LUI
son des bons dîners qui se faisaient en son honneur, fut appelé Dapalis, ils crurent alors qu’il fut dit Cacunut , c’est-à-dire stercutius, pour les besoins que causent aux gourmands le superflu et le manger indigeste. Beaucoup d’autres rirent de cette explication. Mais ils ne furent pas plus heureux que les premiers, tout en croyant trancher le nœud, en ponctuant l’épigraphe IOVI • S ‘C ■ ACViVVS, ce qui veut dire IOVI • Sacrum • C aius ACVNVS. Ils ne surent pas nous dire cependant qui fut ce Cajus Acunus ; lorsqu’en réfléchissant que les temples les plus antiques dédiés à Jupiter furent sur les plus hautes montagnes , dont la cime en latin s’appelle cacumen, il était très- facile de s’apercevoir de la grande analogie qu’il y a entre cacumen et cacunus ; et comme cacumen resonne de même qu’a*pic , axpio( en grec, parce que le ZETC AKPAIOC qui signifie Jupiter Cacumineus est très-connu , ils auraient ainsi compris que ce pouvait être aussi le Jovis Cacunus ; comme il y a le Jovis Casius , Candianus, Caelimontanus j Ladicus , Poeninus , Vimineus , surnoms qui ont rapport à la croupe des montagnes où
LtV
Jupiter était adoré. Cette explication n’aurait pas même été hazardéc, puisque le chevalier Biondi en a démontré , il n’y a pas longtemps, l’évidence absolue, en expliquant un fragment de pierre travertine trouvée sur le Cacumen de la Moretta , qui est la croupe , du côté du Septentrion, de la très-haute montagne dite Pietra Demone dans la Sabine, où Jupiter était vénéré sous le nom de Cacunus.
Muratori publiant cet autel
A P O LLIN I L • RIIHICIVS APRONIANVS G AL • TARRAC TPI
ajoute dans la note : breviatae voces GAL • TARRAC, Gallaecum Tarracanensem vint m hune produnt , ita ut intelligas Gnllaecos populos in Hispania Tarraconensi fuisse silos. S'il avait confronté le présent marbre avec d’autres de Tarragonc, il aurait recueilli que celui-ci ne fut pas de la Galice, personne ne s'étant jamais dit Gal-
laecus Tarraconensis, pour vouloir exprimer qu’il était né dans la province citérieure de l’Espagne- Lucius Minicius était né à Tarragon ; il fut duumvir quinquennal de sa patrie, comme l’indique uncautre inscription, et il était porté dans la tribu GALeria, à laquelle appartinrent Cajus Aemilius Anlonianus , Lucius Saenius et Lucius Annius Canlaber, tous Tarragonais, ainsi que le vit là dans les marbres en i556 un voyageur Vénitien. Nous avons lu et dépouillé l’itinéraire, encore inédit , de ce voyageur, avant qu’il passât dans la bibliotèque du roi de Sardaigne. Alors on doit interpréter APPOL- LINI ■ Lucius ■ MINICIVS • APRONIANVS • ( ex tribu ) GAL eria • TARRACone • Tilulum • Pont ■ I ussit ; la tribu posée après le nom se trouvant ici , comme l’ont Titus Antistius Sabinus dans Fabrctli; Tertius Vercobius Surus dans le Musée Veronais et plusieurs autres publiés par Muratori luimfrae.
On a cependant vu tomber dans une semblable équivoque l’homme savant , qui, dans le troisième volume des Actes de la Société des Antiquaires de France , a pu-
va
blié ce titre de bronze trouvé sur le Mont Joue, ou le Grand S. Bernard:
IOVI • POEMNO . L ■ PACCIVS LF- PAL NOMANVS FVNDIS