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D’un autre genre, mais non moins digne de remarque, est l'erreur dans laquelle sont tombes les plus insignes antiquaires en transcrivant ou en expliquant une pierre que nous avons vue à Anghiera dans les jardins des Borromées. La voici copiée avec exactitude:
Cajo ■ MET1LIO Caj • FILio • POMPrina MARCELLINO
E Quili • R omano ■ EQuo • P ublico IVDIC1 • EX ■ V ( quinque ) • DECuriïx INTER • SEEECTOS ■ Il ( d„um ) • VIRO Quin Quennali • FLAMûu • DIVI • TR AI AN PATROüO . COLLEGIORVM OMN1VM • PATRONO • COLO MAE FORO ■ 1VLI • IRlENSIv* PATRONo • CAVSARum FIDELISSIao OB • INS1GNEM • C1RCA ■ S1NGV LOS • VNIVERSOSQVE ■ CIVES 1NNOCENTIAM • AC • FIDEM HOMIM • OPTIMO • CIVI • ABST1NEN T1SSIMO • COLUgwm • FAfiRu/n • DEllTONfAiiitm • PATRoNa OB ' MERITA - Locui - Da/iu * Uecrelo • D<curtonum
M. Maffei n’y lût que PATRONO CO-
LONIAE RIES1VM , et en
fut repris par Muratori, qui, le corrigeant
dans celle-ci, erra dans d’autres lignes, surtout dans l’explication, renonçant à sa première idée, pour penser au Forum Julii Carnicum , unde prodit nomen Friuli. Maffei peut-être en eut honte, et décidé comme il était , il déclara monstrum verbi, et inaudilum usque adeo populum le forum de Juliirienses. Un prompt pacificateur ne manqua pas de se trouver dans Zaccharia , qui voulant accorder deux hommes si savans, affirma ouvertement, dans les Excursus Litterarj , et dans V Instituzione lapidaria , qu’il avait lui-même vu et confronté l'autographe, et trouvé dans les paroles IVLI-.I,!- RIENSIVM une L plus longe et plus grosse que les autres, que pour cela on y devait lire EORO • IVLI • ILLIRIENSIVM , et il pensa que l’on devait là parler de Giulio Carnico qu’il dit appartenir à Vlllyrir/ue , et Cttjtis Metilius patron de cette colonie : son assurance persuada le comte Eiliasi , et le ciel sait combien d' autres encore, que nous ignorons. Mais la vérité est que dans le marbre il n’y a, et on n’y vit jamais ces lettres plus longues et plus grosses, l’on n’y parle, et l’on n’y peut parler de Giulio Carnico,
i.tiv
qui jamais ne fut dans l’Illyrie , ni qu’une ville des Illyriens se serait nommc'c Illyriensium , mais Ulyriorum , IUyricorum , Illyricianorum. Nous avons observé et lu, d’une manière très-certaine et très-précise PATRONO • COLONIAE • FORO • 1VLI • 1R1ENSIVM, et nous confirmons notre leçon par une autre épigraphe, mal luc,deMuratori et de Bertoli, mais confrontée plusieurs fois dans la pierre originale par le comte Asquini , qui dit : DECurto • COL oniae • FORO 1VL1 ■ IR1ENS1VM, c’est-à-dire de Voghera. T- Livc parlant de la Gaule soulevée Hamilcare Poeno duce, raconte que les Gaulois excilis Statiel/ibus , Iriatibusquc ( Gronovius et Dujat lisent ainsi ), et céleris Lygusticis populis Placentiam invaserunt, ou les Priâtes sont les Irienses de notre marbre, comme dans le décret d’arbitres sculpté en bronze l’an de Rome 63“ , les Genuates sont les Genuenses du siècle postérieur. La ville des Irienses fut Iria près la rivière du même nom, dont Pline parle, écrivant: hibarna, Dertona colonie , Iria ; et clic était située à-peu-près comme elle est à présent , à dix milles antiques à l’est
de Tortone, selon l’itinéraire d' Antonio. Ptolomée la cite aussi, et de même la Tabula Peutingeriana que l’on croit tracée dans le siècle de Théodose ; mais cette ville fut détruite par le fer et par le feu des Huns ; Guy prêtre de Ravenne, géographe du VIII siècle, n'en eut pas connaissance. Géorge Merula nous rapporte que ces ruines se nommèrent Tiens Iriae dans un âge plus avancé, d'où nous vint la plebs de Tiqueria d’un écrit de 91 5, et Visheria dans le Cartarium Derthonense de Costa , et Voclieria , Voghera aujourd’hui. Rous avons dit à cet égard beaucoup de choses, dans une autre occasion , mais ce ne serait pas ici leur place.
Les pierres historiques n’offrent pas un champ moins fécond aux observations que les sacrées et les honoraires. Dans la tour de la cathédrale de Venosa, il y a une inscription , sur laquelle on lit
Quintus • OTIVS ■ OVü • Films TR ibunus • PL ebis • VI AM STRAVIT
Muratori interpréta Quintus • OVIVS • OXfj Musée Chiar., Vol. L h
fentina, c’est-à-dire Ex tribu Offentina ; mais s’il eut rapproche le marbre avec d’autres de la Campanie, il sc serait aperçu qu’il devait lire O Vi* F iiius, parce que passim occurit gens O VI A dans ces lieux, et non de YOuffentina , mais Venosa fit partie de la tribu Jloratia. Au contraire Ursinus, Havcr-camps, Eckhel examinant les deniers très-connus de la famille Memmia , qui présentent, l’un, L MEMMI • GAL; l’autre, LC- ME- MIES- L • F - GAL, crurent que la sigleGAL signifiait un surnom, et interprétèrent tantôt GAL fus, sans en donner aucune preuve, tantôt GAL bius , s'appelant sur une fausse inscription qui vient de Ligorius , et qu’on lit dans Grutcr. S'ils avaient vu la belle et aulentique pierre du Muse’e du VaticaD, qui a rapport au fils de Cajus Memmius , consul l’an de Rome 720, ils sc seraient aperçu que les Memmj furent inscrits à la tribu GALcnVi ; qui dans les temps les plus anciens furent sans surnom; et qu’alors dans le premier denier on doit lire Lucius • MEM- MIVS • G A Lena ; dans le second Lucius et • Cajus • MEMmlt ■ L ucii • Filii • GAL eria, comme dans la monnoie de Cajus Marius
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il y a C ajus • MAR1VS • C aii • F ihiis ■ TROmentina • III • VIR , et dans une médaille d’Espagne, publiée par Fierez, Titus • MAN- L1VS ■ Titi ■ Filius ■ SERGIA.
M. Artaud , en publiant la très-belle mosaïque découverte à Lion, le 8 février 1806, rapporte le dessin de la pierre de Sextus Ligurius Marinus, que l'on peut lire dans Gruter. Pour en faciliter T intelligence aux personnes qui ne sont pas familières avec le style lapidaire, il y ajoute en note, la traduction qu'en fait Ménestrier. Nous eussions désiré que le docte Artaud en eut fait luimême une traduction nouvelle, en comparant les sigles de la Lyonnoise avec d'autres inscriptions historiques- Certes nous ne l'aurions pas vu interpréter , i.* que Marinus était l’/titendant de la Colonie, quand il était l’agent principal, le député, l’administrateur, le Curateur en lin de ces citoyens Romains; a.* qu’il eut pendant cinq ans les honneurs de la dignité de duumvir , quand il n'eut que les signes duumviraux, et qu’il fut seulement désigné pour occuper celte place par la suite; 3." qu’il fit représenter les jeux du cirque dans le lieu qui lui fut assigné par [ordre des
txvni
Décurions, tandis que ec lieu lui fut assigné par les Décurions non pour faire les jeux, mais pour placer le monument qui nous en a conservé la roomoire,conjointcmcntà celui de scs dons généreux. Pour expliquer d'une manière plus évidente notre idée, voilà de quelle manière nous lirions cette inscription. SEX/u.1 • LIG VIII VS • SEXïi • FILüu • GALERIA • MA Itl X VS • SV MM VS • CVRATOR • Civitim ■ R omanorum ■ PROVlNCioe • LV'G diluerais ■ Quaeslor • 1IV1RALIB ■ ( dunmviralibus ) • ORNAMENTIS • SVFFRAGm • S.\NCT/.tv»mi ORDINIS- HONORATVS • Il • YIR • (dnumvir) ■ DESIGNATVS • EX- P OST V I .atione l’OPVLI • OB • IIONO- 11E.M • PERPETVI POJiTlFfco/w ■ DAT • GVIVS • DOM DEDICATIONE • DE- CVRIONlB/« • X • V • ( denarios quinze) ■ OKD1M • EQVESTRI - Bml .
VIRIS • ( seviris ) • WOuslalibtts iNEGO- TIATOR1IW ■ VINARlS X III ■ (denarios ires ) • ET ■ OMNI B//.r • COR- POBIIW LVGr/uni LICITE • COEVN- TIBVS •• X ■ II • ( denarios • duo) ITEM • LVDOS • CIRCENSES • DEDIT • Locus ■ ( finie monurnento) Lotus • Décréta • Decurionum.
Dans la seconde édition des mémoires des Veneli premiers et seconds, Filiasi a publié une pierre historique très-érudite , découverte à S. Possidonio , situé à trois milles sur le côté de la Mirandole. Certainement le savant ne vit pas le marbre , parce que la copie qu'il en donne dans son ouvrage ne peut être plus incorrecte 5 elle est ainsi:
NIVL • ERVNT • • •
• ■ • ESAREVM ■ FACIEND • • • •
• • • N. XISTOS • AVGVS- • : • •
• • • N. S. OPERIBVS ■
■ - ■ RVEXDOS • ORND-
• • • MVNITIONEM • VI • • • • •
• • • E SILICE • STERNES ■ ■ • •
• • ■ ONIVS EN ; •
• • • ANVS • S. P. F. CELER.
• • • • BIVS • L. F
• • - • • CIVS • L. F.
Pour se convaincre tout-à-fait de l'importance qu'il faut mettre à examiner avec soin les marbres écrits , d’y revenir dessus plusieurs fois , et de les confronter avec d’autres semblables , que l'on examine la planche E. Nous l’avons observée sur un calque que l’on nous en a envoyé , et à
peine l’avons nous vue , nous avons lu couramment :
nomina
qui
coNTVLERVNT
eorum
PECVn/am
iN
caESAREVM • FAClVNrium /N • XYSTOS • AVGVS tos noVIS • OPERlBur
conaTR VEND OS • ORNAKdoi in ■ MVNITIO.NEM • Masque E • SILICE • STLRNENDai cnaeus ■ n/uOMVS • CNaei • Vil tus caius ‘JlaviWS'S *ST atii • i il Lit s ■ CELER Indus • JacBIVS - L ucii • Filius titus ■ fabriC IVS • T iti ■ Filius lucius • li\ IVS ■ Luc ii • Filius
Le supplément de la première ligne et desnoms est arbitraire, mais non celui des autres paroles, que toutes on peut comparer avec d’ autres pierres historiques , mises autrefois, comme celle-ci, ou dans les places, ou dans les lieux les plus fréquentes des villes anciennes. Que ces noms soient de prêtres, soient d’un magistrat, soient ce qu'on voudra, il est certain que l’on éleva un temple
aux Augustes et aux Césars divinisés , qu'on l’entoura d’allées ou de promenades ornées de bosquets , de platanes , et d’arbres touffus, à l’ombre desquels on pût s’asseoir et se récréer, qu’on les défendit par des murailles, et que l'on garnit de cailloux les rues qui y aboutissaient De façon qu’en peu de mots nous voyons ici réédifiéc l'antique cité Colicaria, rapportée dans l’itinéraire de l’empereur Antonin , et dont nous aurions beaucoup de choses à dire , si nous voulions l’entreprendre.
Gori a vu dans le Columbarium de Livie cette tuile que nous rapportons dans le dessin ( pl. F- i ). Muratori l’a répété, et ni l'un , ni l'autre ne dirent rien quant au maître du four , rien quant au potier. Ces hommes savans ne déchifrèrcnt pas les sigles, parce qu’ils n'ont pas fait usage de la théorie que nous avons établie. Quiconque voudra bien confronter celte tuile avec d'autres, qui sont à Rome, à Florence et à Boulogne , et publiées par ces deux mêmes auteurs, lira facilement:
EX • FIG ■ Q • A- M • O • D ■ NIN • FORTVHAT SEIW1AKO • III • ET • VAItO COS
IAT1I
c’est-à-dire: EX • TIGlinis • Quinti • Asinif- Varcctli • O pus • Do tiare • JN DûnV/iï • FOTV- IS’ATI • SERVIAJiO • 111 • ET • VARO • COn- Sulibus; et il ne verra pas sans plaisir, propagée jusques à l’an de Rome 887 dans Asiriius Marcottas la descendance de Marcus Asinius Marceltus, consul de l’an 807, qui 11e doit pas être confondu avec V Asinius Marce/lus de Tacite, quoique Brotier lui donne le nom de Qiiintus. Dans Ninnidius Fortuîuttus on trouvera le potier le plus célèbre de cet âge, puis qu’on voit son nom sur les tuiles, depuis l’an 8a5 jusqu’à l’an go3.
On a dans le Musée Borgia la brique suivante encore inédite :