les hommes s’abstenaient de jurer au nom des premiers. Les femmes furent exclues par Hercule des sacrifices qu’ou lui offrait ; ce fut par

Musée Chiar. YoL il i3

partieut à aucun des temples de Rome; il nous montre pourtant qu’Adricn voulut le placer dans sa Ville Tiburtiuc comme un témoignage de son respect pour ces deux divinités.

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