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la Venus de Gnide , ouvrage divin de Praxitèle , ne verra pas avec plaisir la Venus Anadyomène d’Apelle, imitée par un célèbre ciseau grec? L’Amour, en plusieurs moriumens, présente son miroir à Vénus, tandis que les Grâces ornent sa chevelure ; mais c’est ici lui qui fait le métier de coifeuse, dans une attitude unique et des plus gracieuses. Nous avons vu Silène, à pied, modérer par le son de sa lyre les affections du Dieu qu’il a élevé: on ne connaissait pas encore à ce Dieu champêtre la qualité que lui donne Diodore de Sicile d’auteur et de maître d’excellentes études. Nous en avons ici, peutêtre, l’unique simulacre: ce n’est plus ce gros corps velu, mais un homme robuste et musculeux. Le Bacchus barbu, reconnu par une autre effigie, sur un sarcophage du Vatican , se trouve ici répété dans une trèsbelle tête qui le confirme, et toujours de plus en plus l’explique. Pour bien décrire les formidables combats des Géans avec Jupiter, Visconti cita un bas-relief de la ville Mattéi , dont on désirait un dessin exact: nos auteurs le donnent ici et en font la description avec une érudition peu or-
dinaire. Le même grand antiquaire reconnut une Victoire dans la figure de femme d’un antique bas-relief, représentée dans l’action de soulever un trophée: ici l’on démontre par de doctes observations et d’ingénieux rapprochemens que c’est une Bacchante. En parlant de Ménelas , Visconti à indiqué rapidement l’habitude d’offrir aux Dieux , dans leurs temples , les dépouilles des vaincus. Et nous apprenions en effet de Laerce que l’on croyait communément que ce héros avait consacré à Apollon le bouclier d’Eupliorbe tué: nos savans auteurs rapportent de cet usage des preuves sans nombre et très-lumineuses , tirées de l’Histoire sacrée et profane , et même de la fable.
Nous serions diffus beaucoup plus que ne le permettent les limites d’une dissertation , si nous voulions parler séparément de tous les lieux dans lesquels les monumens des deux Musées , qui en effet n’en font qu’un, s’entraident et concourent à l’envi , pour nous découvrir la vérité. Qu’il nous suffise seulement d’avoir indiqué, qu’où Visconti à réuni la théorie fondamentale de la confrontation, avec les témoignages des
poètes et des prosateurs grecs et latins, et surtout des anciens scoliastes , nos auteurs ont egalement ajoute à ce même moyen le très-fréquent usage des médailles, fidèles dépositaires de la plus profonde et de la plus sûre érudition. C’est pourquoi nous ne savons comment les louer suffisamment , et il nous en coûte assez , car nous le ferions avec plaisir, si l’intime conviction que nous avons de notre incapacité ne nous rendait prudemment réservés. Des hommes dont le norn est si connu dans l’Europe, attendent des applaudissement, non de nous, adhuc hospites in antiquitate mais bien ceux des vrais savans. Osons plutôt déclarer que le tribut respectueux que nous avons cru digne d’eux, et qui pouvait n’être pas au dessus de nos forces, fut de mettre le plus grand soin à ce que la réimpression de leurs nobles travaux présentât le meilleur hommage que notre faiblesse puisse offrir ainsi au bon et grand Pontife heureusement régnant, à qui l’on doit la réunion de ces très-rares monumens , ainsi qu’à ces deux célèbres antiquaires que sa haute sagesse, lui fit choisir pour expliquer ces
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trésors. C’est pourquoi nous avons mis la plus scrupuleuse exactitude dans la réduction des dessins, qui bien que nous ne les donnions qu’au trait, rendront, nous l’espérons , les formes des originaux , de manière à ce que chacun puisse s’en former une idée suffisante. Nous avons revu dans les originaux presque toutes les citations à l’effet de relever les erreurs qui se sont glissées dans la magnifique première édition: et quant au texte , nous nous flattons que Pou ne nous reprochera pas de graves erreurs. Et puisque les Tables de matières dans les livres d’érudition sont, pour ainsi dire, l’ame de ceux-ci , nous avons pensé devoir en créer une tout à fait nouvelle, qui sera comprise dans celle que nous préparons pour les Oeuvres d’Ennius Quirinus Visconti , dont l’édition arrive à grands pas vers sa fin.