PLANCHE X
Buste d’un Dioscure *.
Un travail d’un style pur , et la belle conservation de ce buste , en font tout le prix , car il ne cède la supériorité , parmi tous les monumens qui appartiennent aux Dioscurcs , qu’aux colosses du Quirinal. Que l’on n’imagine pas que ce soit une liberté prise de caprice si nous attribuons à ces divinités une image sans symboles , et sans leurs signes distinctifs ordinaires. Nous pouvons appuyer notre opiniou sur beaucoup d’exemples pris dans les monumens autiques. Déjà, dans le discours précédent , nous avons fait voir que les Gémeaux , un des signes du Zodiaque , ne sont autre chose que les Dioscurcs; et ce signe est représenté sur
cette raison qu’elles ne juraient pas en son nom 2 JV ustjiiiint igitur scriptum im’Cnire est apud idoneos tjuidern serîptores , Melierclc , feminarn dicere ; oui Meca»tor virum. Acdcpol autem quod jitsjurandum per Pollucem est t et viro et feminac comunt est. Le meme Gellius assure que l'opinion de Varron était que ces scrmen» par Castor et l'ollux s'étaient introduits à hume par les femmes initiées aux. mystères d'Eleusis , et que cet usage avait passe d'elles aux hommes.
* Celle ictc est en marbre grec. Sa proportiou est d’une statue de huit palmes. Elle a quelques restaurations dans les cheveux ; le buste est moderne.
beaucoup de moulinions d'une façon très-semblable à ce buste. Le fameux Atlas Farnèse nous les offre sous la figure de deux jeunes gens ayant des cheveux bouclés et le front ceint d'un bandeau (i).
11 est connu que les Dieux Lares , ou les Pénates de Rome , selon l'opinion qu’adoptèrent les érudits , étaient les mêmes que les Dioscures. Ou voit ces Pénates assez ressemblât]» à notre buste sur les médailles de la famille Amia. Ils sont figures par deux têtes de jeunes gens, se ressemblant parfaitement , dont les cheveux tombent en boucles sur leur cou , et portant aussi un bandeau , sur lequel est l’étoile qui iudique le rang qu'ils ont parmi les astres (a).
Notre buste nous offre l'image d’un jeune homme, dont les traits ont une beauté idéale ; scs cheveux séparés sont divisés en petites masses , et il a une majesté imposante qui annonce un Dieu. La division des cheveux sur le front peut justement lui donner le caractère d’un fils de Jupiter (3) , et le
(i) Gorius, Gemmae astriferae , tome I ; Allas Far * nesianus , tab. IV , num. a.
(a) Voye* cetie médaille dans Morelli , Thés. Nam. , Font. Rom. ANTI A , n. a , où le» images des Dieux rénales ressemblent au buslc.
(3) Ou voit la chevelure divisée dans la tête antique du colosse Capitolin , comme Ta observé AVinckclmann , Uist. de Cari , tome I , page aâo , en disant ; que celte disposition de cheyeux de Jupiter a été regardée comme un attribut qui lui est propre , et /tar son moyen on a indiqué fuirtout la ressemblance de ses fils avec lui t comme on le voit clairement dans les têtes de Castor et Vol-
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bandeau lui convient , comme à un vainqueur des jeux athlétiques, ou des courses de chevaux (i).
Comme en suivant les traces de Winckclniann, nous ne craindrons pas qu’on nous reproche d’être des observateurs trop minutieux , nous avons examine les oreilles de ce buste pour voir si elles étaient applatics et déchirées $ mais nous n’y avons pas aperçu la difformité que le ceste y aurait occasionné , comme on la voit dans le bas-relief Al- Lani , que le savant érudit, cité ici, a publié, et qu’il attribue li Pollux(a). De sorte que n’ayant eu aucun signe qui l'indique pour un Pancraliaste , il semble que cette image de notre buste peut en toute sûreté s’appliquer k Castor , auquel la chevelure ainsi partagée elle bandeau conviennent également.
Malgré que des deux Dioscurcs Pollux fut celui que l’on regarda comme le fils de Jupiter, ainsi que l’indique la fable , il parait cepeudant que l’on rendit k Rome un culte plus grand à Castor. C'était
lux ( principalement dans celle t/ui est antique , r autre étant moderne ) de leurs statues colossales au Capitole . On remarque cette manière de disposer les cheveux dans les tète» d’Alexandre le Grand qui sc vantait d’être fils de Jupiter. Yoye» 1. c. , page 37^.
(1) On voit ordinairement les athlètes avec la tête ceinte de ces teniae ou connûmes tortillées faites de laine , ou de fils de lin, tu forme de cordon. Pascal, parle de ces couronnes, de Cor unis , liv. IV, ch. VIII. Ce sujet a été traite plusieurs fois dans le Musc'e Pie-Cle'inentin , t. II, pl. IX, et au tome VI, pl. XIII dans les notes.
(u) Winckelmanu ; Mon. ant.incd., tome I, num. 6a.
à lui qu'on avait consacre le temple dans le cirque Flarainius, lequel, selon Juvénal, servait pour conserver l'argent des riches (i); l’autre temple au Velabrum était également consacré à Castor (a). Ce buste élégant et plein de mérite , a dû èue placé dans quelqu'un des temples de ces Dieux ou dans quelque lararium particulier.